Guidage échographique pour bloc nerveux périphérique

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Les blocs nerveux permettent d'insensibiliser la totalité ou une partie des bras ou des jambes (bloc périphérique) pour une intervention chirurgicale ou d'apporter un bon soulagement de la douleur après l'opération, ou les deux. Par exemple, les blocs nerveux peuvent être utilisés comme seul anesthésique pour les opérations impliquant les bras ou les jambes ou être utilisés en association avec d'autres techniques d'anesthésie pour des opérations majeures telles que les arthroplasties. Les complications graves des blocs nerveux sont rares, quoique cela puisse arriver à l'occasion. Grâce à l'échographie, les anesthésistes peuvent « voir » les structures vitales sous la peau, ce qui devrait leur permettre de positionner avec précision le point d'injection de l'anesthésique local et d'éviter d'endommager d'autres tissus ou organes.

Les auteurs de la revue ont recherché, dans la littérature médicale, les essais cliniques contrôlés comparant l'échographie à une autre technique de repérage des nerfs chez les patients adultes. Ils ont trouvé 18 études incluant un total de 1 344 patients. La plupart des études comparaient l'échographie à des neurostimulateurs électriques. La plupart des études étaient de qualité moyenne. Comme les méthodes utilisées dans les études incluses étaient très variées, les auteurs de la revue n'ont pas été en mesure de regrouper les résultats à l'aide de tests statistiques. Les conclusions de la revue reposent sur l'interprétation des études individuelles.

L'utilisation de l'échographie ne semble pas entraîner une différence significative quant à la réussite éventuelle d'un bloc nerveux. L'utilisation de l'échographie a entraîné une réduction des ecchymoses. L'échographie peut réduire le temps nécessaire à la réalisation du bloc et se traduire également par un délai d'action plus rapide. Deux études ont montré que l'échographie a permis de réduire la quantité d'anesthésique local. Aucune différence n'a été observée quant à la durée d'action du bloc nerveux. Aucune complication grave n'a été rapportée dans aucune des études et il n'y avait aucune preuve d'effets indésirables liés à l'échographie proprement dite.

Conclusions des auteurs: 

Dans des mains expérimentées, l'échographie permet d'obtenir des taux de succès au moins aussi bons que d'autres méthodes de repérage des nerfs périphériques. Les études individuelles ont démontré que l'échographie est susceptible de réduire les taux de complications et d'améliorer la qualité, la durée de réalisation et le délai d'installation des blocs. Compte tenu des grandes variations dans les critères de jugement des études, nous avons choisi de ne pas combiner les études dans notre analyse.

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Contexte: 

Les blocs nerveux périphériques peuvent être réalisés sous guidage échographique. Il n'a pas encore été clairement établi si cette méthode de repérage des nerfs présente des avantages comparativement aux autres méthodes existantes.

Objectifs: 

Evaluer si l'utilisation du guidage échographique dans la réalisation d'un bloc nerveux périphérique présente des avantages par rapport à d'autres méthodes de repérage des nerfs périphériques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données ci-après pour trouver des essais publiés pertinents : registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2008, Numéro 3) ; MEDLINE (de 1966 à juillet 2008) ; EMBASE (de 1974 à juillet 2008) ; ISI Web of Science (1945 à 2008) ; CINAHL (de 1982 à juillet 2008) et LILACS (de 1980 à juillet 2008). Nous avons également effectué des recherches manuelles dans les cahiers spéciaux.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant la réalisation d'un bloc nerveux périphérique sous guidage échographique avec au moins une autre méthode de repérage des nerfs.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données, de manière indépendante. Nous avons essayé de contacter les auteurs des études pour obtenir des informations supplémentaires, si nécessaire.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 18 essais contenant des données provenant de 1 344 patients. Dix essais évaluaient les blocs des membres supérieurs et huit évaluaient les blocs des membres inférieurs. La plupart comparait l'échographie à la stimulation de nerfs périphériques. Tous les essais ont été évalués comme présentant un risque de biais modéré dû au fait qu'il était impossible de soumettre le praticien à des conditions d'aveugle. Il n'a pas été effectué de méta-analyse parce qu'il existait une grande variété de blocs, de techniques et de critères de jugement, mais aussi parce que la revue reposait sur une évaluation des essais par les auteurs. Le guidage échographique a produit taux de réussite similaires dans la fourniture de l'anesthésie chirurgicale (72 % à 98,8 %) par rapport à la stimulation du nerf périphérique (58 % à 93,1 %). Les taux de complications majeures étaient faibles dans toutes les études ; toutefois, l'utilisation de l'échographie a semblé réduire l'incidence des ponctions vasculaires ou de la formation d'hématomes. Compte tenu des différences de méthodologie entre les études, il s'est avéré difficile de comparer les caractéristiques des blocs, mais l'échographie a entraîné une amélioration de la qualité du bloc sensitif dans six études et du bloc moteur dans quatre études. Une amélioration du délai d'installation du bloc a été constatée dans six des 10 études où ce paramètre était évalué. Deux études ont évalué le volume d'anesthésique local nécessaire et toutes deux indiquent qu'une réduction significative du volume d'anesthésique local était possible avec l'échographie. Dix études ont évalué la durée de réalisation du bloc et cinq ont constaté une réduction significative avec l'échographie ; la différence moyenne de la durée de réalisation était de 1,5 à 4,8 minutes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.