Antipsychotiques contre la dépendance à la cocaïne

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La dépendance à la cocaïne est souvent associée à des problèmes médicaux, psychologiques et sociaux pour l'individu concerné et à des problèmes de santé publique pour la communauté. Les consommateurs de cocaïne participent à la propagation de maladies infectieuses telles que le Sida, l'hépatite et la tuberculose, au développement de la criminalité et de la violence, et à l'exposition néonatale aux médicaments. L'efficacité des traitements à base d'antidépresseurs, d'anticonvulsivants tels que la carbamazépine, et d'agonistes de la dopamine dans l'arrêt de la consommation de cocaïne n'est pas corroborée par les données des revues Cochrane. L'utilisation des antipsychotiques a également été examinée, en particulier parce que la cocaïne peut provoquer des hallucinations et une paranoïa qui imitent la psychose.
Pris dans leur ensemble, les résultats de tous les essais comparant un antipsychotique à un placebo n'ont montré aucun effet bénéfique des antipsychotiques sur la réduction de la dépendance à la cocaïne. Les auteurs de la revue ont identifié sept essais contrôlés portant sur un total de 293 adultes dont l'âge moyen était de 40 ans. Ces études ont été réalisées aux États-Unis, sur des patients aussi bien hospitalisés que non hospitalisés, et leur durée allait de 5 à 168 jours (moyenne de 61 jours). Six essais ont réparti aléatoirement les participants entre un groupe sous antipsychotique et un groupe sous placebo ; le septième comparait l'olanzapine à l'halopéridol. Les antipsychotiques utilisés étaient la rispéridone (trois études, 1 à 4 mg/jour) ; l'olanzapine (trois études, 10 mg/jour) ; et l'halopéridol (deux études, 4 et 10 mg/jour). Le traitement par la rispéridone a permis de réduire le taux d'abandon (trois études, 144 participants ; risque relatif 0,77, intervalle de 0,77 à 0,98) ; dans les études individuelles, l'olanzapine et l'halopéridol offraient de meilleurs résultats que le placebo, mais les résultats proviennent d'études qui sont trop petites pour être concluantes (34 participants et 31 participants, respectivement). Les données sur l'acceptabilité du traitement en termes d'effets secondaires, d'abstinence de consommation de cocaïne et de symptômes de sevrage étaient limitées. La qualité méthodologique du petit nombre d'essais identifiés était bonne mais le nombre de participants était petit et la présentation des résultats était variable.

Conclusions des auteurs: 

Bien qu'il convienne de faire preuve de prudence lorsque l'on évalue les résultats d'un nombre limité de petits essais cliniques, actuellement il n'existe aucune donnée permettant d'étayer l'utilisation clinique des antipsychotiques dans le traitement de la dépendance à la cocaïne. Par ailleurs, la plupart des études incluses ne comportaient aucun résultat utile sur les critères de jugement importants tels que les effets secondaires, la consommation de cocaïne pendant le traitement et les envies impérieuses de consommer de la cocaïne. Afin de répondre à la demande pressante des cliniciens, des patients, des familles et de la communauté dans son ensemble, qui souhaitent un traitement adapté à la dépendance à la cocaïne, des études randomisées doivent être réalisées à plus grande échelle pour étudier les critères de jugement pertinents et présenter les données de manière à permettre une comparaison des résultats entre les différentes études. Par ailleurs, des efforts doivent également être faits pour étudier l'efficacité des autres types de traitement, tels que les anticonvulsivants, actuellement utilisés dans la pratique clinique.

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Contexte: 

La dépendance à la cocaïne est un problème de santé publique caractérisé par le récidivisme et une multitude de complications médicales et psychosociales. La dépendance à la cocaïne reste un trouble pour lequel il n’existe aucun traitement pharmacologique dont l’efficacité a été prouvée, bien que des avancées considérables dans le domaine de la neurobiologie de cette addiction pourraient orienter le développement de futurs médicaments

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'acceptabilité des antipsychotiques contre la dépendance à la cocaïne

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans les sources d'informations suivantes : MEDLINE (de 1966 à octobre 2006), EMBASE (de 1980 à octobre 2006), CINAHL (de 1982 à octobre 2006), la base de données spécialisée du groupe Cochrane sur les drogues et l’alcool (octobre 2006). Nous avons également effectué des recherches dans les listes de référence d'essais, les principales ressources électroniques des essais en cours (registre National Research Register, méta-Registre des essais contrôlés ; Clinical Trials.gov) et les actes de conférence susceptibles de présenter des essais pertinents pour cette revue.
Toutes ces recherches portaient également sur la littérature non anglophone.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés et les essais cliniques contrôlés axés sur l'utilisation des antipsychotiques contre la dépendance à la cocaïne

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué les articles, extrait les données et noté la qualité méthodologique de façon indépendante.

Résultats principaux: 

Sept petites études ont été incluses (293 participants) : les antipsychotiques étudiés étaient la rispéridone, l'olanzapine et l'halopéridol. Aucune différence significative n'a été notée pour les mesures de l'efficacité comparant les différents antipsychotiques à un placebo. La rispéridone s'est avérée plus efficace que le placebo pour réduire le nombre de sorties d'étude, quatre études, 178 participants, risque relatif (RR) 0,77 (IC à 95 % 0,77 à 0,98). La plupart des études incluses ne présentaient aucun résultat utile sur les critères de jugement importants tels que les effets secondaires, la consommation de cocaïne pendant le traitement et les envies impérieuses de consommer de la cocaïne. Les résultats sur l'olanzapine et l'halopéridol proviennent d'études qui sont trop petites pour être concluantes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.