Application de chaleur à basse température via l'urètre pour traiter les femmes atteintes de fuites urinaires

Problématique de la revue

Dans cette revue systématique, nous avons cherché à savoir si l'application d'une chaleur à basse température via l'urètre était sans danger et pouvait aider les femmes souffrant de fuites urinaires involontaires. Nous avons recherché des études randomisées comparant ce traitement à l'absence de traitement ou à d'autres formes de traitement.

Contexte

Les fuites urinaires involontaires sont un problème gênant auquel sont confrontées de nombreuses femmes. Plusieurs traitements différents sont disponibles pour aider ces femmes, tels que les modifications comportementales et divers types de chirurgie. L'application d'une chaleur à basse température via l'urètre est une nouvelle forme de traitement qui peut être utilisée pour traiter les femmes au cabinet du médecin plutôt que dans la salle d'opération. Cependant, nous ne savons pas bien dans quelle mesure ce traitement fonctionne et s'il est sans danger.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons recherché tous les essais contrôlés randomisés ayant étudié cette forme de traitement jusqu'à décembre 2014. Nous avons trouvé un seul essai portant sur 173 femmes souffrant de fuites urinaires. Ces femmes étaient âgées de 50 ans en moyenne. Suite à une assignation aléatoire, les deux tiers d'entre elles ont été traitées avec de la chaleur à basse température appliquée via l'urètre, tandis que les autres n'ont pas reçu ce traitement. Les chercheurs ont suivi ces femmes pendant 12 mois. Les fabricants de ce traitement ont financé l'étude.

Principaux résultats

L'étude ne contenait aucune information permettant de déterminer si plus ou moins de femmes se plaignaient de fuites urinaires à 12 mois, ou s'il y avait une différence dans le nombre de femmes ayant subi une nouvelle opération chirurgicale. L'étude n'a pas démontré que la qualité de vie ait été améliorée. Les données étaient insuffisantes pour déterminer s'il y avait une différence dans les effets secondaires graves ou mineurs.

Qualité des preuves

L'utilisation de l'approche GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) n'a mis en évidence aucun élément de preuve permettant de savoir si l'application de la chaleur à basse température via l'urètre avait un impact sur le nombre de femmes souffrant de fuites urinaires. Nous avons identifié des preuves de faible qualité sur des effets secondaires graves et mineurs ainsi que sur la qualité de vie en comparaison avec l'absence de traitement, mais les données étaient limitées et l'étude mal conduite. Nous n'avons trouvé aucun élément de preuve permettant de savoir si ce traitement avait un impact sur le nombre de femmes ayant subi une autre chirurgie. Puisque nous n'avons pas trouvé d'études comparant ce traitement avec d'autres, nous ne savons pas si ce traitement donne des résultats meilleurs ou pires que d'autres.

Conclusions des auteurs: 

On ne sait pas si, par rapport à un traitement placebo, la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale améliore les symptômes d'incontinence urinaire rapportés par le patient. Les données sont insuffisantes pour déterminer si cette procédure améliore la qualité de vie spécifique à la maladie. Les éléments de preuve sont également insuffisants pour déterminer si, en comparaison avec un traitement placebo, cette procédure entraîne des effets indésirables graves ou d'autres effets indésirables, et nous n'avons pas trouvé de données pour une comparaison avec toute autre méthode de traitement de l'incontinence urinaire.

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Contexte: 

La dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale est une intervention relativement nouvelle, basée sur un dispositif minimalement invasif, utilisée dans le traitement des personnes atteintes d'incontinence urinaire (IU). Aucune revue systématique des données probantes à l'appui de son utilisation n'a été publiée à ce jour.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale par rapport à d'autres interventions dans le traitement des femmes atteintes d'IU.

Les auteurs de la revue ont cherché à effectuer les comparaisons suivantes.

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus absence de traitement / traitement placebo.

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus traitement physique conservateur.

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus dispositifs mécaniques (pessaires pour l'IU).

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus traitement médicamenteux.

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus traitement injectable de l'IU.

• Dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale versus autre chirurgie de l'IU.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche systématique dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l'incontinence (le 19 décembre 2014), EMBASE et EMBASE Classic (de janvier 1947 à la semaine 50 de 2014), Google Scholar et trois registres d'essais en décembre 2014, et avons vérifié des références bibliographiques. Nous avons cherché à identifier des études non publiées en recherchant manuellement dans les résumés des principaux colloques de gynécologie et d'urologie, et en communiquant avec les experts de ce domaine et le fabricant du dispositif.

Critères de sélection: 

Étaient admissibles les essais randomisés et quasi randomisés de la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale comparée à l'absence de traitement / un traitement placebo, un traitement physique conservateur, des dispositifs mécaniques, un traitement médicamenteux, un traitement injectable pour l'IU ou une autre chirurgie de l'IU chez les femmes.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons examiné les résultats de la recherche et sélectionné les études admissibles pour l'inclusion. Nous avons évalué les risques de biais, et analysé les variables dichotomiques sous forme de risques relatifs (RR) et les variables continues sous forme de différences moyennes (DM), les deux avec des intervalles de confiance (IC) à 95  %. Nous avons évalué la qualité des preuves à l’aide de l'approche GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation).

Résultats principaux: 

Nous avons inclus dans l'analyse une petite étude randomisée contrôlée par placebo portant sur 173 femmes et réalisée aux États-Unis. Les participantes inscrites dans cette étude ont reçu un diagnostic d'IU de stress et ont été assignées aléatoirement à la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale (groupe de traitement) ou à une chirurgie placebo à l'aide d'un cathéter non fonctionnel (groupe sans traitement). L'âge moyen des participantes dans cet essai multicentrique sur 12 mois était de 50 ans (entre 22 et 76 ans).

Parmi les trois critères d'évaluation principaux relatifs aux patients sélectionnés pour cette revue systématique, le nombre de femmes ayant signalé des symptômes d'IU après l'intervention n'était pas rapporté. Aucun événement indésirable grave n'a été signalé dans le groupe de dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale ou le groupe placebo pendant l'essai sur 12 mois. En raison de l'imprécision et d'un risque élevé de biais, nous avons rétrogradé le niveau de preuve pour ce critère à faible. L'effet de la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale sur le nombre de femmes présentant une amélioration ≥ 10 points du score de qualité de vie dans l'incontinence (I-QOL) à 12 mois était comme suit : RR 1,11 ; IC à 95 % de 0,77 à 1,62 ; 142 participantes, mais l'intervalle de confiance était large. Pour ce critère d'évaluation, le niveau de preuve était également faible en raison de l'imprécision et du risque élevé de biais.

Nous n'avons identifié aucun élément de preuve sur le nombre de femmes subissant une nouvelle intervention chirurgicale pour l'incontinence. Le risque d'autres effets indésirables (douleur/dysurie (RR 5,73 ; IC à 95 % de 0,75 à 43,70 ; 173 participantes), nouvelle hyperactivité du détrusor (RR 1,36 ; IC à 95 % de 0,63 à 2,93 ; 173 participantes) et infection des voies urinaires (RR 0,95 ; IC à 95 % de 0,24 à 3,86 ; 173 participantes) n'a pas pu être établi de manière fiable, puisque l'essai était de petite taille. Les éléments de preuve étaient insuffisants pour déterminer si, comparativement au traitement placebo, l'utilisation de la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale était associée à une augmentation du taux de rétention urinaire, d'hématurie ou d'hésitation, chez 173 participantes. Pour tous les autres événements indésirables sur lesquels des données étaient disponibles, le niveau de preuve selon GRADE était faible en raison de l'imprécision et du risque élevé de biais.

Nous n'avons pas trouvé de données pour pouvoir comparer la dénaturation du collagène par radiofréquence transurétrale par rapport à un traitement physique conservateur, des dispositifs mécaniques, un traitement médicamenteux, un traitement injectable pour l'IU ou une autre chirurgie de l'IU.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.