Une formulation modifiée de doxorubicine dans le traitement du cancer de l'ovaire nouvellement diagnostiqué

Contexte

La DLP (Doxorubicine liposomale pégylée) est une amélioration de la formulation d'un médicament anticancéreux qui existe depuis les années 1960. Lorsqu' il est utilisé avec le carboplatine (carbo), il a été démontré qu’il améliorait la survie chez les femmes atteintes de cancer épithélial de l'ovaire (CEO) qui est revenu (a rechuté) à six mois ou plus après le dernier traitement à base de platine(carbo).

Méthodes

Nous voulions découvrir si la DLP était également utile pour le traitement des CEO nouvellement diagnostiqués. Nous avons effectué des recherches dans la littérature de 1990 à janvier 2013 pour les études pertinentes et avons inclus deux études dans cette revue.

Les caractéristiques de l'étude

Une étude comparait la DLP plus carbo administrée aux femmes toutes les trois semaines par rapport au traitement standard (paclitaxel (PAC)/carbo toutes les trois semaines). L’autre étude ajoutait la DLP au traitement standard en comparaison avec un traitement standard seul (elle incluait également d'autres traitements qui n’étaient pas pertinents pour cette revue). Ces études ont durée trois ans et incluaient 820 et 4 100 femmes, respectivement. La plupart des femmes dans ces études avaient un cancer avancé et avaient subi une chirurgie pour extraire le cancer autant que possible.

Résultats principaux

La durée de survie des femmes ayant suivi le traitement DPL/carbo et celles ayant reçu le traitement standard était similaire, mais davantage de femmes souffraient de faible taux sanguins (anémie et baisse des plaquettes) avec DPL/carbo, ce qui retardait souvent le traitement ou conduisait à un arrêt du traitement. Cependant, avec la DPL/carbo, beaucoup moins de femmes souffraient d’une perte de cheveux et de neuropathie (lésions nerveuses entraînant des symptômes tels que des picotements, un engourdissement, de la douleur, une perte de sensation et/ou de coordination) et par conséquent, il pourrait aider les femmes qui trouvent ces effets secondaires inacceptables ou intolérables. Nous avons conclu qu’un traitement de trois PLD/carbo par semaine est une alternative raisonnable au traitement à base de platine standard pour un CEO nouvellement diagnostiqué, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la méthode la plus sûre, la dose la plus efficace et la fréquence des doses.

Ajouter la DPL à un traitement standard (PAC/carbo) toutes les six semaines n’aidait pas une survie prolongée des femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire nouvellement diagnostiqué et était associée à une aggravation des effets des taux sanguins entraînant une hausse du risque d'infection; par conséquent, ce triple traitement médicamenteux ne peut pas être recommandé.

Qualité des preuves

Nous avons pris en compte les preuves relatives à la survie des femmes après le traitement avec DPL/carbo ou PAC/carbo. Les preuves relatives aux effets indésirables des médicaments étaient de bonne qualité.

Conclusions des auteurs: 

PLD/carbo est une alternative raisonnable à PAC/carbo pour le traitement de première ligne du CEO. Bien que le traitement PLD/carbo trois fois par semaine puisse être associé à une hausse de retards et d’interruptions de dose par rapport au traitement standard PAC/carbo, il pourrait être plus acceptable pour les femmes qui souhaitent éviter l'alopécie ou celles à risque élevé de neurotoxicité. Aucun bénéfice de survie ne semble être associé à un traitement triplé alterné, la toxicité supplémentaire associée en ajoutant DLP à PAC/carbo limite également des recherches supplémentaires. D'autres études sont nécessaires pour déterminer le traitement PLD/carbo le plus sûr, le plus efficace pour une maladie récemment diagnostiquée.

