Immunoglobuline intraveineuse pour le traitement de la maladie de Kawasaki chez les enfants

Bon nombre de preuves indiquent que le traitement par immunoglobuline intraveineuse au cours de 10 premiers jours suivant les symptôme réduit les anomalies coronariennes (lésions cardiaques) chez les enfants atteints de la maladie de Kawasaki. La maladie de Kawasaki est une maladie qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. On ne connaît pas la cause de cette maladie. Ses symptômes sont une fièvre persistante, des rougeurs au niveau des yeux et des lèvres, une langue framboisée, un érythème et un gonflement des ganglions lymphatiques. Si elle n'est pas détectée et traitée immédiatement, la maladie de Kawasaki peut entraîner des lésions cardiaques et quelquefois le décès. L'immunoglobuline intraveineuse implique l'injection d'anticorps purifiés provenant du sang d'un donneur. La revue des essais a montré que l'immunoglobuline intraveineuse prescrite au cours de 10 premiers jours de la maladie réduit le risque de dommages dans les artères coronariennes du cœur des enfants, sans effets indésirables graves.

Conclusions des auteurs: 

Les enfants répondant aux critères de diagnostic de la maladie de Kawasaki devraient être traités avec de l'IGIV (2 mg/kg en dose unique) dans les 10 jours suivant l'apparition des symptômes.

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Contexte: 

La maladie de Kawasaki est la cause la plus fréquente de maladie cardiaque acquise chez les enfants dans les pays développés. Les artères coronaires alimentant le cœur peuvent être endommagées dans la maladie de Kawasaki. Le principal avantage d'un diagnostic en temps opportun est la possibilité de traiter cette complication avec un traitement précoce. L'immunoglobuline intraveineuse (IGIV) est largement utilisée dans cette optique.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue était d'évaluer l'efficacité de l'IGIV dans le traitement et la prévention des conséquences cardiaques de la maladie de Kawasaki chez les enfants.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des recherches électroniques dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies vasculaires périphériques, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE et CINAHL ont été réalisées (dernière recherche en mars 2003). Nous avons également effectué des recherches dans les bibliographies des articles concernés et contacté les auteurs en cas de besoin. Nous avons en outre contacté des experts du domaine afin d’identifier les travaux non publiés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés sur l'immunoglobuline intraveineuse pour traiter la maladie de Kawasaki étaient éligibles pour être inclus.

Recueil et analyse des données: 

Cinquante-neuf essais ont été identifiés dans la recherche initiale. Après examen détaillé, seulement seize répondaient à tous les critères d'inclusion. Les essais étaient des données extraites dont la qualité a été évaluée par deux examinateurs au minimum. Les données ont été combinées pour la méta-analyse à l'aide des rapports de risques relatifs pour les données dichotomiques et de la différence moyenne pondérée pour les données continues. Un modèle statistique à effets aléatoires a été utilisé.

Résultats principaux: 

La méta-analyse de l'IGIV par rapport au placebo, comprenant tous les enfants, a montré une baisse significative des nouvelles anomalies artérielles coronariennes (AAC) en faveur de l'IGIV, à trente jours RR (IC à 95 %) = 0,74 (0,61 à 0,90). Aucune différence significative statistiquement n'a été observée par la suite. Une analyse de sous-groupe excluant les enfants avec une AAC lors de l'inscription a également démontré une baisse significative des nouvelles AAC chez les enfants recevant de l'IGIV RR (IC à 95 %) = 0,67 (0,46 à 1,00). On a constaté que l'IGIV avait tendance à être bénéfique à soixante jours (p = 0,06).

Les résultats des comparaisons des dosages ont montré une baisse du nombre de nouvelles AAC avec une dose plus importante. La méta-analyse de 400 mg/kg/jour pendant cinq jours par rapport à 2 mg/kg en une seule dose a montré une baisse statistiquement significative des AAC à trente jours RR (IC à 95 %) = 4,47 (1,55 à 12,86). Cette comparaison a également montré une diminution significative de la durée de la fièvre avec la dose plus élevée.

Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée entre les différentes préparations d'IGIV.

Aucune différence statistiquement significative n'a été observée dans les effets indésirables entre les groupes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.