Intensité de l’exercice des membres inférieurs chez les personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Les programmes supervisés d’entraînement physique des membres inférieurs pour les personnes souffrant de BPCO impliquent la pratique de vélo stationnaire ou la marche sur tapis roulant ou au sol. L’intensité d’exercice est considérée comme un composant clé pour améliorer la capacité de l’exercice. Etant donné que nous voulions découvrir si un entraînement plus ou moins intense est meilleur pour améliorer la capacité d’exercice, les symptômes et la qualité de vie, nous avons examiné les essais avec des niveaux d'intensité d'entraînement plus élevés ou plus faibles chez les personnes atteintes de BPCO.

L’exercice physique peut être prescrit par intermittence ou en continu. L’exercice intermittent est composé de courtes périodes (une à trois minutes) d’exercice à une intensité élevée alternées avec des courtes périodes de récupération alors que l’exercice continu va jusqu’à la fin de l’exercice d’endurance sans pause. Nous avons comparé l’entraînement intermittent et l’entraînement continu afin de déterminer si un type d’entraînement était supérieur à l’autre en termes d'améliorations de la capacité d'exercice, des symptômes et de la qualité de vie.

Conclusions

Nous avons découvert trois études qui comparaient l’entraînement à intensité plus élevée et plus faible. En raison du petit nombre d’études et de participants, les données sont limitées pour évaluer les effets des différents niveaux d’intensité d’entraînement sur la capacité d’exercice, l’essoufflement et la qualité de vie. Nous avons également trouvé huit études qui comparaient l’exercice continu et l’exercice intermittent. Il n’y a aucune différence significative entre les deux en termes d’améliorations de la capacité d’exercice, l’essoufflement et la qualité de vie.

Conclusions des auteurs: 

Les comparaisons entre l’intensité d’entraînement plus élevée et plus faible étaient limitées en raison du petit nombre d’études incluses et de participants. Par conséquent, les données sont insuffisantes pour établir des conclusions sur la capacité d’exercice, les symptômes et la QVLS pour cette comparaison. Pour les comparaisons entre l'entraînement continu et intermittent, les deux semblent tout aussi efficaces pour améliorer la capacité d'exercice, les symptômes et la QVLS.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

L’intensité de l’exercice est considérée comme un facteur essentiel à la réponse à l’exercice ; toutefois, aucune étude systématique n’a établi les effets des différents niveaux d’intensité sur la capacité d’entraînement, la capacité de l’exercice fonctionnel et la qualité de vie liée à la santé (QVLS) chez les personnes souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Etant donné que le type d’entraînement (continu ou intermittent) peut également affecter la réponse à l’exercice, les effets du type d’exercice dans la BPCO doivent également être étudiés.

Objectifs: 

Déterminer les effets de l’intensité de l’exercice (plus élevée vs plus faible) ou du type d’exercice (continu vs intermittent) sur les résultats principaux en termes de capacité d'entraînement et sur les résultats secondaires en termes de symptômes et de QVLS pour les personnes atteintes de BPCO.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons cherché des études dans toutes les langues dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les voies respiratoires, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, CINAHL, AMED, PsycINFO et PubMed. Les études courraient jusqu’en juin 2011.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais cliniques randomisés comparant une intensité d’entraînement plus élevée à une intensité d’entraînement plus faible ou un exercice continu à un exercice intermittent chez les personnes souffrant de BPCO. Nous avons exclu les études qui comparaient entraînement à absence d’entraînement.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons réuni les groupes d’études comparables et calculé l’effet du traitement et les intervalles de confiance (IC) à 95% à l’aide d’un modèle à effets aléatoires. Nous avons effectué deux comparaisons des effets séparées entre : 1) intensité d’entraînement plus élevée et plus faible ; 2) exercice continu et intermittent. Nous avons contacté les auteurs pour obtenir les données manquantes.

Résultats principaux: 

Nous avons analysé trois études incluses (231 participants) pour comparer l’entraînement à intensité plus élevée et à intensité plus faible et huit études incluses (367 participants) pour comparer l’exercice continu et l’exercice intermittent. Les résultats principaux étaient des résultats au pic de l’exercice (cadence maximale, consommation d’oxygène maximale, ventilation minute et seuil lactique maximum), à iso-travail ou iso-temps, en temps d’endurance sur un test à cadence constante et en termes de capacité d'entraînement fonctionnel (distance de marche de six minutes). Lorsque l’on compare l’entraînement à une intensité plus élevée par rapport à une intensité plus faible, les principaux résultats réunis étaient le temps d’endurance et la distance de marche de six minutes. On n’a constaté aucune différence significative dans l’amélioration du temps d’endurance (différence moyenne (DM) 1,07 minutes ; IC à 95 % - 1,53 à 3,67) et de la distance de marche de six minutes (DM 2,8 mètre ; IC à 95 % - 10,1 à 15,6) après un entraînement à intensité plus élevée ou plus faible. Pour autant, l’hétérogénéité des résultats du temps d’endurance entre les études était significative. Lorsque l’on compare l’entraînement continu et l’entraînement intermittent, il n’y avait aucune différence significative dans les résultats principaux, à l’exception de la consommation d’oxygène à iso-temps (DM 0 ,08 ; IC à 95% 0,01 à 0,16) mais l’effet du traitement n’était pas considéré comme étant cliniquement important. Selon le système GRADE, la qualité des études oscillait entre faible et modérée.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.