Effet de l'administration d'anthelminthiques contre les géohelminthes pendant la grossesse

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Les vers intestinaux (helminthes) contribuent à l'anémie ferriprive en se nourrissant de sang et peuvent provoquer des saignements supplémentaires en libérant des composants anti-coagulants. Ils affectent également l'apport en nutriments et peuvent entraîner anorexie, vomissements et diarrhée. Une grossesse compliquée par un ankylostome maternel représente un danger important pour la santé de la mère et de l'enfant, notamment dans les pays en développement. Les femmes souffrant d'anémie pendant leur grossesse sont plus susceptibles de donner naissance à des bébés prématurés, hypotrophes et en mauvaise santé, avec de faibles réserves en fer. Les anthelminthiques sont très efficaces et leurs effets secondaires sont minimes, mais les informations concernant leur utilisation pendant la grossesse restent limitées. On craint notamment qu'ils ne provoquent des malformations fœtales (effets tératogènes).

Les auteurs de la revue n'ont identifié que trois essais contrôlés randomisés évaluant l'impact d'un traitement anthelminthique unique, administré au deuxième trimestre de la grossesse. Les études ont été réalisées en Sierra Leone, au Pérou et à Entebbe, en Ouganda. Au total, 1 329 femmes ont été randomisées pour recevoir une dose unique d'albendazole ou de mébendazole, ou un placebo. Dans l'une des études, et dans un sous-ensemble d'une autre, les femmes recevaient également chaque jour un complément en fer ou en fer-folate. L'analyse de l'impact du traitement anthelminthique sur l'anémie maternelle, basée sur l'ensemble des résultats, a révélé que celui-ci n'était pas associé à une amélioration claire de l'anémie maternelle, ni du faible poids de naissance, des décès périnataux ou des naissances prématurées. L'analyse des études où un apport en fer ou en fer-folate était administré aux femmes enceintes en plus des anthelminthiques n'a pas non plus révélé d'impact sur l'anémie maternelle. En l'absence de données à ce sujet, l'impact sur la survie des nourrissons à six mois n'a pas pu être évalué. Par conséquent, les preuves issues d'essais contrôlés randomisés sont jusqu'à présent insuffisantes pour recommander l'administration d'anthelminthiques aux femmes enceintes après le premier trimestre de grossesse.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves établies jusqu'à présent sont insuffisantes pour recommander l'administration d'anthelminthiques aux femmes enceintes après le premier trimestre de grossesse. De nouveaux essais contrôlés randomisés à grande échelle bien conçus sont nécessaires pour déterminer l'intérêt d'un traitement anthelminthique pendant la grossesse.

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Contexte: 

L'helminthiase est l'infestation du corps humain par des vers parasites et on estime qu'elle affecte 44 millions de grossesses dans le monde chaque année. L'helminthiase provoque des pertes de sang et une diminution de l'apport en nutriments pour l'érythropoïèse, ce qui entraîne une anémie ferriprive. Plus de 50 % des femmes enceintes dans les pays à faible et moyen revenu souffrent d'anémie ferriprive. Même si ce type d'anémie est multifactoriel, l'ankylostomiase en est l'une des principales causes chez les femmes en âge de procréer dans les zones endémiques. Les anthelminthiques sont très efficaces pour traiter l'ankylostomiase, mais les preuves de leur effet bénéfique et de leur innocuité pendant la grossesse n'ont pas été établies.

Objectifs: 

Déterminer les effets de l'administration d'anthelminthiques contre les géohelminthes au cours du deuxième et du troisième trimestre de grossesse sur l'anémie maternelle et le résultat de la grossesse.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (septembre 2008).

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés prospectifs évaluant l'effet de l'administration d'anthelminthiques au cours du deuxième et du troisième trimestre de grossesse.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont indépendamment évalué la qualité des essais et extrait les données.

Résultats principaux: 

Trois études (1 329 femmes) ont été incluses dans cette revue. L'analyse a révélé que l'administration d'une seule dose d'anthelminthique au cours du deuxième trimestre de grossesse n'est associée à aucun effet sur l'anémie maternelle au troisième trimestre (risque relatif (RR) 0,90 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,68 à 1,19 ; effets aléatoires (2 études, n = 1 075)). L'analyse en sous-groupes basée sur la co-intervention de produits autres que les anthelminthiques, soit une supplémentation en fer administrée aux deux groupes dans l'étude de Larocque et al, et à un sous-ensemble dans l'étude de Torlesse et al, a montré qu'une seule dose d'anthelminthique alliée à une supplémentation en fer tout au long du deuxième et du troisième trimestre de grossesse n'avait pas d'impact sur l'anémie maternelle au cours du troisième trimestre par rapport à la supplémentation en fer seule (RR 0,76 ; IC à 95 % 0,39 à 1,45 ; effets aléatoires (2 études, n = 1 017)). Aucun impact n'a été identifié non plus sur le faible poids de naissance (RR 0,94 ; IC à 95 % 0,61 à 1,42 (1 étude ; n = 950)), la mortalité périnatale (RR 1,10 ; IC à 95 % 0,55 à 2,22 (2 études ; n = 1 089)) et la naissance prématurée (RR 0,85 ; IC à 95 % 0,38 à 1,87 (1 étude ; n = 984)). En l'absence de données à ce sujet, l'impact sur la survie des nourrissons à six mois n'a pas pu être évalué.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.