Choix d'un médicament anticholinergique dans les symptômes d'hyperactivité vésicale chez les adultes

Beaucoup d'adultes présentent des symptômes d'hyperactivité vésicale. Une personne atteinte du syndrome d'hyperactivité vésicale ressent un besoin urgent d'uriner et risque de ne pas arriver aux toilettes à temps pour uriner. D'autres problèmes courants traduisent un besoin fréquent d'uriner pendant la journée et/ou la nuit. Ces problèmes semblent être dus à un muscle hypersensible au niveau de la vessie et deviennent plus courants avec l'âge. Les traitements consistent en des mesures conservatrices comme la rééducation vésicale ou la prise de médicaments. Des médicaments anticholinergiques peuvent réduire l'hyperactivité du muscle vésical et le sentiment d'urgence. La revue a révélé l'existence de plusieurs médicaments anticholinergiques prescrits aux adultes souffrant de symptômes d'hyperactivité vésicale. Les deux médicaments les plus étudiés sont l'oxybutynine et la toltérodine. Ces derniers ont des effets similaires, mais les personnes prenant de l'oxybutynine avaient en moyenne plus tendance à se retirer prématurément de ces études en raison d'effets indésirables, principalement pour cause de sécheresse buccale. Toutefois, ces deux médicaments peuvent entraîner une sécheresse buccale et ce problème est moins susceptible de se produire si une formulation à libération prolongée est prescrite. Deux nouveaux médicaments mis au point sont la solifénacine et la fésotérodine. La solifénacine est plus efficace et moins susceptible de provoquer une sécheresse buccale comparée à la toltérodine. La fésotérodine est plus efficace que la toltérodine à libération prolongée, mais les retraits prématurés de ces études en raison d'effets indésirables et de sécheresse buccale étaient moins fréquents.

Conclusions des auteurs: 

Dans le cas où un choix doit être effectué entre la prescription d'oxybutynine ou de toltérodine à libération immédiate, la toltérodine peut être préférée en raison des risques réduits de sécheresse buccale. Avec la toltérodine, la dose initiale habituelle de 2 mg deux fois par jour est suffisante, mais une dose de 1 mg deux fois par jour peut être tout aussi efficace et présenter moins de risques de sécheresse buccale. Si des préparations à libération prolongée d'oxybutynine ou de toltérodine sont disponibles, ces dernières peuvent être préférées à des préparations à libération immédiate en raison de risques minimes de sécheresse buccale.

Entre la solifénacine et la toltérodine à libération immédiate, la solifénacine peut être préférée en raison de sa meilleure efficacité et des risques minimes de sécheresse buccale. Une dose quotidienne de 5 mg de solifénacine correspond à la dose initiale habituelle, elle peut être augmentée à une dose quotidienne de 10 mg pour une meilleure efficacité mais des risques accrus de sécheresse buccale.

Entre la fésotérodine et la toltérodine à libération prolongée, la fésotérodine peut être préférée en raison de sa meilleure efficacité mais avec des risques accrus de retraits prématurés pour cause d'événements indésirables et de sécheresse buccale. Ces études contiennent peu ou pas de preuves concernant la qualité de vie, les coûts ou les résultats à long terme. Les données provenant d'essais portant sur d'autres médicaments anticholinergiques étaient insuffisantes pour tirer des conclusions.

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Contexte: 

Environ 16 à 45 % des adultes présentent des symptômes d'hyperactivité vésicale (urgence avec fréquence et/ou incontinence impérieuse - « syndrome d'hyperactivité vésicale »). Les médicaments anticholinergiques font partie des traitements courants.

Objectifs: 

Comparer les effets de plusieurs médicaments anticholinergiques pour les symptômes d'hyperactivité vésicale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais spécialisés du groupe Cochrane sur l’incontinence (recherches du 8 mars 2011) et les listes bibliographiques des articles pertinents.

Critères de sélection: 

Des essais randomisés réalisés chez des adultes présentant des symptômes d'hyperactivité vésicale ou d'hyperactivité du détrusor comparant un médicament anticholinergique à un autre, ou deux doses d'un même médicament.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué de façon indépendante l'éligibilité, la qualité des essais et extrait des données. Les données étaient traitées comme indiqué dans le manuel du relecteur Cochrane.

Résultats principaux: 

Quatre-vingt-six essais, 70 conceptions parallèles et 16 croisées étaient incluses (31 249 adultes). La majorité des essais étaient décrits comme étant en double aveugle, mais variables concernant d'autres aspects de la qualité. Les études croisées ne présentaient pas de données pouvant être incluses dans les méta-analyses. Vingt-neuf études collectaient des données relatives à la qualité de vie (principal critère de résultat) en utilisant des mesures validées, mais seules quinze contenaient des données utilisables.

