Prise en charge de la douleur dans la polyarthrite rhumatoïde avec comorbidité cardio-vasculaire ou rénale

Ce résumé de revue Cochrane présente ce que nous savons de la recherche sur la sécurité d'utilisation de médicaments antidouleur chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde souffrant aussi d'une maladie cardiaque ou rénale, ou des deux.

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde et qu'entend-on par gestion de la douleur?

Lorsque vous souffrez de polyarthrite rhumatoïde, votre système immunitaire, qui combat normalement les infections, enflamme la muqueuse de vos articulations, les rendant douloureuses, raides et gonflées. Les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ont souvent besoin d'utiliser des analgésiques et des anti-inflammatoires tels que le paracétamol ou l'ibuprofène pour calmer cette douleur et cette inflammation.

La douleur peut être gérée avec plusieurs médicaments, dont les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) (par ex. ibuprofène, diclofénac et les COX-2 (comme le célécoxib)), les opiacés et les opioïdes (par ex. tramadol, morphine et autres), le paracétamol (aussi connu sous le nom d'acétaminophène) et les neuromodulateurs (y compris les antidépresseurs, les anticonvulsivants et les myorelaxants)..

La revue montre que chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde et de problèmes cardiaques ou rénaux :

Nous n'avons pas d'informations précises sur les effets secondaires et les complications, car nous n'avons trouvé aucune étude qui ait examiné les effets secondaires des médicaments antidouleur chez ces personnes. Il y a des effets secondaires bien documentés concernant de nombreux médicaments antidouleur couramment utilisés, comme les problèmes stomacaux, rénaux et cardiaques associés à l'utilisation des AINS, et les problèmes gastro-intestinaux associés à l'utilisation des opioïdes.

Conclusions des auteurs: 

Aucune étude ne comparait spécifiquement l'efficacité et l'innocuité des traitements antalgiques pharmacologiques chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, avec et sans comorbidité cardiovasculaire ou rénale. .

En l'absence de preuves spécifiques concernant la polyarthrite rhumatoïde, les recommandations actuelles préconisent la prudence dans l'utilisation des AINS chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde en général et soulignent la nécessité d'une vigilance accrue chez les patients souffrant d'une maladie cardiovasculaire ou risquant d'en développer une. Les recommandations actuelles concernant l'utilisation des AINS et des opioïdes en cas d'insuffisance rénale modérée à sévère, devraient également être appliquées aux personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour guider les cliniciens dans le traitement des douleurs de la polyarthrite rhumatoïde.

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Contexte: 

Dans la polyarthrite rhumatoïde la douleur est fréquente, souvent multi-factorielle, et de nombreux agents pharmacothérapeutiques différents sont couramment utilisés pour prendre en charge cette douleur. On craint que certains traitements antalgiques pharmacologiques actuellement utilisés puissent augmenter le risque d'événements indésirables chez les personnes souffrant à la fois de polyarthrite rhumatoïde et d'une maladie cardiovasculaire ou rénale.

Objectifs: 

Évaluer et colliger systématiquement les données scientifiques sur l'efficacité et l'innocuité de l'utilisation de traitements antalgiques pharmacologiques chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde avec comorbidité cardiovasculaire ou rénale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, The Cochrane Library 2010, numéro 4);MEDLINE, à partir de 1950 ; EMBASE, à partir de 1980 ; la Cochrane Database of Systematic Reviews (CDSR) et la Database of Abstracts of Reviews of Effects (DARE). Nous avons également recherché manuellement dans les publications du congrès de l'American College of Rheumatology (ACR) et de la Ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR) pour 2008-09, et consulté les sites internet des organismes de réglementation concernant les événements indésirables signalés, les indications et les mises en garde.

Critères de sélection: 

Nous avons considéré les essais contrôlés randomisés et les études non randomisées comparant l'efficacité et l'innocuité des traitements antalgiques pharmacologiques chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, avec et sans comorbidité cardiovasculaire ou rénale.

De plus, nous avons également considéré les études contrôlées avant-après, les séries chronologiques, les études de cohorte et les études cas-témoins ainsi que les séries de cas (N>20) pour évaluer l'innocuité.

Aux fins de cette revue, nous avons défini les traitements antalgiques pharmacologiques comme comprenant les analgésiques simples (comme le paracétamol), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les opiacés et les opioïdes (comme le tramadol) et les neuromodulateurs (y compris les antidépresseurs, les anticonvulsivants et les myorelaxants).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué les résultats de la recherche et devaient extraire les données et évaluer le risque de biais des études incluses.

Résultats principaux: 

Nous n'avons identifié aucune étude répondant à nos critères d'inclusion. Beaucoup d'essais portant sur des AINS excluaient explicitement les patients présentant une comorbidité cardiovasculaire ou rénale.

Nous avons identifié un essai qui rapportait des données sur des populations mixtes (comprenant à la fois polyarthrite rhumatoïde et arthrose) prenant soit du diclofénac soit de l'étoricoxib. Dans cette étude, la présence d'une maladie cardiovasculaire augmentait d'un facteur trois la probabilité d'un nouvel accident cardio-vasculaire. Les patients avec au moins deux comorbidités cardiovasculaires présentaient une probabilité deux fois plus élevée d'accident cardiovasculaire.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.