Traitement hormonal destiné aux femmes présentant une endométriose et chirurgicalement ménopausées

L'endométriose est connue pour provoquer des symptômes de gravité variable. Chez certaines femmes, l'ablation bilatérale des ovaires (ovariectomie), avec ou sans hystérectomie, peut être nécessaire pour prendre en charge ces symptômes, entraînant alors une ménopause prématurée. Une hormonothérapie substitutive pourrait favoriser la récidive de la maladie en raison de son effet sur les dépôts endométriotiques restants dans le bassin. Seuls deux essais contrôlés randomisés de petite taille examinant ce problème ont été identifiés dans la littérature. D'autres recherches seront nécessaires afin de clarifier les effets des différents types d'hormonothérapies substitutives sur la récidive de la maladie et les douleurs associées, y compris pendant les rapports sexuels.

Conclusions des auteurs: 

Une hormonothérapie substitutive destinée aux femmes présentant une endométriose dans le cadre d'une ménopause post-chirurgicale pourrait provoquer une récidive des douleurs et de la maladie. Toutefois, les preuves disponibles dans la littérature ne sont pas suffisamment probantes pour déconseiller ce traitement aux patientes gravement symptomatiques. D'autres études contrôlées randomisées seront nécessaires.

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Contexte: 

L'endométriose se caractérise par la présence de tissu endométrial ectopique susceptible de provoquer de nombreux symptômes douloureux et invalidants. Malgré les études disponibles recommandant un traitement hormonal standard pour les femmes présentant une endométriose et chirurgicalement ménopausées, on craint toutefois que les œstrogènes ne provoquent une récidive de la maladie et de ses symptômes.

Objectifs: 

L'objectif de la présente revue était d'étudier la récidive des douleurs et de la maladie chez les femmes présentant une endométriose et ayant suivi un traitement hormonal dans le cadre d'une ménopause post-chirurgicale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité (mars 2008), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2008, numéro 3), MEDLINE (de 1966 à mars 2008), EMBASE (de 1980 à mars 2008), ainsi que dans les listes bibliographiques des articles. Les journaux spécialisés et les actes de conférence ont fait l'objet de recherches manuelles.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés examinant un traitement hormonal chez des femmes présentant une endométriose dans le cadre d'une ménopause post-chirurgicale.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont évalué l'éligibilité des essais et leur qualité méthodologique.

Résultats principaux: 

Deux études répondaient à nos critères d'inclusion. Un essai comparait l'application transdermique continue de 17β-estradiol (0,05 mg/jour) combinée à de l'acétate de médroxyprogestérone cyclique (10 mg par jour) pendant 12 jours par mois, chez des femmes dont l'utérus est conservé, à de la tibolone en continu (2,5 mg/jour). Le deuxième essai administrait des œstrogènes et de la progestérone de façon séquentielle à l'aide de deux patchs de 22 cm2 appliqués chaque semaine afin de produire une libération contrôlée de 0,05 mg/jour. La progestérone micronisée était administrée par voie orale (200 mg/jour) pendant 14 jours avec un intervalle de 16 jours sans traitement.

Douleurs et dyspareunie
Le premier essai rapportait une récidive des douleurs dans le bras de l'œstrogène et de la progestérone chez 4 femmes sur 10 par rapport à 1 femme sur 11 dans le bras de la tibolone. Dans ce dernier, 4 femmes sur 115 rapportaient une récidive des douleurs dans le groupe de traitement par rapport à 0 patiente sur 57 dans le bras ne suivant aucun traitement. Aucun résultat n'était statistiquement différent.

Récidive ou exacerbation confirmée de l'endométriose
Ce résultat n'était pas rapporté dans le premier essai. Le deuxième essai a identifié que 2 femmes sur 115, appartenant au groupe de traitement, développaient une récidive de l'endométriose par rapport à l'absence de récidive rapportée dans le groupe ne suivant aucun traitement. Ce résultat n'était pas statistiquement significatif. Aucune femme n'a fait l'objet d'une nouvelle opération dans le groupe ne suivant aucun traitement par rapport à 2 femmes sur 115, appartenant au groupe traité.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.