Utilisation combinée d'hyperthermie et de radiothérapie dans le traitement du carcinome du col de l'utérus localement avancé

Les carcinomes du col de l'utérus peuvent être guéris par ablation chirurgicale complète ou destruction de la tumeur, ou au moyen d'une radiothérapie. Si la tumeur s'est étendue au-delà des limites du col de l'utérus ou a atteint un diamètre supérieur à 4 cm, on considère qu'il s'agit d'un carcinome du col de l'utérus localement avancé. Dans ce type de tumeurs, la chirurgie seule est considérée comme insuffisante et une radiothérapie est privilégiée. Néanmoins, plus la tumeur est grande, moins il est probable qu'elle puisse être guérie par radiothérapie seule. Plusieurs études cliniques ont observé que la réponse de ces tumeurs à la radiothérapie s'améliorait avec l'ajout d'une hyperthermie. L'hyperthermie est un type de traitement du cancer dans lequel les tissus de l'organisme sont exposés à des températures élevées (environ 42 à 43 degrés Celsius pendant une heure) afin d'endommager et de tuer les cellules cancéreuses. Cette température est capable, à elle seule, de tuer les cellules tumorales sous certaines conditions, et augmente également l'effet létal des radiations. Néanmoins, les résultats observés avec ce traitement n'étaient pas corroborés par les études cliniques ultérieures. Nous avons donc analysé les résultats de toutes les études cliniques publiées à ce jour comparant les résultats thérapeutiques d'une radiothérapie seule aux résultats d'une radiothérapie combinée à une hyperthermie chez des patientes atteintes de carcinome du col de l'utérus localement avancé. Les résultats semblent effectivement supérieurs chez les patientes recevant un traitement combinant radiothérapie et hyperthermie. Après le traitement, une disparition complète de la tumeur était plus souvent observée, la reprise de la croissance tumorale sur le site d'origine pendant le suivi était moins fréquente, et davantage de patientes étaient en vie lors du dernier suivi. L'ajout d'une hyperthermie à la radiothérapie standard n'entraînait pas d'augmentation des effets secondaires liés au traitement. Néanmoins, le nombre de patientes incluses dans les études cliniques analysées était limité car la plupart étaient atteintes d'une maladie de stade IIIB. Les auteurs en concluent donc que l'hyperthermie pourrait entraîner une amélioration cliniquement importante des résultats thérapeutiques des patientes atteintes de carcinome du col de l'utérus localement avancé, en particulier des patientes atteintes d'une maladie de stade IIIB. Des données cliniques supplémentaires sont nécessaires avant de recommander son utilisation chez toutes les patientes atteintes de carcinome du col de l'utérus localement avancé.

Conclusions des auteurs: 

Le nombre limité de patientes disponibles pour l'analyse, les défauts méthodologiques et la surreprésentation significative de patientes de stade FIGO IIIB ne permettent pas de tirer de conclusions définitives concernant l'impact de l'ajout d'une hyperthermie à la radiothérapie standard. Néanmoins, les données disponibles suggèrent que l'ajout d'une hyperthermie améliore le contrôle local de la tumeur et la survie globale chez les patientes atteintes de carcinome du col de l'utérus localement avancé, sans affecter la toxicité aiguë ou tardive de niveau 3 à 4 liée au traitement.

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Contexte: 

L'hyperthermie est un type de traitement du cancer dans lequel les tissus de l'organisme sont exposés à des températures élevées pour endommager et tuer les cellules cancéreuses. Elle a été introduite dans la pratique oncologique clinique il y a plusieurs dizaines d'années. Les résultats cliniques positifs, principalement obtenus dans des institutions individuelles, ont donné lieu à une utilisation clinique dans un nombre limité de centres d'oncologie du monde entier. Compte tenu de l'absence d'essais cliniques randomisés (ECR) à grande échelle, aucune conclusion définitive ne peut être présentée concernant son rôle en complément de la radiothérapie dans le traitement du carcinome du col de l'utérus localement avancé (CCULA).

Objectifs: 

Déterminer si l'ajout d'une hyperthermie à la radiothérapie standard dans le CCULA a un impact sur (1) le contrôle local de la tumeur, (2) la survie et (3) la morbidité liée au traitement.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les bases de données électroniques du registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (numéro 1, 2009) et du registre spécialisé du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques, MEDLINE, EMBASE, les bases de données d'enregistrement des essais en ligne, des recherches manuelles dans des revues médicales et actes de congrès, des revues et des références bibliographiques, et des contacts avec des experts ont été utilisés pour identifier les essais potentiellement éligibles, publiés et non publiés, jusqu'en janvier 2009.

Critères de sélection: 

Les ECR comparant une radiothérapie seule (RT) à une hyperthermie + radiothérapie (RHT) chez des patientes atteintes de CCULA.

Recueil et analyse des données: 

Entre 1987 et 2009, les résultats de six ECR ont été publiés et sont utilisés dans la présente analyse.

Résultats principaux: 

74 % des patientes étaient atteintes d'un CCULA de stade FIGO IIIB. Les résultats thérapeutiques étaient significativement supérieurs chez les patientes recevant le traitement combiné (Figures 4 à 6). L'analyse des données combinées révélait un taux de réponse complète significativement supérieur (risque relatif (RR) de 0,56 ; intervalle de confiance (IC) à 95 %, entre 0,39 et 0,79 ; p < 0,001), un taux de récidive locale significativement inférieur (hazard ratio (HR) de 0,48 ; IC à 95% entre 0,37 et 0,63 ; p < 0,001) et une survie globale (SG) significativement supérieure après le traitement combiné RHT (HR de 0,67 ; IC à 95% entre 0,45 et 0,99 ; p = 0,05). Aucune différence significative n'était observée en termes de toxicité aiguë liée au traitement (RR de 0,99 ; IC à 95% entre 0,30 et 3,31 ; p = 0,99) ou de toxicité tardive de niveau 3 à 4 (RR de 1,01 ; IC à 95% entre 0,44 et 2,30 ; p = 0,96) entre les deux traitements.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.