Est-il possible d'améliorer l'observance des traitements médicamenteux qui aident les fumeurs à arrêter ?

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Les médicaments qui aident les gens à arrêter de fumer comme le traitement nicotinique de substitution (TNS) sont des traitements sûrs et efficaces pour le sevrage tabagique. Cependant, beaucoup de personnes ne prennent pas les médicaments prescrits conformément à l'ordonnance. Dans la présente revue, nous avons cherché à savoir s'il existait des approches efficaces pour augmenter l'observance de ces traitements, ce qui devrait améliorer les chances des fumeurs d'arrêter. De telles approches ou interventions impliquent généralement de fournir des informations supplémentaires sur les médicaments et d'aider les gens à surmonter les problèmes qu'ils éprouvent à suivre la prescription.

Une recherche systématique a permis d'identifier huit études sur des interventions pour améliorer l'observance médicamenteuse, portant sur un total de 3 336 participants. Cinq études ont évalué si les participants parvenaient à un niveau satisfaisant pré-spécifié pour la prise de médicaments, et la combinaison statistique des résultats suggère que les interventions ont conduit à des améliorations modestes. Quatre études ont évalué la quantité de médicaments prise, et ont mis en évidence un petit effet qui peut être dû au hasard. Des preuves indiquent également que les interventions pour augmenter l'observance du traitement médicamenteux ont conduit à des améliorations modestes sur le sevrage tabagique. Les preuves incluses dans cette revue sont considérées comme étant de qualité faible à modérée, ce qui suggère que de plus amples recherches sont nécessaires si nous voulons augmenter notre confiance dans ces résultats.

En résumé, il existe des éléments de preuve indiquant que les interventions qui consacrent une attention particulière à l'amélioration de l'observance du traitement médicamenteux de sevrage tabagique peuvent augmenter l'observance, bien que les données ne soient pas solides mais limitées à la fois en termes de qualité et de quantité. Certaines preuves indiquent aussi que ces approches améliorent les chances d'arrêter de fumer mais, encore une fois, les données sont relativement faibles.

Conclusions des auteurs: 

Il existe des éléments de preuve indiquant que les interventions qui consacrent une attention particulière à l'amélioration de l'observance du traitement médicamenteux de sevrage tabagique, en fournissant des informations et en facilitant la résolution de problèmes, peuvent augmenter l'observance, bien que ces données ne soient pas solides mais limitées à la fois en qualité et en quantité. Certaines preuves indiquent également que de telles interventions améliorent les chances de sevrage mais, là aussi, les données sont relativement faibles.

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Contexte: 

Les traitements pharmacologiques de la dépendance tabagique, comme le traitement nicotinique de substitution (TNS), se sont avérés des interventions sûres et efficaces pour le sevrage tabagique. Des niveaux plus élevés d'observance de ces traitements médicamenteux augmentent la probabilité d'un arrêt du tabac prolongé, mais de nombreux fumeurs les utilisent à une dose plus faible et pendant moins de temps que ce qui serait optimal. Il est donc important de déterminer l'efficacité des interventions conçues spécifiquement pour augmenter l'observance thérapeutique. De telles interventions peuvent inclure l'apport d'informations complémentaires sur l'importance de la prise de médicaments et d'un soutien supplémentaire pour surmonter les problèmes de maintien de l'observance.

Objectifs: 

L'objectif principal de cette revue était d'évaluer l'efficacité des interventions pour augmenter l'observance des traitements médicamenteux de sevrage tabagique, comme le TNS, le bupropion, la nortriptyline et la varénicline (et schémas combinés). Leur efficacité était évaluée par rapport à un groupe témoin, généralement les soins standard. Les objectifs secondaires étaient i) d'évaluer les approches d'intervention les plus efficaces ; ii) de déterminer l'impact des interventions sur les précurseurs potentiels de l'observance, comme la compréhension du traitement et les perceptions sur son efficacité ; et iii) d'évaluer les résultats clés influencés par l'observance préalable, principalement l'arrêt du tabac.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes à l'aide de mots-clés et de vedettes de la nomenclature médicale : registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, dans la Bibliothèque Cochrane), MEDLINE (OVID SP) (de 1946 à la 3ème semaine de juillet 2014), EMBASE (OVID SP) (de 1980 à la semaine 29 de 2014) et PsycINFO (OVID SP) (de 1806 à la 4ème semaine de juillet 2014). Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme le 9 juillet 2014. Des recherches de références ascendantes et descendantes ont été entreprises.

