Médicaments utilisés comme traitement adjuvant à une procédure cardiaque suite à une crise cardiaque

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L'infarctus aigu du myocarde (IAM) ou les crises cardiaques sont l'une des principales causes de mortalité à l'échelle mondiale. Environ un tiers des personnes victimes de crises cardiaques décèdent avant d'arriver à l'hôpital. Une intervention coronaire percutanée primaire (ICPP) est une procédure au cours de laquelle une artère coronaire est élargie à l'aide d'un stent et sans chirurgie. Bien que cette procédure permette de rétablir la circulation sanguine dans une artère coronaire, aucune perfusion dans toutes les régions du cœur n'est réalisée. On parle alors d'« absence de reperfusion ». Pour essayer de résoudre ce problème, des médicaments, comme l'adénosine et le vérapamil, ont été testés comme traitements adjuvants. Nous avons inclus 10 études dans cette revue, soit un total de 939 participants. Neuf études comparaient l'adénosine et un placebo comme traitement adjuvant à une ICPP et une autre comparait le vérapamil et un placebo. Nous avons considéré que les risques de biais globaux des études incluses étaient modérés.

Il n'y avait aucune preuve selon laquelle l'adénosine réduisait la mortalité toutes causes confondues à court et long terme ou le nombre d'infarctus du myocarde non mortels comparée à un traitement par placebo. Nous n'avons également trouvé aucune preuve probante selon laquelle l'adénosine peut réduire l'absence de reperfusion angiographique après une ICPP. En revanche, nous avons trouvé des preuves selon lesquelles des événements indésirables (bradycardie, hypotension, bloc auriculo-ventriculaire) augmentaient avec l'adénosine, bien que ces effets soient de courte durée. Les études incluses étaient peu nombreuses, avec un nombre insuffisant de participants et une période de suivi relativement courte, et les taux de mortalité et d'absence de reperfusion angiographique étaient faibles. Par conséquent, la puissance statistique de nos méta-analyses était insuffisante pour appuyer une conclusion définitive concernant l'impact de l'adénosine chez les personnes victimes d'un IAM faisant l'objet d'une ICPP.

Conclusions des auteurs : 

Nous n'avons trouvé aucune preuve selon laquelle l'adénosine et le vérapamil, en tant que traitements contre l'absence de reperfusion pendant une ICPP, peuvent réduire la mortalité toutes causes confondues, le nombre d'infarctus du myocarde non mortels ou l'incidence de l'absence de reperfusion angiographique (niveau de flux TIMI < 3 et MBG entre 0 et 1), mais il y avait des preuves concernant une hausse du nombre d'événements indésirables. D'autres recherches cliniques sur l'adénosine et le vérapamil seront nécessaires en raison du nombre limité d'essais inclus et de participants.

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Contexte : 

Une intervention coronarienne percutanée primaire (ICPP) est le traitement privilégié pour un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST. Bien que le flux coronarien soit rétabli après une ICPP, une perfusion défectueuse du myocarde (aussi appelée « absence de reperfusion ») est fréquemment observée et liée à des résultats cliniques médiocres. Afin de pallier ce phénomène, des médicaments ont été testés comme traitements adjuvants à une ICPP. Parmi ceux testés, le vérapamil et l'adénosine sont deux des médicaments les plus prometteurs. Il n'existe aucune revue systématique concernant ces deux médicaments administrés à des personnes victimes d'un infarctus aigu du myocarde (IAM) faisant l'objet d'une ICPP.

Objectifs : 

Étudier l'impact de l'adénosine et du vérapamil chez les personnes victimes d'un IAM faisant l'objet d'une ICPP.

Stratégie de recherche documentaire : 

En février 2012, nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes : le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library, MEDLINE, EMBASE, Web of Science et BIOSIS, China National Knowledge Infrastructure, les registres d'essais cliniques (ClinicalTrials.gov, Current Controlled Trials, Australian & New Zealand Clinical Trials Registry et WHO International Clinical Trials Registry Platform). Nous avons également effectué des recherches manuelles dans l'American Journal of Cardiology.

Critères de sélection : 

Nous avons sélectionné des essais contrôlés randomisés (ECR) dans lesquels l'adénosine ou le vérapamil était la principale intervention. Les participants étaient des personnes diagnostiquées avec un IAM et qui faisaient l'objet d'une ICPP.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont sélectionné des études et extrait des données. Nous avons contacté les auteurs des essais afin d'obtenir des informations complémentaires, le cas échéant. Nous avons calculé les risques relatifs (RR), les valeurs de P et les intervalles de confiance (IC) à 95 % pour les données dichotomiques.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 10 ECR, totalisant 939 participants, dans notre revue. Neuf ECR étaient associés à l'adénosine et un au vérapamil. Nous avons considéré que les risques de biais globaux des études incluses étaient modérés. Il n'y avait aucune preuve selon laquelle l'adénosine réduisait la mortalité toutes causes confondues à court terme (RR 0,61, IC à 95 % 0,23 à 1,61, P = 0,32) et à long terme (RR 1,20, IC à 95 % 0,27 à 5,22, P = 0,81), le nombre d'infarctus du myocarde non mortels à court terme (RR 1,38, IC à 95 % 0,28 à 6,96, P = 0,69) ou l'incidence de l'absence de reperfusion angiographique (niveau du flux TIMI < 3 après une ICPP : RR 0;72, IC à 95 % 0,49 à 1,07, P = 0,11 et le niveau de rougissement du myocarde (MBG pour « Myocardial Blush Grade ») entre 0 et 1 après une ICPP : RR 0,96 ; IC à 95 % 0,76 à 1,22, P = 0,75). Mais l'incidence d'événements indésirables avec l'adénosine, comme la bradycardie (RR 6,57, IC à 95 % 2,94 à 14,67, P < 0,00001), l'hypotension (RR 11,43, IC à 95 % 2,75 à 47,57, P = 0,0008) et un bloc auriculo-ventriculaire (AV) (RR 6,67, IC à 95 % 1,52 à 29,21, P = 0,01) avait significativement augmenté.

La méta-analyse du vérapamil comme traitement contre l'absence de reperfusion pendant une ICPP n'a pas été calculée en raison de données insuffisantes.

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