Valproate pour la prévention des crises de migraine chez l'adulte

Différents médicaments, collectivement désignés par le terme générique 'antiépileptiques', sont utilisés pour traiter l'épilepsie. Depuis plusieurs années, certains de ces médicaments sont aussi utilisés pour la prévention des crises de migraine. Pour la présente revue, les chercheurs de la Cochrane Collaboration ont examiné les preuves sur les effets du valproate (acide valproïque ou valproate de sodium ou une combinaison des deux) chez des patients adultes (âgés d'au moins 16 ans) souffrant 'd'épisodes migraineux' (maux de tête pendant moins de 15 jours par mois). Ils ont examiné la recherche publiée jusqu'au 15 janvier 2013 et trouvé 10 études pertinentes. Comparé au placebo, le valproate a réduit la fréquence des migraines d'environ quatre par mois (deux études, 63 participants). Les patients avaient également environ deux fois plus de chances de réduire le nombre de leurs migraines de 50 % ou plus avec le valproate comparé au placebo (cinq études, 576 participants). Les effets secondaires associés au valproate ont été courants mais généralement légers ; cependant, le valproate peut provoquer des anomalies congénitales, c'est pourquoi il doit être utilisé avec toutes les précautions chez les femmes en âge de procréer. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comparer le valproate à d'autres médicaments actifs utilisés pour la prévention des crises de migraine.

Conclusions des auteurs: 

Le valproate est efficace pour réduire la fréquence des maux de tête et s'avère être raisonnablement bien toléré chez les patients adultes souffrant d'épisodes migraineux.

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Contexte: 

Certains médicaments antiépileptiques, mais pas d'autres, sont utiles dans la pratique clinique pour la prophylaxie de la migraine. Cela pourrait s'expliquer par la diversité des actions de ces médicaments dans le système nerveux central. La présente revue fait partie d'une mise à jour d’une revue Cochrane publiée pour la première fois en 2004 et précédemment mise à jour en 2007 (conclusions inchangées).

Objectifs: 

Décrire et évaluer les preuves issues des essais contrôlés sur l'efficacité et la tolérance du valproate (acide valproïque ou valproate de sodium ou une combinaison des deux) pour la prévention des crises de migraine chez les patients adultes souffrant d'épisodes migraineux.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL ; The Cochrane Library 2012, numéro 12), PubMed/MEDLINE (de 1966 au 15 janvier 2013), MEDLINE In-Process (semaine actuelle, 15 janvier 2013), et EMBASE (de 1974 au 15 janvier 2013) et des recherches manuelles de Maux de tête et Céphalées jusqu'à janvier 2013.

Critères de sélection: 

Les études éligibles devaient être des essais contrôlés prospectifs portant sur le valproate pris régulièrement pour prévenir la survenue des crises de migraine, pour améliorer la qualité de vie liée à la migraine, ou les deux.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné des études et extrait des données. Pour les données sur la fréquence des maux de tête, nous avons calculé les différences moyennes (DM) entre le valproate et le comparateur (placebo, témoin actif ou valproate à une dose différente) pour les études individuelles et regroupé celles-ci entre les études. Pour les données dichotomiques sur les répondants (patients obtenant au moins 50 % de réduction de la fréquence des maux de tête), nous avons calculé le rapport de cotes (RC) et, dans des cas choisis, le rapport de risque (RR) ; nous avons aussi calculé le nombre de sujets à traiter (NST). Nous avons calculé les DM pour les scores obtenus à l'évaluation de l'invalidité liée à la migraine (Migraine Disability Assessment, MIDAS). Nous avons aussi résumé les données sur les événements indésirables figurant dans les essais contrôlés par placebo et calculé les différences de risque (DR) et le nombre de sujets à traiter pour observer un effet indésirable du traitement (NNN).

Résultats principaux: 

Dix articles décrivant 10 essais uniques répondaient aux critères d'inclusion. L'analyse des données issues de deux essais (63 participants) a révélé que le valproate de sodium a réduit la fréquence des maux de tête d'environ quatre crises par période de 28 jours comparé au placebo (DM -4,31 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % -8,32 à -0,30). Les données issues de quatre essais (542 participants) ont révélé que le divalproex sodique (une combinaison stable de valproate de sodium et d'acide valproïque selon un rapport molaire de 1:1) a plus que doublé la proportion de répondants par rapport au placebo (RR 2,18 ; IC à 95 % 1,28 à 3,72 ; NST 4 ; IC à 95 % 2 à 11). Une étude portant sur le valproate de sodium (34 participants) comparé à un placebo a confirmé ces derniers résultats (RR pour les répondants 2,83 ; IC à 95 % 1,27 à 6,31 ; NST 3 ; IC à 95 % 2 à 9). Aucune différence significative n’a été observée dans la proportion de répondants entre le valproate de sodium et la flunarizine (un essai, 41 participants) ou entre le divalproex sodique et le propranolol (un essai, 32 participants). L'analyse groupée des fréquences moyennes de maux de tête après le traitement dans deux essais (88 participants) révèle un avantage léger mais significatif en faveur du topiramate 50 mg comparé au valproate 400 mg (DM -0,90 ; IC à 95 % -1,58 à -0,22). Pour les essais contrôlés par placebo portant sur le valproate de sodium et le divalproex sodique, les nombres de patients à traiter pour observer un effet indésirable du traitement (NNN) pour les événements indésirables cliniquement importants variaient de 7 à 14.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Pour la France : Minist�re de la Sant�. Pour le Canada : Instituts de recherche en sant� du Canada, minist�re de la Sant� du Qu�bec, Fonds de recherche de Qu�bec-Sant� et Institut national d'excellence en sant� et en services sociaux.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.