Progestatif destiné au traitement du risque de fausse couche

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La fausse couche survient dans environ 15 % à 20 % des grossesses. Le risque de fausse couche concerne les mères susceptibles de perdre leur bébé avant moins de 20 semaines d’aménorrhée. Les signes sont les saignements vaginaux, avec ou sans douleurs abdominales, alors que le col de l’utérus est fermé. L'utilisation d'échographies dans le contrôle des saignements en début de grossesse a permis d'améliorer le diagnostic et la gestion, comme les tentatives de maintenir une grossesse ne sont susceptibles d'être efficaces que si le fœtus est viable et ne présente aucune anomalie chromosomique. Une fois que le col de l'utérus commence à s'ouvrir, la fausse couche est inévitable. La fausse couche peut entraîner des problèmes émotionnels, notamment une dépression, des troubles du sommeil et de la colère. Il s'avère que les femmes chez qui la grossesse est maintenue après un risque de fausse couche présentent un risque accru d'hémorragie antepartum, de rupture des membranes avant le travail, d'accouchement prématuré et de restriction de la croissance intra-utérine. Le progestatif est une hormone essentielle aussi bien pour la mise en place que pour le maintien de la grossesse. Il s'agit donc d'un traitement possible pour le risque de fausse couche. La revue des essais a identifié quatre études randomisées portant sur 421 femmes, qui comparaient l'utilisation de progestatifs dans le traitement du risque de fausse couche soit avec un placebo soit avec l'absence de traitement. Les données limitées semblent indiquer que l'utilisation d'un progestatif ne réduit pas le taux de fausse couche spontanée. Deux essais ont signalé que le traitement avec des progestatifs n'augmentait pas la survenue d'anomalies congénitales chez les nouveau-nés et que les femmes ne présentaient pas de différence significative d'incidence d'hypertension induite par la grossesse ni d'hémorragie antepartum. D'autres études plus étendues sont nécessaires pour pouvoir tirer des conclusions plus solides..

Conclusions des auteurs: 

Les données de cette revue semblent indiquer que l'utilisation de progestatifs est efficace dans le traitement du risque de fausse couche, et qu'elle n'est pas associée à des taux accrus d'hypertension induite par la grossesse ou d'hémorragie antepartum en tant qu'effets préjudiciables pour la mère, ni à l'occurrence accrue d'anomalies congénitales chez le nouveau-né. Cependant, l'analyse était limitée par le petit nombre d'études éligibles (quatre études) et leur mauvaise qualité méthodologique, ainsi que par le petit nombre de participantes (421), ce qui limite la puissance de la méta-analyse et donc de sa conclusion..

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Contexte: 

La fausse couche est une complication fréquente survenant lors de la grossesse. Le rôle de la progestérone dans la préparation de l'utérus en vue de l'implantation de l'embryon et son rôle dans le maintien de la grossesse sont connus depuis longtemps. Un lien a été établi entre la sécrétion inadéquate de la progestérone en début de grossesse et l'étiologie de la fausse couche, et la supplémentation en progestérone a été utilisée pour traiter le risque de fausse couche afin de prévenir les avortements spontanés.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité des progestatifs dans le traitement du risque de fausse couche.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et l’accouchement (30 septembre 2011) et dans les bibliographies de tous les articles identifiés afin de trouver des études supplémentaires.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés comparant le progestatif à un placebo, à l'absence de traitement ou à tout autre traitement donné en vue de traiter le risque de fausse couche.

Recueil et analyse des données: 

Au moins deux auteurs ont évalué les essais à inclure dans la revue, la qualité des essais et ont extrait les données. L'exactitude des données a été vérifiée.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus quatre études (421 participantes) dans la méta-analyse. Dans trois études, toutes les participantes remplissaient les critères d'inclusion et dans la quatrième étude, nous n'avons inclus que le sous-groupe de participantes qui remplissaient les critères d'inclusion de la méta-analyse. Une réduction du taux de fausse couche spontanée a été observée en cas d'utilisation de progestatifs comparativement au placebo ou à l'absence de traitement (risque relatif (RR) 0,53 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,35 à 0,79). Il n'y avait pas d'augmentation du taux d'hémorragie antepartum (RR 0,76 ; IC à 95 % 0,30 à 1,94), ou d'hypertension induite par la grossesse (RR 1,00 ; IC à 95 % 0,54 à 1,88) pour la mère. Le taux d'anomalies congénitales n'était pas différent entre les nouveau-nés des mères qui recevaient des progestatifs et celles qui n'en recevaient pas (RR 0,70 ; IC à 95 % 0,10 à 4,82).

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