La prise des corticostéroïdes inhalés uniquement lorsque les symptômes de l'asthme s'aggravent est-elle aussi sure et efficace que la prise quotidienne de corticostéroïdes inhalés ?

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L'asthme chronique est une maladie due à l'inflammation sous-jacente des voies respiratoires (les petits tubes des poumons) et les crises d'asthme se produisent lorsque les voies respiratoires se contractent, empêchant alors la personne de bien respirer. On conseille souvent aux personnes souffrant d'asthme léger de prendre des corticostéroïdes inhalés tous les jours pour contrôler l'inflammation sous-jacente. Cependant, la plupart des asthmatiques ne prennent des corticostéroïdes inhalés que lorsque les symptômes apparaissent. Nous voulions rechercher les données issues d'essais contrôlés randomisés comparant la prise quotidienne de corticostéroïdes inhalés par rapport à l'usage de ces médicaments uniquement lors de l'aggravation des symptômes chez les enfants et les adultes souffrant d'asthme persistant (six essais, incluant 1211 patients).

La revue des essais contrôlés randomisés n'a trouvé aucune différence significative dans le nombre de crises d'asthme de gravité modérée entre les personnes prenant des corticostéroïdes inhalés tous les jours et celles les prenant « au besoin ». Les données étaient toutefois insuffisantes pour conclure que ces deux approches sont équivalentes. En revanche, nous avons trouvé que les personnes prenant des corticostéroïdes inhalés tous les jours contrôlaient légèrement mieux leur asthme avec une meilleure fonction pulmonaire, utilisaient moins de médicaments de secours et avaient plus de jours sans symptômes que celles prenant des corticostéroïdes inhalés de façon intermittente. Nous avons également constaté que les enfants prenant tous les jours du budésonide et de la béclométhasone inhalés grandissaient moins que ceux en prenant par intermittence (sachant que les corticostéroïdes inhalés affectent la croissance), confirmant ainsi qu'il est important d'utiliser les corticostéroïdes inhalés à une dose efficace minimale et sure. Nous n'avons pas observé de différence significative entre les groupes en ce qui concerne le taux d'abandon ou les effets indésirables. Ces résultats ne permettent pas de tirer des conclusions définitives, même si l'amélioration du contrôle de l'asthme, de la fonction pulmonaire et de l'inflammation des voies respiratoires semble encourager légèrement la prise quotidienne de corticostéroïdes inhalés par rapport à leur utilisation uniquement en cas d'aggravation des symptômes. Il est conseillé aux médecins et aux patients de mesurer soigneusement les risques et les bénéfices de chaque option de traitement et de surveiller la réponse de chaque patient afin d'ajuster le traitement en fonction des besoins.

Conclusions des auteurs: 

Chez les enfants et adultes souffrant d'asthme persistent et chez les enfants d'âge préscolaire présentant une suspicion d'asthme persistent, la prise quotidienne ou intermittente de CSI n'entraînait pas une différence significative au niveau de l'usage des corticostéroïdes oraux de secours et du taux d'événements indésirables graves, sans pour autant être équivalentes. La prise quotidienne de CSI était supérieure à la prise intermittente de CSI pour plusieurs indicateurs de la fonction pulmonaire, de l'inflammation des bronches, du contrôle de l'asthme et de l'utilisation de médicaments de secours. Les deux traitements semblaient sûrs, mais une diminution modérée de la croissance était associée à la prise quotidienne de budésonide et de béclométhasone inhalés par rapport à la prise intermittente. Le médecin doit donc considérer soigneusement les bénéfices et dangers potentiels de chaque option de traitement et prendre en compte l'impact inconnu à long terme (> un an) du traitement intermittent sur le développement pulmonaire et la diminution de la fonction pulmonaire.