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Contexte: 

Le cancer épithélial de l'ovaire (CEO) est souvent diagnostiqué à un stade avancé, nécessitant une chirurgie primaire cytoréductive et de la chimiothérapie combinée pour son traitement de première ligne. A l’heure actuelle, la chimiothérapie standard en traitement de première ligne est à base de platine, consistant généralement de carboplatine et de paclitaxel (PAC/carbo). La Doxorubicine liposomale pégylée (DLP) est une amélioration de la formulation de doxorubicine et est associée à moins d'effets secondaires et moins sévères que les traitements avec la doxorubicine non-modifiée. En association avec le carboplatine, la DLP a récemment démontré améliorer la survie sans progression du cancer par rapport à PAC/carbo chez les femmes atteintes d’un CEO récidivant sensible au platine. Il est donc important de savoir si un bénéfice de survie peut être attribué à la DLP lorsqu' elle est utilisée en traitement de première ligne.

Objectifs: 

Évaluer le rôle de la DLP, seule ou combinée, dans la chimiothérapie de première ligne pour les femmes souffrant d’un CEO.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans Le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE et EMBASE de janvier 1990 à février 2013. De plus, nous avons effectué des recherches en ligne dans des registres d'essais pour trouver les essais en cours et les résumés des études présentés lors des réunions scientifiques, ceci à partir de 2000.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés (ECR) qui comparaient la DLP, seule ou en combinaison avec d'autres agent/s (par exemple, le carboplatine) par rapport à d'autres agent/s pour la chimiothérapie en traitement de première ligne chez les femmes souffrant d’un CEO qui peuvent ou non avoir subi une chirurgie primaire cytoréductive.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les essais, extrait les données et évalué le risque de biais pour chaque essai inclus. Nous avons obtenu les données des essais de mise à jour lorsque cela était possible.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus deux essais à grande échelle. Un essai comparait le traitement DLP et carboplatine trois fois par semaine avec le traitement PAC/carbo. L'autre essai incluait quatre groupes expérimentaux, dont l’un était la DLP plus PAC/carbo, qui ont été comparés avec le traitement standard PAC/carbo. Nous n'avons pas regroupé les résultats de ces deux essais dans la méta-analyse. Les deux études étaient à faible risque de biais.

Pour la comparaison PLD/carbo versus PAC/carbo (820 femmes; stades Ic à IV), il n’y avait aucune différence statistiquement significative entre les groupes de l’étude en termes de survie sans progression (SSP) (risque relatif [RR] 1,01, intervalle de confiance [IC] à 95% de 0,85 à 1,19) ou de survie globale (SG) (RR 0,94, IC à 95% de 0,78 à 1,13). L'anémie sévère (risque relatif [RR] 2,74, IC à 95% de 1,54 à 4,88) et la thrombocytopénie (RR 8,09, IC à 95% de 3,93 à 16,67) étaient significativement plus fréquentes avec PLD/carbo, tandis que l'alopécie (RR 0,09, IC à 95% de 0,06 à 0,14) et la neurotoxicité sévère (RR 0,09, IC à 95% de 0,01 à 0,66) étaient significativement plus fréquentes avec PAC/carbo. Les scores de qualité de vie n'étaient pas significativement différents.

Pour la comparaison PLD/PAC/carbo versus PAC/carbo (1726 femmes; stade III/IV), il est important de noter que PLD était administré uniquement en cycles alternés (par exemple toutes les 6 semaines). Aucune différence statistiquement significative en termes de SSP (RR 0,98, IC à 95% de 0,88 à 1,09) ou de SG (RR 0,95, IC à 95% de 0,84 à 1,08) entre ces deux groupes de traitement n’a été rapportée. Cependant, les femmes dans le groupe de traitement triplé souffraient significativement de sévères anomalies hématologiques (anémie, thrombopénie, neutropénie et neutropénie fébrile) par rapport à celles ayant reçu un traitement standard.

Aucun ECR n’évaluait la DLP en monothérapie pour le traitement de première ligne du CEO.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Financeurs pour le Canada : Instituts de Recherche en Sant� du Canada, Minist�re de la Sant� et des Services Sociaux du Qu�bec, Fonds de recherche du Qu�bec-Sant� et Institut National d'Excellence en Sant� et en Services Sociaux; pour la France : Minist�re en charge de la Sant�

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