Les traitements physiques de la paralysie faciale idiopathique

La paralysie de Bell est un trouble aigu du nerf facial qui induit une perte complète ou partielle de la mobilité dans une des deux moitiés du visage. La paralysie faciale guérit complètement sans traitement dans la plupart des cas, mais pas tout le temps . Les méthodes de kinésithérapie, comme les exercices des muscles du visage, le biofeedback, le traitement au laser, l'électrothérapie, le massage et la thermothérapie, sont utilisées pour accélérer la guérison, améliorer la fonction faciale et minimiser les séquelles. Pour la mise à jour de cette revue, nous avons trouvé 12 études (872 participants en tout), la plupart avec un risque élevé de biais. Quatre essais avaient étudié l'efficacité de la stimulation électrique (313 participants), trois essais portaient sur les exercices des muscles du visage (199 participants), et cinq études comparaient ou combinaient certaines méthodes de kinésithérapie avec l'acupuncture (360 participants). Il existe des preuves provenant d'une seule étude de qualité moyenne que les exercices des muscles du visage sont bénéfiques pour les personnes avec une paralysie faciale chronique, comparativement au groupe témoin. Dans une autre étude de faible qualité, on constate qu'il est possible que les exercices des muscles du visage puissent aider à réduire la syncinésie (une complication de la paralysie de Bell) et à diminuer le temps de guérison. On ne dispose pas de suffisamment d'éléments probants pour établir si la stimulation électrique fonctionne, identifier les risques de ces traitements ou évaluer si l'ajout de l'acupuncture aux exercices des muscles du visage ou à une autre thérapie physique pourrait produire une amélioration. En conclusion, les exercices des muscles du visage personnalisés peuvent contribuer à améliorer la fonction faciale, principalement chez les personnes atteintes de paralysie modérée et dans les cas chroniques, et les exercices des muscles du visage précoce peuvent diminuer le temps de guérison et la paralysie à long terme dans les cas aigus, mais les preuves de cela sont de mauvaise qualité. Des essais supplémentaires seront nécessaires pour évaluer les effets de la gymnastique faciale ainsi que ses risques éventuels.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe aucune preuve de bonne qualité permettant d'affirmer qu'une traitement de kinésithérapie soit significativement bénéfique ou préjudiciable pour le traitement de la paralysie faciale idiopathique. Il existe des preuves de faible qualité que des exercices des muscles du visage personnalisés peuventt aider à améliorer la fonction faciale, principalement chez les personnes avec une paralysie modérée et chroniques. Il existe des preuves de faible qualité que les exercicesréduisent les séquelles dans les cas aigus. Les effets estimés des exercices des muscles du visage personnalisés devront être confirmés par es 'essais contrôlés randomisés de bonne qualité.

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Contexte: 

La paralysie de Bell (paralysie faciale idiopathique) est communément traitée par différentes méthodes et appareils de kinésithérapie, mais beaucoup de questions demeurent quant à leur efficacité.

Objectifs: 

Évaluer les méthodes de kinésithérapie dans la paralysie de Bell (paralysie faciale idiopathique).

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans la base des revues systématiques Cochrane et dans le registre Cochrane des essais contrôlés (The Cochrane Library, numéro 1, 2011), ainsi que dans MEDLINE (janvier 1966 à février 2011), EMBASE (janvier 1946 à février 2011), LILACS (janvier 1982 à février 2011), PEDro (de 1929 à février 2011) et CINAHL (janvier 1982 à février 2011). Nous avons inclus des recherches dans les bases de données d'essais cliniques jusqu'à février 2011.

Critères de sélection: 

Nous avons sélectionné des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés portant sur tout type de kinésithérapie. Nous avons inclus des participants ayant un diagnostic de paralysie de Bell, quelque soit leur âge et leur degré de gravité. Les critères d’évaluation étaient les suivants : guérison incomplète six mois après la randomisation, syncinésie motrice, larmes de crocodile ou spasme facial six mois après l'apparition de la paralysie, guérison incomplète à un an et effets indésirables attribuables à l'intervention

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont examiné des titres et des résumés identifiés dans les résultats de recherche de façon indépendante. Deux auteurs ont évalué de manière indépendante les risques de biais en prenant en compte les méthodes sécurisées de randomisation, l'assignation secrète, l'insu de l'observateur, l'insu du patient, les données de résultats incomplètes, les compte rendus de résultats sélectifs et autres biais. Deux auteurs ont extrait les données de façon indépendante en utilisant un formulaire d'extraction des données spécialement conçu à cet effet. Nous avons entrepris des analyses séparées en sous-groupes en fonction du niveau de gravité des participants .

Résultats principaux: 

Pour cette mise à jour de la revue originale, la recherche a permis d'identifier 65 articles potentiellement pertinents. Douze études répondaient aux critères d'inclusion (872 participants). Quatre essais avaient étudié l'efficacité de la stimulation électrique (313 participants), trois essais portaient sur des programmes d’exercice des muscles du visage (199 participants), et cinq études comparaient ou combinaient une certaine forme de kinésithérapie avec l'acupuncture (360 participants). Pour la plupart des critères de de jugement, nous n'avons pas pu effectuer de méta-analyse parce que c les interventions et les critères de jugement n'étaient pas comparables.

Pour le critère principal de guérison incomplète après six mois, l'électrostimulation n'a montré aucun avantage par rapport au placebo (preuve de qualité moyenne basée sur une étude incluant 86 participants). Des comparaisons de faible qualité entre l'électrostimulation et la prednisolone (un traitement actif) (149 participants), ou l'ajout de l'électrostimulation aux compresses chaudes, aux massages et à la gymnastique faciale (22 participants), n'ont révélé aucune différence significative. De même, une méta-analyse de deux études, l'une d'une durée de trois mois et l'autre de six mois, (142 participants) n'a mis en évidence aucune différence statistiquement significative au niveau de la syncinésie, une complication de la paralysie de Bell, entre les participants bénéficiant de l'électrostimulation et le groupe témoin. Une étude de qualité faible (56 participants) présentant les résultats après trois mois a trouvé que la récupération fonctionnelle était moins bonne avec l'électrostimulation (différence moyenne (DM) 12,00 points (échelle de 0 à 100) ; intervalle de confiance (IC) à 95% 1,26 à 22,74).

Deux essais portant sur la gymnastique faciale, tous deux à risque élevé de biais, n'ont trouvé aucune différence au niveau de la guérison incomplète à six mois lorsque les exercices étaient comparés avec des groupes témoins sur liste d'attente ou recevant un traitement classique. Il y a des preuves provenant d'une seule petite étude (34 participants) de qualité moyenne que les exercices des muscles du visage sont bénéfiques pour des scores d'invalidité faciale chez les personnes atteintes de paralysie faciale chronique, comparativement aux groupes témoins (DM 20,40 points (échelle de 0 à 100) ; IC 95% 8,76 à 32,04). Dans une autre étude de faible qualité impliquant 145 cas aigus traités pendant trois mois, moins de participants présentaient une syncinésie motrice faciale après un traitement par exercice (risque relatif 0,24 ; IC 95% 0,08 à 0,69). La même étude a montré une diminution statistiquement significative du temps nécessaire à une guérison complète, essentiellement dans les cas les plus graves (47 participants ; DM -2,10 semaines ; IC 95% -3,15 à -1,05) mais il ne s'agissait pas là d'un critère de résultat préalablementétabli pour cette méta-analyse.

Les études utilisant des traitements d'acupuncture n'ont pas produit de données utiles car leur durée était courte et présentaient un risque élevé de biais. Aucune des études n'avait inclus les effets indésirables parmi les critères de résultat

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.