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Contexte: 

La prise quotidienne de corticostéroïdes inhalés (CSI) est le traitement de base recommandé pour les enfants et les adultes souffrant d'asthme persistent. Pourtant, il arrive fréquemment que les CSI soient utilisés de façon intermittente par les patients ou que les médecins recommandent de ne les utiliser qu'en cas de crise.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue était de comparer l'efficacité et l'innocuité de la prise quotidienne par rapport à la prise intermittente de CSI dans la prise en charge des enfants et des adultes souffrant d'asthme persistent et les enfants d'âge préscolaire présentant une suspicion d'asthme persistent.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires (CAGR) et sur le site ClinicalTrials.gov jusqu'à décembre 2011.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant la prise intermittente et la prise quotidienne de CSI chez les enfants et les adultes souffrant d'asthme persistent. Aucune intervention conjointe n'était autorisée, hormis les médicaments de secours et les corticostéroïdes oraux utilisés en cas de crise.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué les essais à inclure et leur qualité méthodologique et en ont extrait les données de façon indépendante. Le principal critère de jugement de l'efficacité était le nombre de patients ayant une ou plusieurs crises nécessitant des corticostéroïdes oraux et le principal critère de jugement de l'innocuité était le nombre de patients subissant des événements indésirables graves. Les critères de jugement secondaires incluaient les crises, les épreuves fonctionnelles respiratoires, le contrôle de l'asthme, les taux d'abandon et les marqueurs de l'inflammation. On considérait qu'il y avait équivalence lorsque l'estimation du risque relatif (RR) et son intervalle de confiance (IC) à 95 % se situaient entre 0,9 et 1,1.

Résultats principaux: 

Six essais (y compris un essai testant deux protocoles pertinents) répondaient aux critères d'inclusion, pour un total de sept comparaisons de groupes. Les quatre essais pédiatriques (deux portant sur des enfants d'âge préscolaire et deux portant sur des enfants d'âge scolaire) et les deux essais en groupes parallèles portant sur des adultes, d'une durée de 12 à 52 semaines, étaient d'excellente qualité méthodologique. 1211 patients souffrant d'asthme persistent, confirmé ou soupçonné, ont contribué aux méta-analyses. Il n'y avait pas de différence statistiquement significative entre les groupes au niveau du risque que les patients aient une ou plusieurs crises nécessitant la prise de corticostéroïdes oraux (1204 patients ; RR = 1,07 ; IC à 95 % : 0,87 à 1,32). L'âge des patients, la gravité de l'obstruction des voies respiratoires, le protocole de prise en charge progressive utilisé pendant les crises et la durée des essais n'avaient pas d'influence significative sur les résultats en matière d'efficacité. Aucune différence n'a été observée entre les groupes au niveau du risque que les patients subissent des événements indésirables graves (1055 patients ; RR = 0,82 ; IC à 95 % : 0,33 à 2,03). Par rapport au groupe prenant des CIS tous les jours, ceux du groupe en prenant par intermittence ont montré une amélioration plus faible de 2,56 % du débit expiratoire de pointe (DEP) par rapport au départ (IC à 95 % : -4,49 % à -0,63 %), moins de jours sans symptômes (différence moyenne standardisée (DMS) = -0,15 (IC à 95 % : -0,28 à -0,03), moins de jours d'asthme sous contrôle -9 % (IC à 95 % : -14 % à -4 %), un recours aux β2-agonistes supérieur de 0,12 bouffées / jour (IC à 95 % : 0 à 0,23) et une augmentation supérieure du monoxyde d'azote exhalé par rapport au départ de 16,80 parties par milliard (IC à 95 % : 11,95 à 21,64). Il n'y avait aucune différence significative entre les groupes au niveau du volume expiratoire maximal seconde (VEMS1), de la qualité de vie, de l'hyperréactivité des voies respiratoires, des effets indésirables, des hospitalisations, des visites au service des urgences ou des abandons. Dans les essais pédiatriques, les CSI par intermittence (budésonide et béclométhasone) étaient associés à une croissance supérieure de 0,41 cm par rapport au départ (532 enfants ; IC à 95 % : 0,13 à 0,69) par rapport au traitement quotidien.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.