Traitements de maintien pour les adolescents présentant une dépendance aux opiacés

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Il est difficile de tirer des conclusions sur l'utilisation des interventions pharmacologiques de maintien simplement à partir de deux essais. L'abus de substances est un problème sérieux et croissant chez les adolescents (de 13 à 18 ans). Les drogues les plus fréquemment consommées par les jeunes du monde entier sont le cannabis et les inhalants. Les psychostimulants (ecstasy et amphétamines), la cocaïne, le LSD, l'héroïne et les autres opiacés sont également consommés. Bien des adolescents qui consomment de l'héroïne ont commencé par la renifler puis sont passés à l'injection. L'héroïne est consommée sporadiquement par la majorité de ses utilisateurs, mais elle peut devenir un trouble addictif. Chez les adultes, la pharmacothérapie est un élément nécessaire et acceptable du traitement efficace contre la dépendance aux opiacés. Chez les adolescents, les traitements médicamenteux sont rarement utilisés et il faut choisir entre un traitement de désintoxication et un traitement de maintien.
Les auteurs de la revue ont effectué des recherches dans la littérature et ont identifié deux essais contrôlés réalisés aux États-Unis portant sur 187 héroïnomanes âgés de 14 à 21 ans. Les participants recevaient un traitement en tant que patients non hospitalisés. Une étude portant sur 37 participants comparait la méthadone au LAAM en tant que traitement de maintien. Après 16 semaines de traitement de maintien, les adolescents étaient désintoxiqués. Les deux traitements de maintien induisaient des améliorations similaires du fonctionnement social. Aucun effet secondaire n'a été signalé.
Le deuxième essai portant sur 150 adolescents comparait la buprénorphine et la naloxone en tant que traitement de maintien au traitement de désintoxication à la buprénorphine en 14 jours. Le traitement de maintien pendant neuf semaines suivi de doses réduites jusqu'à 12 semaines semblait plus efficace pour maintenir les patients dans leur traitement, mais pas pour réduire leur consommation de stupéfiants. Après un an de suivi, la consommation auto-déclarée d'opiacés était nettement inférieure dans le groupe recevant le traitement de maintien et davantage d'adolescents étaient recrutés dans les autres programmes de traitement de la toxicomanie. Dans les deux groupes, l'effet secondaire le plus fréquent était les maux de tête. Aucun participant ne s'est retiré de l'étude en raison des effets secondaires.
La réalisation d'essais portant sur des jeunes peut être délicate, aussi bien pour des raisons pratiques qu'éthiques.

Conclusions des auteurs: 

Il est difficile de tirer des conclusions simplement sur la base de deux essais. La pénurie de données pourrait notamment s'expliquer par la difficulté de réaliser des essais portant sur des jeunes, tant pour des raisons pratiques qu'éthiques.

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Contexte: 

La littérature scientifique examinant les traitements efficaces pour les adultes présentant une dépendance aux opiacés indique clairement que la pharmacothérapie est un élément nécessaire et acceptable des traitements efficaces contre la dépendance aux opiacés. Néanmoins, aucune étude évaluant de manière systématique l'efficacité du traitement de maintien pharmacologique chez les adolescents n'a été publiée.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de tout traitement de maintien seul ou associé à une intervention psychosociale par comparaison avec l'absence d'intervention, avec une autre intervention pharmacologique ou avec des interventions psychosociales sur le maintien des adolescents dans leur traitement, la réduction de la consommation de substances et l'amélioration de l'état de santé et du statut social

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur les drogues et l’alcool (août 2008), dans MEDLINE (de janvier 1966 à août 2008), EMBASE (de janvier 1980 à août 2008), CINHAL (de janvier 1982 à août 2008) et les listes de référence des articles

Critères de sélection: 

Essais cliniques randomisés et contrôlés comparant toute intervention pharmacologique de maintien seule ou associée à une intervention psychosociale avec l'absence d'intervention, un placebo ou une autre intervention pharmacologique comprenant une désintoxication pharmacologique ou une intervention psychosociale chez les adolescents (de 13 à 18 ans)

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données de façon indépendante

Résultats principaux: 

Deux essais portant sur 187 participants ont été inclus. Une étude comparait la méthadone au LAAM pour un traitement de maintien durant 16 semaines à la suite duquel les patients étaient désintoxiqués, l'autre comparait un traitement de maintien à la buprénorphine-naloxone à un traitement de désintoxication à la buprénorphine. Aucune méta-analyse n'a été effectuée car les deux études évaluaient différentes comparaisons. Le traitement de maintien semble plus efficace pour maintenir les patients dans leur traitement, mais pas pour réduire le nombre de patients dont le test de dépistage urinaire est positif à la fin de l'étude. La consommation auto-déclarée d'opiacés après 1 an de suivi était significativement inférieure dans le groupe recevant le traitement de maintien, même si les deux groupes présentaient une consommation élevée d'opiacés, et dans le groupe recevant le traitement de maintien, davantage de patients étaient recrutés dans un autre traitement contre la toxicomanie après 12 mois de suivi.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.