L'entretien motivationnel est une psychothérapie brève qui peut aider les personnes à réduire leur consommation de drogues et d'alcool

Plus de 76 millions de personnes dans le monde ont des problèmes d'alcoolisme, et environ 15 millions ont des problèmes de toxicomanie. L'entretien motivationnel (EM) est une psychothérapie qui a pour but d'aider les personnes à réduire ou arrêter leur consommation de drogues et d'alcool. Le toxicomane et le conseiller se rencontrent habituellement entre une et quatre fois pendant environ une heure chaque fois. Le conseiller affirme qu'il ou elle comprend comment les clients se sentent par rapport à leur problème et apporte son soutien aux clients dans leurs prises de décisions personnelles. Il ou elle ne tente pas de convaincre le client de changer quoi que ce soit dans son mode de vie, mais discute avec le client des conséquences possibles du changement ou du maintien de son mode de vie. Enfin, ils discutent des objectifs du client et de leur positionnement par rapport à ces objectifs. Nous avons recherché des études qui avaient inclus des personnes ayant des problèmes d'alcoolisme ou de toxicomanie et qui les avaient réparties au hasard dans un groupe d'entretien motivationnel (EM) ou un groupe témoin qui soit ne recevait aucun traitement soit recevait un autre traitement. Nous avons inclus uniquement les études qui avaient vérifié les enregistrements vidéo ou sonores des thérapies afin d'être certains que ce qui a été dispensé était réellement un EM. Les résultats présentés dans cette revue s'appuient sur 59 études. Les résultats montrent que les personnes qui ont bénéficié d'un EM ont plus réduit leur consommation de drogue ou d'alcool que les personnes qui n'ont bénéficié d'aucun traitement. Toutefois, il semble que d'autres traitements actifs, des traitements habituels soumis à une évaluation et recevant un feedback, peuvent s'avérer aussi efficaces qu'un entretien motivationnel. Les données étaient insuffisantes pour tirer des conclusions sur les effets de l'EM sur le maintien en traitement, la disposition à changer ou les condamnations répétées. La qualité de la recherche nous force à être prudents quant à nos conclusions, car de nouvelles recherches peuvent les modifier.

Conclusions des auteurs: 

L'EM peut réduire l'importance de la consommation excessive de drogue ou d’alcool comparé à l'absence d'intervention. Les preuves sont pour la plupart de faible qualité, il est donc très probable que d'autres recherches aient un impact important sur notre confiance dans les estimations de l'effet et qu'elles modifient les estimations.

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Contexte: 

On compte 76,3 millions de personnes ayant des troubles de consommation d'alcool dans le monde et 15,3 millions ayant des troubles de consommation de drogues. L'entretien motivationnel (EM) est une méthode semi-directive centrée sur le client permettant d'amplifier sa motivation intrinsèque à changer en explorant les ambivalences et en les résolvant. L'intervention est très utilisée, et il est par conséquent important de déterminer si elle apporte une aide, constitue un danger ou est inefficace.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de l'entretien motivationnel pour la consommation excessive de drogue ou d’alcool sur la consommation de drogues, le maintien du traitement, la disposition à changer et le nombre de condamnations répétées.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans 18 bases de données électroniques, 5 sites Internet, 4 listes de diffusion et dans les listes bibliographiques des études et revues incluses. Les dates de recherche étaient le 30 novembre 2010 pour la Cochrane Library, Medline, Embase et PsychINFO.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés portant sur des personnes dépendantes ou présentant une consommation excessive de drogue ou d'alcool. Les interventions étaient un EM ou une thérapie de renforcement de la motivation. Les critères de jugement étaient l'importance de la consommation excessive de drogue ou d’alcool, le maintien du traitement, la motivation à changer, les condamnations répétées.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de la revue ont évalué les études à inclure de manière indépendante et deux auteurs de la revue ont extrait les données. Les résultats ont été classés par catégorie dans (1) le groupe EM versus témoin sans traitement, (2) le groupe EM versus traitement comme d'habitude, (3) le groupe EM versus évaluation et feedback et (4) le groupe EM versus autre traitement actif. Dans chaque catégorie, nous avons calculé les méta-analyses séparément pour les suivis post-intervention, à court, moyen et long termes.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 59 études totalisant 13 342 participants. Comparé au témoin sans traitement, l'EM a montré un effet significatif sur la consommation de drogue ou d'alcool qui était le plus fort pendant le suivi post-intervention DMS (Différence Moyenne Standardisée) 0,79, (IC à 95 % 0,48 à 1,09) et plus faible pendant le suivi à court terme DMS 0,17 (IC à 95 % 0,09 à 0,26) ainsi que pendant le suivi à moyen terme DMS 0,15 (IC à 95 % 0,04 à 0,25). Pour le suivi à long terme, l'effet n'était pas significatif DMS 0,06 (IC à 95 % -0,16 à 0,28). Nous n'avons trouvé aucune différence significative entre le groupe EM et le groupe recevant le traitement comme d'habitude ni pour le suivi post-intervention, ni pour le suivi à court et moyen termes. Le groupe EM a mieux réussi que le groupe ayant une évaluation et un feedback pour le suivi à moyen terme DMS 0,38 (IC à 95 % 0,10 à 0,66). Pour le suivi à court terme, il n'y a eu aucun effet significatif. Pour une autre intervention active, il n'y a eu aucun effet significatif pour aucun des suivis.

Les données étaient insuffisantes pour tirer des conclusions sur les effets de l'EM sur les critères de jugement secondaires.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.