Thérapie cognitivo-comportementale pour le syndrome de fatigue chronique

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est une affection très courante et invalidante, dans laquelle les personnes souffrent de symptômes de fatigue persistants et inexpliqués. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un modèle de thérapie psychologique qui est couramment utilisé pour traiter toute une série de troubles psychologiques et de douleurs chroniques. Cette revue visait à déterminer si la TCC est efficace pour le SFC, à la fois comme traitement autonome et en combinaison avec d'autres traitements, et si elle est plus efficace que les autres traitements utilisés pour le SFC. La revue a porté sur 15 études, avec un total de 1043 participants atteints du SFC. La revue a montré que les personnes participant à la TCC étaient plus susceptibles de présenter une réduction des symptômes de fatigue à la fin du traitement que les personnes qui recevaient les soins habituels ou étaient sur une liste d'attente pour la thérapie, avec 40 % des personnes du groupe TCC présentant une amélioration clinique, contre 26 % pour les soins habituels. Lors du suivi, 1 à 7 mois après la fin du traitement, les personnes qui avaient terminé leur TCC continuaient à avoir un niveau de fatigue plus faible, mais en incluant les personnes qui avaient arrêté le traitement avant la fin, il n'y avait aucune différence entre la TCC et les soins habituels. Cette revue systématique a également comparé la TCC à d'autres types de thérapies psychologiques, notamment les techniques de relaxation, le conseil et le soutien et l'éducation, et a constaté que les personnes participant à la TCC étaient plus susceptibles d'avoir des symptômes de fatigue réduits à la fin du traitement que celles participant à d'autres thérapies psychologiques. Les symptômes liés au fonctionnement physique, à la dépression, à l'anxiété et à la détresse psychologique étaient également plus réduits qu’avec les autres thérapies psychologiques. Toutefois, lors du suivi, les résultats étaient incohérents et les études ne s'accordaient pas bien entre elles, ce qui rendait difficile toute conclusion. Très peu d'études ont rendu compte de l'acceptabilité de la TCC et aucune étude n'a examiné les effets secondaires. Seules deux études ont comparé l'efficacité de la TCC par rapport à d'autres types de traitements, une thérapie par l'exercice dans les deux cas, et une seule étude a comparé une combinaison de TCC et d'autres traitements avec les soins habituels. D'autres études devraient être menées pour établir si la TCC est plus utile que d'autres traitements pour le SFC, et si la TCC en combinaison avec d'autres traitements est plus utile que les traitements seuls.

Conclusions des auteurs: 

La thérapie cognitivo-comportementale est efficace pour réduire les symptômes de fatigue, tels que mesurés à la fin du traitement, par rapport aux soins habituels, et pourrait être plus efficace pour réduire les symptômes de fatigue que d'autres thérapies psychologiques. Pour ce qui est des résultats pendant le suivi, la base de données probantes se limite à un petit groupe d'études dont les résultats sont incohérents. On manque de données probantes sur l'efficacité comparative de la thérapie cognitivo-comportementale seule ou en combinaison avec d'autres traitements, et des études supplémentaires sont nécessaires pour orienter le développement de programmes de traitement efficaces pour les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique.

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Contexte: 

Cette revue a été mise à jour pour la dernière fois en 2008 et n'est plus tenue à jour. L'équipe d'auteurs n'est plus disponible pour poursuivre la revue.

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est un problème de santé courant, débilitant et grave. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pourrait contribuer à atténuer les symptômes du SFC.

Objectifs: 

Examiner l'efficacité et l'acceptabilité de la TCC pour le SFC, seule et en combinaison avec d'autres interventions, par rapport aux soins habituels et à d'autres interventions.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la dépression, l'anxiété et la névrose (registres d’études et de références CCDANCTR) le 28 mars 2008. Nous avons effectué des recherches supplémentaires dans d'autres bases de données bibliographiques. Nous avons consulté les références bibliographiques des articles récupérés et avons contacté les auteurs des essais et les experts dans le domaine pour obtenir des informations sur les essais en cours et/ou achevés.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés impliquant des adultes ayant un diagnostic primaire de SFC, affectés à une TCC par rapport aux soins habituels ou à une autre intervention, seule ou en combinaison.

Recueil et analyse des données: 

Les données sur les patients, les interventions et les critères de jugement ont été extraites par deux auteurs indépendants, et le risque de biais a été évalué pour chaque étude. Le critère de jugement principal était la réduction de la gravité de la fatigue, telle qu’observée par une mesure continue de la réduction des symptômes, en utilisant la différence moyenne standardisée (DMS), ou une mesure dichotomique de la réponse clinique, en utilisant les rapports de cotes (RC), avec des intervalles de confiance (IC) à 95%.

Résultats principaux: 

Quinze études (1043 participants atteints de SFC) ont été incluses dans la revue. Si l'on compare la TCC aux soins habituels (six études, 373 participants), la différence des scores moyens de fatigue après le traitement est très significative en faveur de la TCC (DMS -0,39, IC à 95 % -0,60 à -0,19), 40 % des participants à la TCC (quatre études, 371 participants) présentant une réponse clinique contre 26 % dans les soins habituels (RC 0,47, IC à 95 % 0,29 à 0,76). Les résultats lors du suivi n'étaient pas cohérents. Pour la TCC par rapport à d'autres thérapies psychologiques, comprenant la relaxation, le conseil et l'éducation ou le soutien (quatre études, 313 participants), la différence des scores moyens de fatigue après le traitement était favorable à la TCC (DMS -0,43, IC à 95 % -0,65 à -0,20). Les résultats lors du suivi étaient hétérogènes et incohérents. Seules deux études ont comparé la TCC à d'autres types d’interventions et une étude a comparé la TCC en combinaison avec d'autres interventions par rapport aux soins habituels.

Notes de traduction: 

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