Immuno-stimulants pour prévenir les infections respiratoires aiguës chez l'enfant

Les infections respiratoires aiguës (IRA) sont responsables de 19 % de l'ensemble des décès d'enfants de moins de cinq ans, principalement dans les pays à faibles revenus d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Dans les pays à revenus élevés, les IRA font partie des maladies les plus fréquentes et sont responsables de 20 % des consultations médicales, de 30 % des arrêts de travail et de 75 % des prescriptions d'antibiotiques. Aux États-Unis, le coût total des IRA virales non grippales représente environ 40 milliards de dollars par an, tandis que le coût correspondant de la grippe s'élève à 87,1 milliards de dollars. Les principaux signes et symptômes des IRA se caractérisent par des éternuements, un écoulement nasal, des maux de gorge, de la toux et un état de malaise. Les enfants qui vivent dans des communautés rurales et ne fréquentent pas les garderies présentent environ sept épisodes d'IRA au cours de leur première année de vie ; huit IRA par an entre un et quatre ans ; six par an entre cinq et neuf ans ; et cinq par an entre 10 et 19 ans. Les enfants exposés à des facteurs de risque, tels que la fréquentation des garderies, les endroits surpeuplés, le contact avec des frères et sœurs plus âgés, le tabagisme passif et l'absence d'allaitement, pourraient être davantage sujets aux IRA.

Plusieurs traitements sont utilisés pour réduire l'incidence des IRA (vitamine A, vitamine C, zinc, antibiotiques). Les immuno-stimulants (extraits de plantes, extraits de bactéries, composés synthétiques), qui visent à augmenter les défenses immunitaires des voies respiratoires, en font également partie. Nous avons recherché des essais cliniques comparant des immuno-stimulants à un placebo dans la prévention des IRA chez l'enfant. Cette revue inclut 35 études portant sur 4 060 participants. Néanmoins, beaucoup d'études étaient de mauvaise qualité et présentaient des résultats très variés.

En combinant les résultats, les immuno-stimulants prévenaient 1,24 IRA au cours d'une période de six mois, ce qui équivaut à une réduction de 39 % des IRA par rapport au groupe du placebo. Seules 20 études fournissaient des données adéquates concernant les événements indésirables : les plus fréquents étaient les éruptions cutanées, les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales et les diarrhées. Les principales limitations de cette revue étaient la qualité méthodologique insuffisante et la diversité des résultats des essais. Nous en concluons que les enfants sensibles aux IRA pourraient bénéficier de l'utilisation d'immuno-stimulants, mais d'autres études de haute qualité sont nécessaires. Nous suggérons que les autorités sanitaires nationales réalisent des essais contrôlés randomisés de haute qualité afin d'évaluer les véritables effets des préparations immuno-stimulantes.

Conclusions des auteurs : 

Cette revue montre que les IS réduisent l'incidence des IRA de 40 % en moyenne chez les enfants sensibles. Il n'existe aucune étude portant sur des enfants en bonne santé. Malgré un bon profil d'innocuité dans ces études, certains IS pourraient s'avérer dangereux. Les enfants sensibles aux IRA pourraient bénéficier d'un traitement IS. D'autres essais de haute qualité sont nécessaires, et nous encourageons les autorités sanitaires nationales à mener des ECR à grande échelle, multicentriques, en double aveugle et contrôlés par placebo afin de déterminer le rôle des IS dans la prévention des IRA chez l'enfant.

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Contexte : 

Les infections respiratoires aiguës (IRA) sont une cause majeure de morbidité et de mortalité infantiles. Les immuno-stimulants (IS) pourraient réduire l'incidence des IRA.

Objectifs : 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité des IS dans la prévention des IRA chez l'enfant.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons consulté le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) 2011, numéro 1, qui contient le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections respiratoires aiguës, ainsi que MEDLINE (1966 à la 4ème semaine de février 2011), EMBASE (1990 à février 2011), Google Scholar (2009 à février 2011), Scopus (2009 à février 2011), PASCAL (1990 à février 2010), SciSearch (1990 à février 2010) et IPA (1990 à février 2010).

Critères de sélection : 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés (ECR) comparatifs qui recrutaient des participants âgés de moins de 18 ans. L'intervention consistait en un traitement IS (administré par n'importe quelle méthode) par rapport à un placebo dans la prévention des IRA.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons analysé le résultat sur les IRA sous forme de nombre moyen d'IRA par groupe ainsi que de variation en pourcentage du taux d'IRA. Nous avons effectué des méta-analyses à l'aide d'un modèle à effets aléatoires et avons présenté les résultats sous forme de différences moyennes (DM) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %. Deux auteurs de revue ont évalué les résultats des recherches et le risque de biais et ont extrait les données de manière indépendante. Le graphique en entonnoir suggérait un biais de publication potentiel dans les essais identifiés.

Résultats principaux : 

Trente-cinq essais contrôlés par placebo (4 060 participants) fournissaient des données qui ont pu être incluses dans les méta-analyses. Par rapport au placebo, l'utilisation d'IS réduisait les IRA mesurées sous forme de nombre total d'IRA (DM de -1,24 ; IC à 95 %, entre -1,54 et -0,94) et de variation en pourcentage du taux d'IRA (DM de -38,84 % ; IC à 95%, entre -46,37% et -31,31%). Les essais étaient généralement de mauvaise qualité et un niveau d'hétérogénéité statistique élevé était observé. L'analyse en sous groupe des études portant sur les IS bactériens D53 et OM-85 produisait des résultats similaires, mais avec une hétérogénéité inférieure. Aucune différence n'était observée entre les groupes du placebo et des IS en termes d'événements indésirables.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.