L'anesthésie locale et régionale prévient la douleur chronique après une intervention chirurgicale.

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La douleur chronique qui persiste longtemps après une intervention chirurgicale est fréquente. Environ 10 % des mères se plaignent de douleurs chroniques après une césarienne. Après une opération du poumon, jusqu'à la moitié des personnes peuvent continuer à éprouver une douleur chronique plus de six mois après l'intervention chirurgicale. Les anesthésiques locaux (médicament anesthésiant) injectés près des nerfs peu de temps avant le moment de l'intervention chirurgicale peuvent réduire le risque de développer une douleur chronique. C'est ce que l'on appelle une anesthésie locale ou régionale.

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données (CENTRAL, PubMed, EMBASE et CINAHL) jusqu'au mois d'avril 2012. Nous avons trouvé 23 essais contrôlés randomisés comparant l'utilisation de l'anesthésie locale ou régionale après diverses interventions chirurgicales avec des schémas de lutte contre la douleur classiques. Ces derniers utilisaient des opiacés (comme la morphine) ou des analgésiques non opioïdes (comme le paracétamol (l'acétaminophène) ou l'ibuprofène). Nous avons présenté les données provenant d'un total de 1 090 personnes avec des résultats à cinq à six mois et 441 personnes avec des résultats à 12 mois. Nous avons regroupé les données de 250 personnes après une thoracotomie (chirurgie du poumon) et les données de 89 personnes après une chirurgie du cancer du sein, avec des résultats à six mois.

Les résultats regroupés montrent que l'utilisation d'une anesthésie péridurale après la thoracotomie et d'un bloc paravertébral après la chirurgie du cancer du sein peut réduire le risque de douleur chronique six mois après l'intervention chirurgicale chez environ une personne sur quatre à cinq personnes traitées. Les études incluses n'étaient cependant pas considérées comme étant de grande qualité et incluaient seulement quelques personnes. Nous avons besoin de plus d'essais cliniques pour confirmer cet effet et pour tester l'anesthésie régionale pour la douleur chronique après d'autres interventions chirurgicales.

Conclusions des auteurs: 

L'anesthésie péridurale peut réduire le risque de développer une douleur chronique après une thoracotomie chez environ un patient sur quatre patients traités. Le bloc paravertébral peut réduire le risque de douleur chronique après une chirurgie du cancer du sein chez environ une femme sur cinq traitées. Nos conclusions sont considérablement affaiblies par le biais de performance, les insuffisances en ce qui concerne l'assignation secrète, l'attrition considérable et les données de résultats incomplètes. Nous avertissons nos lecteurs que notre synthèse des éléments de preuve est basée uniquement sur quelques petites études. Un plus grand nombre d’études de haute qualité méthodologique, traitant de divers types de chirurgie et de différents groupes d'âge, y compris les enfants, sont nécessaires.

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Contexte: 

L'anesthésie régionale peut réduire le taux de douleur persistante (chronique) après une intervention chirurgicale, une affection fréquente et invalidante.

Objectifs: 

Comparer les anesthésiques locaux et l'anesthésie régionale à l'analgésie classique pour la prévention de la douleur persistante 6 ou 12 mois après une intervention chirurgicale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2012, numéro 4), PubMed (de 1966 à avril 2012), EMBASE (de 1966 à mai 2012) et CINAHL (de 1966 à mai 2012) sans aucune restriction de langue. Nous avons utilisé une combinaison de recherches à l'aide de texte libre et de vocabulaire normalisé. Les résultats ont été limités aux essais cliniques contrôlés randomisés (ECR). Nous avons mené une recherche manuelle dans les bibliographies des essais inclus, des articles de revue et des actes de conférences.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les ECR comparant les anesthésiques locaux ou l'anesthésie régionale à l'analgésie classique avec une évaluation de la douleur 6 ou 12 mois après l'intervention chirurgicale.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué, de façon indépendante, la qualité des essais et extrait les données, y compris les informations sur les événements indésirables. Nous avons contacté les auteurs des études afin d'obtenir des informations complémentaires. Les résultats sont présentés sous la forme de rapports des cotes (RC) avec intervalles de confiance (IC) de 95 %, basés sur des modèles à effets aléatoires (la méthode de variance inverse). Nous avons regroupé les études selon les interventions chirurgicales. Nous avons employé le test du Chi2 et calculé Ia statistique I2 pour étudier l'hétérogénéité des études.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 23 ECR étudiant les anesthésiques locaux ou l'anesthésie régionale pour la prévention de la douleur persistante (chronique) après une intervention chirurgicale. Les données provenant d'un total de 1 090 patients avec des résultats à six mois et de 441 patients avec des résultats à 12 mois ont été présentées. Aucune étude ne comprenait des enfants. Nous avons regroupé les données de 250 participants après une thoracotomie, avec des résultats à six mois. Les données étaient en faveur de l'anesthésie régionale pour la prévention de la douleur chronique six mois après une thoracotomie avec un RC de 0,33 (IC à 95 % 0,20 à 0,56). Nous avons regroupé deux études sur le bloc paravertébral pour la chirurgie du cancer du sein ; les données combinées de 89 participantes avec des résultats à cinq à six mois étaient en faveur du bloc paravertébral avec un RC de 0,37 (IC à 95 % 0,14 à 0,94). La qualité méthodologique des études incluses était moyenne. Les effets indésirables n'ont pas été étudiés systématiquement et étaient peu signalés. L'hétérogénéité clinique, l'attrition et les rares données de résultats ont entravé l'évaluation des effets, surtout à 12 mois.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.