Trifluopérazine par rapport aux antipsychotiques de première génération de faible puissance dans la schizophrénie

Les médicaments antipsychotiques constituent le principal traitement de la schizophrénie et aident les gens à faire face aux symptômes tels que le fait d'entendre des voix, de voir des choses et de croire en des choses étranges. Même si les recommandations stipulent qu'il n'y a pas de différence d'efficacité entre les antipsychotiques, les médicaments antipsychotiques de faible puissance sont souvent perçus comme moins efficaces que les médicaments de forte puissance, et ils semblent également différer en termes d'effets secondaires. La classification des médicaments dans des catégories de puissance forte ou faible signifie qu'avec les antipsychotiques de faible puissance, des doses plus élevées sont nécessaires pour traiter les symptômes de la schizophrénie. Les effets secondaires communs à la plupart des antipsychotiques de forte puissance comprennent les troubles du mouvement tels que des mouvements incontrôlables du visage, des bras ou des jambes ; les tremblements ; les problèmes d'équilibre ou de la marche ; l'agitation ; les convulsions et les douleurs articulaires, alors que les médicaments de faible puissance sont plus susceptibles de provoquer une sédation, de la fièvre et une perte de la force musculaire. La recherche n'a pas évalué et comparé les médicaments antipsychotiques de forte et de faible puissance. L'objectif de cette revue était donc de comparer la trifluopérazine (un antipsychotique de forte puissance) avec des antipsychotiques de faible puissance chez les personnes atteintes de schizophrénie. Des exemples d'antipsychotiques de faible puissance sont la chlorpromazine, le chlorprothixène, la thioridazine et la lévomépromazine. Cette revue s'appuie sur une recherche menée en 2010 et comprend sept études avec un total de 422 personnes. Elle compare la trifluopérazine aux antipsychotiques de faible puissance. Dans l'ensemble, les informations étaient mal rapportées et la qualité des études était faible ; les auteurs ont évalué la qualité des preuves pour les principaux critères d'intérêt comme étant de qualité modérée, faible ou très faible. Les résultats ne montrent pas de supériorité de la trifluopérazine par rapport aux antipsychotiques de faible puissance. Cependant, au moins un trouble du mouvement (raideur musculaire) était significativement plus fréquent avec la trifluopérazine. Pour les personnes atteintes de schizophrénie, il est important de savoir que la trifluopérazine et les antipsychotiques de faible puissance sont à peu près équivalents pour faire face à des symptômes tels qu'entendre des voix ou voir des choses. Ils diffèrent légèrement en termes d'effets secondaires, la trifluopérazine entraînant au moins un trouble du mouvement (raideur musculaire). Cependant, aucune supériorité évidente n'a été observée pour la trifluopérazine par rapport aux antipsychotiques de faible puissance. En raison du nombre limité d'études et de participants et de la faible qualité des informations, ces résultats doivent être interprétés avec prudence.

Ce résumé en langue simplifiée a été rédigé par Benjamin Gray, usager de services et expert auprès des usagers, Rethink Mental Illness.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats ne montrent pas de différence d'efficacité entre la trifluopérazine et les antipsychotiques de faible puissance. La trifluopérazine a occasionné plus de troubles du mouvement. Il existe peu d'études randomisées et leur qualité est faible, la qualité des preuves pour les critères d'intérêt variant de modérée à très faible. Ainsi, davantage d'études plus récentes sont nécessaires pour tirer des conclusions sur les effets relatifs de la trifluopérazine et des antipsychotiques de faible puissance.

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Contexte: 

Les médicaments antipsychotiques sont la base du traitement de la schizophrénie. Même si les recommandations de traitement indiquent qu'il n'y a aucune différence d'efficacité entre tous les composés antipsychotiques, les antipsychotiques de faible puissance sont souvent perçus par les cliniciens comme moins efficaces que les composés de forte puissance, et ils semblent également différer en termes d'effets secondaires.

Objectifs: 

Examiner les effets sur la réponse au traitement de la trifluopérazine et d'antipsychotiques de faible puissance chez les personnes atteintes de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (novembre 2010).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais randomisés comparant la trifluopérazine à des antipsychotiques de première génération de faible puissance chez les personnes souffrant de schizophrénie ou de psychose schizophrénique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données de manière indépendante. Pour les données dichotomiques, nous avons calculé les risques relatifs (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % sur la base de l'intention de traiter (ITT) au moyen d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Cette revue comprend actuellement sept essais randomisés impliquant 422 participants et comparant la trifluopérazine à des antipsychotiques de faible puissance. L'effectif des études incluses était entre 20 et 157 participants, et la durée des études allait de quatre à 52 semaines. Dans l'ensemble, la génération de séquence, les procédures de répartition et la mise en aveugle ont été mal consignées. La trifluopérazine n'était pas significativement différente des antipsychotiques de faible puissance en termes de réponse au traitement (trifluopérazine 26 %, médicament de faible puissance 27 %, 3 ECR, n = 120, RR de 0,96, IC entre 0,59 et 1,56, preuves de qualité modérée). De même, aucune différence significative n'a été constatée dans l'acceptabilité du traitement, avec un nombre équivoque de participants ayant abandonné l'étude précocement pour toutes raisons (trifluopérazine 20 %, antipsychotiques de faible puissance 16 %, 3 ECR, n = 239, RR de 1,25, IC entre 0,72 et 2,17,preuves de faible qualité). Il n'y avait aucune différence significative dans le nombre de participants ayant connu au moins un effet indésirable (trifluopérazine 60 %, antipsychotiques de faible puissance 38 %, 1 ECR, n = 60, RR de 1,60, IC entre 0,94 et 2,74, preuves de qualité modérée). Cependant, au moins un trouble du mouvement était significativement plus fréquent dans le groupe sous trifluopérazine (trifluopérazine 23 %, antipsychotiques de faible puissance 13 %, 2 ECR, n = 123, RR de 2,08 IC entre 0,78 et 5,55, preuves de qualité très faible), tout comme l'incoordination (trifluopérazine 20 %, antipsychotiques de faible puissance 5 %, 1 ECR, n = 60, RR de 7,00, IC entre 1,60 et 30,66) et la rigidité (trifluopérazine 45 %, antipsychotiques de faible puissance 10 %, 1 ECR, n = 60, RR de 4,50, IC entre 1,58 et 12,84). Aucune donnée n'était disponible pour les autres critères d'intérêt de décès, de sédation et de qualité de vie.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.