L'exercice physique pour les personnes ayant un risque cardiovasculaire accru

Les personnes ayant plus d'un facteur de risque cardiovasculaire comme l'hypertension, l'hypercholestérolémie ou le tabagisme sont plus susceptibles de présenter une maladie cardiovasculaire. Bien qu'il soit prouvé que l'exercice physique est efficace dans le contrôle de certains facteurs de risque, la preuve de son effet sur les facteurs de risque additionnés demeure incertaine. Nous avons inclus quatre études comptant 823 participants au total et comparant l'exercice physique chez les personnes à risque accru avec un contrôle ou l'absence de traitement. Le suivi des patients durait entre 16 semaines et 6 mois. Aucune étude n'a évalué la mortalité cardiovasculaire ou de toutes causes ni les événements cardio-vasculaires en tant que critères d'évaluation distincts. Une ou plusieurs des études rendaient compte du risque cardiovasculaire total, de la cholestérolémie LDL et HDL, de la tension artérielle, de l'indice de masse corporelle, de la capacité d'exercice et de la qualité de vie liée à la santé, mais les résultats n'ont pas apporté de preuve concluante des effets de l'exercice physique dans cette population. Les études incluses n'évaluaient pas l'arrêt du tabac ni les effets indésirables de l'intervention d'exercice physique. Nous concluons que les éléments de preuve à ce jour sont entièrement limités à de petites études en termes de taille de l'échantillon, avec un suivi de courte durée et à haut risque de biais méthodologique, de sorte qu'il est difficile de tirer des conclusions sur l'efficacité de l'exercice physique pratiqué dans les essais inclus sur le risque cardio-vasculaire total, la mortalité ou les événements cardiovasculaires, pas plus que sur son innocuité. Il est nécessaire de mener des essais cliniques de bonne qualité pour évaluer l'effet de l'exercice physique sur les personnes ayant un risque cardiovasculaire accru.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves à ce jour sont entièrement limitées à de petites études en termes de taille de l'échantillon, avec un suivi de courte durée et un risque élevé de biais méthodologique, ce qui ne permet pas de tirer des conclusions sur l'efficacité ou l'innocuité de l'exercice aérobie ou contre résistance dans les groupes à risque cardiovasculaire accru ou chez les personnes présentant deux ou plusieurs facteurs de risque concomitants. D'autres essais cliniques randomisés évaluant les programmes d'exercice physique contrôlés sur le risque cardiovasculaire global de ces individus sont nécessaires.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Lorsque deux ou plusieurs facteurs de risque cardio-vasculaire sont présents chez un individu, leurs effets peuvent se renforcer mutuellement et favoriser les maladies cardiovasculaires. Bien qu'il soit prouvé que l'exercice physique est efficace dans le contrôle de certains facteurs de risque, la preuve de son effet sur le risque cardiovasculaire global demeure incertaine.

Objectifs: 

Évaluer les effets de l'exercice physique chez les personnes ayant un risque cardiovasculaire accru mais sans maladie cardiovasculaire actuelle sur la mortalité cardiovasculaire générale, l'incidence des événements cardiovasculaires et le risque cardiovasculaire global.

La stratégie de recherche documentaire: 

Une recherche a été menée dans CENTRAL (La Bibliothèque Cochrane 2013, numéro 10 sur 12), Ovid MEDLINE (de 1946 à la semaine 2 de novembre 2013), EMBASE Classic + EMBASE par Ovid (de 1947 à la semaine 47 de 2013), CINAHL Plus avec texte intégral via EBSCO (jusqu'à novembre 2013), Science Citation Index Expanded (SCI-EXPANDED) (de 1970 au 22 novembre 2013), et l'Indice de citation des actes de conférences en sciences (CPCI-S) (de 1990 au 22 novembre 2013) dans le Web of Science (Thomson Reuters). Nous n'avons appliqué aucune restriction de date ou de langue.

Critères de sélection: 

Essais cliniques randomisés comparant l'entraînement physique par des exercices aérobies ou contre résistance à l'absence d'exercice ou à toute approche standard sans exercice physique. Les participants devaient être âgés de 18 ans ou plus et avoir un score de risque de Framingham moyen à 10 ans de risque de 10 % pour les maladies cardiovasculaires ou deux ou plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire, et sans antécédents de maladie cardiovasculaire.

Recueil et analyse des données: 

La sélection des études et le processus de collecte des données ont été réalisés par deux auteurs indépendants. Les désaccords ont été résolus par la discussion. Les résultats ont été rapportés de façon descriptive. Il n'a pas été possible de procéder à une méta-analyse en raison de la forte hétérogénéité et du risque élevé de biais des études incluses.

Résultats principaux: 

Au total, quatre études ont été incluses, totalisant 823 participants dont 412 dans le groupe d'exercice physique et 411 dans le groupe témoin. Le suivi des participants avait duré entre 16 semaines et 6 mois. Dans l'ensemble, les études incluses présentaient un risque élevé de biais de sélection, de détection et d'attrition. Il n'a pas été possible de réaliser une méta-analyse car les interventions (contexte, type et l'intensité de l'exercice) et les mesures des résultats n'étaient pas comparables et le risque de biais dans les études identifiées était élevé. Aucune étude n'évaluait la mortalité cardiovasculaire ou de toutes causes ni les événements cardio-vasculaires en tant que critères d'évaluation distincts. Une ou plusieurs des études rendaient compte du risque cardiovasculaire total, de la cholestérolémie LDL et HDL, de la tension artérielle, de l'indice de masse corporelle, de la capacité d'exercice et de la qualité de vie liée à la santé, mais les preuves disponibles n'étaient pas suffisantes pour déterminer l'efficacité de l'exercice physique dans cette population. Les événements indésirables et l'arrêt du tabac n'ont pas été évalués dans les études incluses.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.