Une chirurgie moins lourde dans le cancer de la vulve semble sûre et limite la mutilation.

Le cancer de la vulve est rare et affecte principalement les femmes âgées. Jusqu'aux années 1980, les femmes affectées subissaient une chirurgie lourde et mutilante. Les ganglions inguinaux étaient retirés des deux côtés, ainsi que l'ensemble du tissu vulvaire. Récemment, les chirurgiens ont commencé à pratiquer une opération moins lourde afin de préserver le plus de tissu vulvaire possible. Il n'existe aucun essai contrôlé randomisé (ECR) examinant la sécurité de cette chirurgie moins lourde, mais les preuves disponibles suggèrent qu'elle est sûre pour la plupart des patientes.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves disponibles concernant la chirurgie du cancer précoce de la vulve sont généralement de mauvaise qualité. Sur la base des études de qualité acceptable, nous avons conclu que l'excision radicale locale était une alternative sûre à la vulvectomie radicale chez les patientes atteintes de carcinome précoce de la vulve.

La dissection contralatérale des ganglions inguinaux peut être évitée chez les patientes présentant une tumeur latéralisée, et la technique de la triple incision est aussi sûre que la dissection monobloc. Néanmoins, la non-dissection des ganglions fémoraux entraîne une incidence accrue des récidives inguinales.


D'autres études de bonne qualité sont nécessaires, même si la réalisation d'ECR portant sur le traitement du cancer de la vulve pourrait ne pas être réaliste compte tenu de la rareté de la maladie. Néanmoins, des études observationnelles de haute qualité pourraient permettre d'obtenir des preuves plus solides.

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Contexte: 

La chirurgie radicale constitue le traitement standard des patientes atteintes de cancer précoce de la vulve depuis les années 1950. Les taux de survie sont excellents, mais les taux de complications sont élevés. Depuis 1980, la chirurgie a été davantage personnalisée afin de réduire les complications chez les patientes atteintes d'une maladie limitée.

Objectifs: 

Comparer l'efficacité et l'innocuité du traitement individualisé par rapport à la chirurgie lourde standard.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane, 2007, numéro 4), MEDLINE (1966 à avril 2007) et EMBASE (jusqu'en avril 2007). Nous avons également consulté les archives de nos propres publications, issues de recherches manuelles prospectives dans six grandes revues pertinentes depuis décembre 1986. Les références bibliographiques des études identifiées, des ouvrages portant sur les cancers gynécologiques et des actes de congrès ont également été examinés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR), les études cas-témoins et les études observationnelles évaluant l'efficacité de la chirurgie (chirurgie locale et lymphadénectomie régionale) chez des patientes atteintes de carcinome épidermoïde cT1N0M0 de la vulve.

Les mesures de résultats étaient la survie globale, la survie spécifique à la maladie et la survie sans maladie (SSM), les complications du traitement et la qualité de vie.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de revue (AA, JVD, MS) ont évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Sur la base de trois études, nous avons conclu qu'il n'existait aucune différence en termes d'incidence :
1. de la récidive locale du cancer de la vulve entre l'excision locale radicale et la vulvectomie radicale, ou
2. de la récidive inguinale entre la dissection homolatérale des ganglions inguinaux et la dissection bilatérale des ganglions inguinaux chez les patientes présentant une tumeur bien latéralisée.

De plus, la dissection des ganglions inguinaux superficiels n'est pas aussi sûre que la dissection complète des ganglions fémoraux et inguinaux. La technique de la triple incision est une procédure sûre à condition que les marges saines soient supérieures à 8 mm, et la légère augmentation des récidives n'outrepasse pas la réduction des complications.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.