Traitements par verrou des cathéters contre les infections liées aux cathéters chez des enfants atteints d'un cancer

Les patients en oncologie ont besoin d'un accès veineux fréquent pour leur traitement anticancéreux. Par conséquent, des cathéters plus permanents (cathéters veineux centraux (CVC)) sont souvent insérés. Cependant, ils peuvent s'infecter et lorsque le CVC est envahi par des bactéries, il est difficile d'éradiquer ces micro-organismes. Les solutions de verrou sont des médicaments qui sont placés dans le CVC et y sont laissés pendant une certaine période. Ces verrous ne traitent que le CVC et d'importantes concentrations peuvent être atteintes. Dans cette revue, nous avons étudié l'effet des traitements par verrou sur les infections liées aux CVC. Nous avons identifié trois études : deux examinaient l'effet de traitements par verrou d'urokinase en plus d'antibiotiques et une étude examinait l'effet de verrous d'éthanol en plus d'antibiotiques. Nous n'avons pu détecter aucun effet concernant les verrous d'urokinase ou d'éthanol. Cependant, les groupes étaient de très petite taille. Une étude semblable avec une plus grande population de participants pourrait donner des résultats différents.

Conclusions des auteurs: 

Aucun effet significatif du verrou d'urokinase ou d'éthanol en plus des antibiotiques systémiques n'a été constaté. Cependant, cela pourrait être dû à une faible puissance ou à un suivi trop court. Les études de cohorte n'ont identifié aucun événement indésirable ; certaines études de cohorte ont rapporté un dysfonctionnement des CVC. Aucun ECR ni aucun ECC n'a été publié sur le traitement par verrou d'antibiotiques seul. D'autres ECR bien conçus doivent être réalisés pour explorer davantage l'effet des traitements antibiotiques ou d'autres traitements par verrou contre les infections liées aux CVC chez des enfants atteints d'un cancer.

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Contexte: 

Le risque de développement d'une infection liée au cathéter veineux central (CVC) tunnelisé s'établit entre 0,1 et 2,3 pour 1 000 jours de cathéter pour les enfants atteints d'un cancer. Ces infections sont difficiles à traiter avec des antibiotiques systémiques (taux de sauvetage 24 % - 66 %) en raison de la formation d'un biofilm dans le CVC. Les traitements par verrou peuvent localement atteindre des concentrations 100 - 1 000 fois supérieures sans exposition à de fortes concentrations systémiques.

Objectifs: 

Notre objectif était d'étudier l'efficacité des traitements antibiotiques et autres traitements par verrou contre les infections liées aux CVC chez des enfants atteints d'un cancer comparé à une intervention de contrôle. Nous avons également évalué les événements indésirables des traitements par verrou.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library, numéro 3, 2011), MEDLINE/PubMed (de 1945 à août 2011) et EMBASE/Ovid (de 1980 à août 2011). De plus, nous avons consulté les bibliographies des articles pertinents et les actes de conférence de l'International Society for Paediatric Oncology (SIOP) (de 2006 à 2010), de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) (de 2006 à 2010), de la Multinational Association of Supportive Care in Cancer (MASCC) (de 2006 à 2011), de l'American Society of Hematology (ASH) (de 2006 à 2010) et de l'International Society of Thrombosis and Haematology (ISTH) (de 2006 à 2011). Nous avons passé au crible le registre ISRCTN et le registre National Institute of Health pour trouver des essais en cours (www.controlled-trials.com) (août 2011).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et les essais cliniques contrôlés (ECC) comparant un verrou antibiotique ou un autre traitement par verrou (avec ou sans antibiotiques systémiques concomitants) à une intervention de contrôle (autre traitement par verrou avec ou sans antibiotiques systémiques concomitants ou antibiotiques systémiques seuls) pour le traitement des infections liées aux CVC chez des enfants atteints d'un cancer. Pour la description des événements indésirables, les études de cohorte étaient également éligibles à l'inclusion.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont, de façon indépendante, sélectionné les études, extrait les données et procédé à des évaluations du « risque de biais » des études incluses. Des analyses ont été effectuées conformément aux instructions du guide Cochrane sur les revues systématiques des interventions (Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions).

Résultats principaux: 

Deux ECR évaluaient le traitement par verrou d'urokinase avec antibiotiques systémiques concomitants (n = 56) versus antibiotiques systémiques seuls (n = 48) et un ECC évaluait le traitement par verrou d'éthanol avec antibiotiques systémiques concomitants (n = 15) versus antibiotiques systémiques seuls (n = 13). Aucun ECR ni aucun ECC évaluant les traitements par verrou d'antibiotiques n'a été identifié. Toutes les études présentaient des limites méthodologiques et on a constaté une hétérogénéité clinique entre les études. Nous n'avons trouvé aucune preuve d'une différence significative entre les traitements par verrou d'éthanol ou d'urokinase avec antibiotiques systémiques concomitants et les antibiotiques systémiques seuls concernant le nombre de participants soignés, le nombre d'infections récurrentes liées aux CVC, le nombre de jours jusqu'à la première hémoculture négative, le nombre de CVC retirés prématurément, l'admission en USI et le sepsis. Toutes les études n'ont pas été incluses dans toutes les analyses. Aucun événement indésirable n'est survenu dans les cinq publications d'études de cohorte (une cohorte a été incluse dans deux publications) évaluant ce critère de jugement ; un dysfonctionnement d'un CVC est survenu dans trois publications d'études de cohorte sur cinq évaluant ce critère de jugement.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.