Chimiothérapie à haute dose chez des enfants et des jeunes adultes atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique

Le rhabdomyosarcome est le sarcome des tissus mous le plus couramment rencontré chez l'enfant. Quinze pourcent des patients atteints d'un rhabdomyosarcome présentent déjà des métastases au moment du diagnostic de la maladie. Avec une chimiothérapie à dose conventionnelle, le taux de survie est généralement faible. Par conséquent, le recours à une chimiothérapie à « haute dose » a été étudié afin de voir si elle permet d'améliorer la survie. Il a été montré que ce type de chimiothérapie améliore la survie dans le neuroblastome métastatique, un autre type de cancer de l'enfant, lorsqu'elle est administrée après une chimiothérapie conventionnelle avec des neuroblastomes résiduels présents en très faible quantité. Cela peut également être le cas pour le rhabdomyosarcome métastatique. La chimiothérapie à haute dose peut être utilisée de façon alternative, à savoir dès le début du traitement ; ainsi, elle pourrait éventuellement tuer des cellules tumorales avant qu'une résistance à la chimiothérapie se développe.

Outre la création d'éventuels effets bénéfiques pour les patients, la chimiothérapie à haute dose présente d'autres risques significatifs d'effets secondaires en plus de ceux liés à la chimiothérapie conventionnelle, notamment : une mucosite (grave inflammation de la bouche et des intestins) et une aplasie de la moelle osseuse (lorsque le corps ne peut pas fabriquer d'éléments sanguins et qu'il est exposé à des risques d'hémorragie et d'infection potentiellement mortels). L'administration de cellules pouvant restaurer la moelle osseuse (cellules souches hématopoïétiques) réduit ces risques. Ces cellules souches proviennent du patient même (autologue) ou de donneurs volontaires (allogénique). Lors des premières semaines suivant la chimiothérapie à haute dose, des infections, des hémorragies et des problèmes métaboliques peuvent apparaître et éventuellement neutraliser les effets bénéfiques potentiels d'un contrôle amélioré de la tumeur. Dans la présente revue, les auteurs ont analysé toutes les études pertinentes concernant l'utilisation d'une chimiothérapie à haute dose chez des patients atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique. Ces auteurs n'ont trouvé aucune preuve recommandant l'utilisation d'une chimiothérapie à haute dose comme traitement standard d'un rhabdomyosarcome métastatique.

Conclusions des auteurs: 

Dans l'ensemble, les résultats de cette revue ne justifient pas l'utilisation de la CHD avec SCS comme traitement standard pour les enfants atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique. Toutefois, toutes les études signalées pouvaient être sujettes à un biais significatif, surtout le biais de sélection. L'effet mesuré de la CHD pourrait donc avoir été sous-estimé. Par conséquent, un surplus cliniquement important de patients présentant des risques indésirables dans le bras de la CHD peut expliquer l'effet non bénéfique de la CHD. Un seul ECR prospectif de grande taille pourra répondre à la question qui consiste à déterminer si la CHD avec SCS améliore définitivement ou pas la survie.

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Contexte: 

Le rhabdomyosarcome est le sarcome des tissus mous le plus couramment rencontré chez l'enfant. Le pronostic des patients atteints d'une maladie métastatique ne s'est pas amélioré de façon significative au cours des dernières décennies. La chimiothérapie à haute dose (CHD) semble être une option intéressante pour le traitement d'une maladie résiduelle minime chez des patients atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique.

Objectifs: 

L'objectif de la revue était d'évaluer l'efficacité de la CHD avec sauvetage de cellules souches (SCS) par rapport à une chimiothérapie à dose standard dans l'amélioration de la survie sans événement (SSE) et de la survie globale (SG) d'enfants et de jeunes adultes atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données de MEDLINE (de 1966 à décembre 2009), EMBASE (de 1980 à décembre 2009) et CENTRAL (The Cochrane Library numéro 1, 2009). Nous avons également effectué des recherches manuelles dans les listes bibliographiques des articles sélectionnés et les actes de conférence dans les réunions de la SIOP, l'ASPHO et l'ASCO (de 2000 à 2009).

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés (ECR), des essais cliniques contrôlés prospectifs ou historiques (ECC), dans lesquels une CHD avec SCS a été comparée à une chimiothérapie conventionnelle et des séries de cas prospectifs (essais cliniques non contrôlés) incluant au moins 20 patients naïfs atteints d'un rhabdomyosarcome métastatique.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les études, évalué leur qualité méthodologique et extrait des données.

Résultats principaux: 

Aucun ECR n'a pu être identifié. Nous avons identifié un ECC prospectif, un ECC rétrospectif et un essai clinique non contrôlé. Un autre ECC a été publié sous forme de résumé. Toutes les études présentent des limitations méthodologiques graves, plus particulièrement au niveau du biais de sélection qui n'a pas pu être exclu. Un ECC a signalé une aggravation significative de la SG par rapport à un traitement d'entretien oral. Toutefois, dans un sous-groupe de patients à haut risque, aucune différence n'a été trouvée. L'ECC rétrospectif a signalé une survie similaire pour une CHD par rapport à une chimiothérapie conventionnelle. L'essai clinique non contrôlé et l'ECC rapporté sous la forme d'un acte de conférence ont signalé des résultats de survie comparables aux études précédentes. Les données relatives à la toxicité ont montré plus de toxicité de niveau 3-4 dans le groupe de la CHD. Toutefois, il n'y avait aucune différence dans le nombre de décès toxiques.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.