Critères de sélection: 

Études randomisées, randomisées par grappes ou quasi randomisées dans lesquelles les participants utilisant un traitement pharmacologique actif de sevrage tabagique étaient attribués à un bras d'intervention ou témoin. Les participants admissibles étaient des fumeurs adultes (18+). Les interventions admissibles comprenaient toute intervention différente des soins standard et dont le contenu avait clairement pour objectif premier d'augmenter l'observance du traitement médicamenteux de la dépendance tabagique. Les groupes de comparaison acceptables étaient ceux ayant fourni des soins standard, ce qui selon le contexte pouvait comporter un soutien minimal ou un soutien comportemental à divers degrés. Les études incluses devaient utiliser une mesure du comportement d'observance permettant d'évaluer d'une façon ou d'une autre le degré d'observance.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont recherché des études et extrait des données des études incluses de manière indépendante. Le risque de biais a été évalué selon les recommandations du manuel Cochrane. Pour les mesures de résultats continues, nous avons rapporté les quantités d'effet sous forme de différences moyennes standardisées (DMS). Pour les mesures de résultat dichotomiques, nous avons rendu compte de l'ampleur de l'effet sous la forme de risques relatifs (RR). Nous avons calculé les tailles d'effet combinées avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % à l'aide du modèle à effets fixes.

Résultats principaux: 

Notre stratégie de recherche a permis de récupérer 3 165 références uniques parmi lesquelles 31 études étaient potentiellement admissibles pour inclusion. Parmi celles-ci, 23 ont été exclues à l'étape d'évaluation du texte intégral ou ont été identifiées comme des études en attente de classement sous réserve de plus amples informations. Nous avons inclus au final huit études portant sur 3 336 participants randomisés. Les interventions, qui étaient toutes complémentaires à un soutien comportemental standard, consistaient typiquement à fournir de plus amples informations sur les raisons de l'observance thérapeutique et à souligner l'importance de celle-ci, ainsi qu'à soutenir l'élaboration de stratégies pour surmonter les problèmes de maintien de l'observance.

Cinq études signalent si oui ou non les participants sont parvenus à un niveau satisfaisant pré-spécifié d'observance du traitement médicamenteux. Des preuves indiquent que les interventions d'observance ont conduit à des améliorations modestes dans l'observance thérapeutique, avec un risque relatif (RR) de 1,14 (IC à 95 % de 1,02 à 1,28 ; P = 0,02 ; n = 1 630). Quatre études rapportent des mesures continues de l'observance du traitement. Bien que la différence moyenne standardisée (DMS) favorise les interventions d'observance, l'effet est petit et pas statistiquement significatif (DMS 0,07 ; IC à 95 % de -0,03 à 0,17 ; n = 1 529). En appliquant le système GRADE, le niveau de preuve de ces résultats a été évalué, respectivement, comme étant modéré et faible.

Des preuves indiquent que les interventions d'observance ont conduit à des améliorations modestes des taux de sevrage. Le risque relatif pour parvenir au sevrage était similaire à celui pour une meilleure observance. Il n'était pas significatif dans la méta-analyse de quatre études fournissant des données sur le sevrage à court terme : RR = 1,07 (IC à 95 % de 0,95 à 1,21 ; n = 1 755), mais des preuves statistiquement significatives d'un meilleur sevrage à six mois ou plus ont été observées dans un autre ensemble de quatre études : RR = 1,16 (IC à 95 % de 1,01 à 1,34 ; P = 0,03 ; n = 3 049). En appliquant le système GRADE, le niveau de preuve pour ces deux résultats a été évalué comme étant faible.

Les interventions étant de nature semblable et le nombre d'études faible, il n'a pas été possible d'étudier si différents types d'approches d'intervention ont été plus efficaces que d'autres. Outre l'observance ou le sevrage, d'autres critères pertinents n'étaient pas rapportés.

Aucune preuve ne suggère que les interventions visant à augmenter l'observance du traitement médicamenteux aient entraîné des effets indésirables. Toutes les études incluses ont été évaluées comme étant à risque de biais élevé ou imprécis. Celui-ci était souvent dû à un manque de clarté du compte-rendu, qui rendait les évaluations peu claires, plutôt qu'à des preuves nettes de l'échec d'une protection adéquate contre les risques de biais.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.