Le tacrolimus est supérieur à la cyclosporine pour améliorer la survie du greffon et prévenir le rejet aigu après une greffe de rein, mais il augmente le diabète post-greffe et d'autres effets secondaires.

La greffe de rein est le traitement de choix chez la plupart des patients atteints d'insuffisance rénale terminale (IRT). Les stratégies visant à augmenter le don d'organes et à prolonger la survie du rein transplanté sont devenues des priorités dans la greffe de rein. La thérapie immunosuppressive standard consiste en des schémas thérapeutiques de traitement initial et d'entretien pour prévenir le rejet, et en une thérapie immunosuppressive courte et plus intensive pour traiter les épisodes de rejet aigu. Cette revue comparait le tacrolimus à la cyclosporine dans l'immunosuppression primaire chez les greffés rénaux. Trente études (4 102 patients) ont été incluses. Le tacrolimus était supérieur à la cyclosporine pour améliorer la survie du greffon et prévenir le rejet aigu après une greffe de rein, mais il augmentait le diabète post-greffe et les effets secondaires neurologiques et gastro-intestinaux. Les informations étaient insuffisantes pour évaluer le coût du tacrolimus par rapport à la cyclosporine, et les études ne tenaient généralement pas compte de la qualité de vie (QdV) globale des receveurs de greffe, ce qui ne nous permet pas d'évaluer la préférence des patients et l'observance.

Conclusions des auteurs: 

Le tacrolimus est supérieur à la cyclosporine pour améliorer la survie du greffon et prévenir le rejet aigu après une greffe de rein, mais il augmente le diabète post-greffe et les effets secondaires neurologiques et gastro-intestinaux. Le traitement de 100 receveurs au tacrolimus plutôt qu'à la cyclosporine permettrait d'éviter 12 rejets aigus et deux pertes de greffon, mais entraînerait cinq cas supplémentaires de diabète exigeant la prise d'insuline.

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Contexte: 

La greffe de rein est le traitement de choix chez la plupart des patients atteints d'insuffisance rénale terminale (IRT). Les protocoles standard utilisés impliquent généralement trois groupes de médicaments, chacun destiné à un site de la cascade d'activation ou de prolifération des lymphocytes T, qui jouent un rôle central dans le processus de rejet : les inhibiteurs de la calcineurine (ex. : cyclosporine, tacrolimus), les agents antiprolifératifs (ex. : azathioprine, mycophénolate mofétil) et les stéroïdes (prednisolone). On ignore encore si les nouveaux schémas thérapeutiques sont plus spécifiques ou confèrent simplement une immunosuppression plus puissante.

Objectifs: 

Comparer les effets du tacrolimus et de la cyclosporine en tant que traitement primaire chez les greffés rénaux.

La stratégie de recherche documentaire: 

MEDLINE, EMBASE, le registre Cochrane central des essais contrôlés, le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies rénales et les actes de conférence ont été consultés afin d'identifier des rapports d'essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents. Deux évaluateurs ont sélectionné les études, évalué la qualité et extrait les données de manière indépendante.

Critères de sélection: 

Tous les ECR comparant le tacrolimus à la cyclosporine dans le traitement initial des greffés rénaux.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été synthétisées (modèle à effets aléatoires) et les résultats ont été exprimés sous forme de risque relatif (RR), les valeurs < 1 étant favorables au tacrolimus, avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %. Une analyse en sous groupe et une méta-régression ont été utilisées afin de déterminer si les différences en termes de plans d'étude et de co-interventions immunosuppressives modifiaient ou non l'effet.

Résultats principaux: 

123 rapports issus de 30 études (4 102 patients) ont été inclus. À six mois, la perte du greffon diminuait significativement chez les receveurs traités au tacrolimus (RR de 0,56, IC à 95 %, entre 0,36 et 0,86) et cet effet persistait jusqu'à trois ans. La méta-régression a révélé que ce bénéfice diminuait lorsque des concentrations minimales supérieures de tacrolimus étaient ciblées (P = 0,04), après avoir pris en compte les différences de formulation de la cyclosporine (P = 0,97) et de concentration minimale cible de cyclosporine (P = 0,38). À un an, les patients sous tacrolimus présentaient moins de rejets aigus (RR de 0,69, IC à 95 %, entre 0,60 et 0,79) et moins de rejets résistant aux stéroïdes (RR de 0,49, IC à 95 %, entre 0,37 et 0,64), mais plus de diabète sucré exigeant la prise d'insuline (RR de 1,86, 1,11 à 3,09), de tremblements, de céphalées, de diarrhées, de dyspepsie et de vomissements. Les receveurs traités à la cyclosporine présentaient un niveau significativement supérieur de constipation et d'effets secondaires cosmétiques. Aucune différence n'était démontrée concernant l'infection ou la malignité.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.