Toltérodine et oxybutynine : Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée en termes de qualité de vie, de guérison ou d'amélioration de l'état du patient, des épisodes de fuite ou des mictions en 24 heures. Mais une diminution des retraits prématurés dus à des événements indésirables avec la toltérodine (risque relatif (RR) 0,52, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,40 à 0,66, données provenant de huit essais) et des risques de sécheresse buccale (RR 0,65, IC à 95 % 0,60 à 0,71, données provenant de dix essais) ont été observés.

Solifénacine et toltérodine : Des différences statistiquement significatives ont été constatées en termes de qualité de vie (différence moyenne standardisée (DMS) - 0,12, IC à 95 % - 0,23 à - 0,01, données provenant de trois essais), de guérison/amélioration de l'état du patient (RR 1,25, IC à 95 % 1,13 à 1,39, données provenant de deux essais), d'épisodes de fuite en 24 heures (différence moyenne pondérée (DMP) - 0,30, IC à 95 % - 0,53 à - 0,08, données provenant de quatre études) et d'épisodes d'urgence en 24 heures (DMP - 0,43, IC à 95 % - 0,74 à - 0,13, données provenant de quatre essais), toutes étaient en faveur de la solifénacine. Aucune différence n'a été constatée en termes de retraits prématurés en raison d'événements indésirables et de sécheresse buccale, mais après une analyse de sensibilité, les cas de sécheresse buccale (RR 0,69, IC à 95 % 0,51 à 0,94) avaient sensiblement baissé avec la solifénacine d'un point de vue statistique par rapport à la toltérodine à libération immédiate (LI).

Fésotérodine et toltérodine à libération prolongée : Trois essais ont contribué aux méta-analyses. Des différences statistiquement significatives ont été constatées en termes de qualité de vie (DMS - 0,20, IC à 95 % - 0,27 à - 0,14), de guérison/amélioration de l'état du patient (RR 1,11, IC à 95 % 1,06 à 1,16), d'épisodes de fuite (DMP - 0,19, IC à 95 % - 0,30 à - 0,09), de fréquence (DMP - 0,27, IC à 95 % - 0,47 à - 0,06) et d'épisodes d'urgence (DMP - 0,44, IC à 95 % - 0,72 à - 0,16) en 24 heures, toutes étaient en faveur de la fésotérodine. Mais les personnes prenant de la fésotérodine étaient plus exposées à des retraits prématurés en raison d'événements indésirables (RR 1,45, IC à 95 % 1,07 à 1,98) et une hausse des cas de sécheresse buccale (RR 1,80, IC à 95 % 1,58 à 2,05) était observée au bout de 12 semaines.

Différentes doses de toltérodine : La dose initiale standard recommandée (2 mg deux fois par jour) était comparée à deux doses inférieures (0,5 mg et 1 mg deux fois par jour) et une dose supérieure (4 mg deux fois par jour). Les effets des doses de 1 mg, 2 mg et 4 mg étaient similaires pour les épisodes de fuite et les mictions en 24 heures, avec des risques accrus de sécheresse buccale avec les doses de 2 et 4 mg au bout de 2 à 12 semaines.

Différentes doses de solifénacine : La dose quotidienne initiale standard recommandée de 5 mg était comparée à une dose de 10 mg : malgré une baisse (amélioration) de la fréquence et de l'urgence avec une dose de 10 mg comparée à une dose de 5 mg, les risques de sécheresse buccale étaient plus élevés avec 10 mg de solifénacine au bout de 4 à 12 semaines.

Différentes doses de fésotérodine : La dose quotidienne initiale recommandée de 4 mg était comparée à des doses de 8 et 12 mg. L'efficacité clinique (guérison signalée du patient, épisodes de fuite, mictions en 24 heures) d'une dose de 8 mg était plus efficace qu'une dose de 4 mg de fésotérodine, mais avec des risques accrus de sécheresse buccale avec une dose de 8 mg. Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée entre une dose de 4 et 12 mg en termes d'efficacité, mais les cas de sécheresse buccale étaient sensiblement plus élevés avec une dose de 12 mg au bout de 8 à 12 semaines.

Préparations à libération prolongée et immédiate d'oxybutynine et/ou de toltérodine : Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée en termes de guérison/amélioration, d'épisodes de fuite ou de mictions en 24 heures ou de retraits prématurés en raison d'événements indésirables, mais les données étaient insuffisantes. Dans l'ensemble, les préparations à libération prolongée présentaient moins de risques de sécheresse buccale au bout de 2 à 12 semaines.

Une préparation à libération prolongée comparée à une autre : La toltérodine à libération prolongée présentait moins de risques de sécheresse buccale que l'oxybutynine (RR 0,75, IC à 95 % 0,59 à 0,95), mais aucune différence n'a été constatée entre l'oxybutynine transdermique et la toltérodine à libération prolongée orale, malgré le retrait prématuré de certaines personnes en raison d'une réaction cutanée à l'endroit du patch transdermique au bout de 12 semaines.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.