Antipsychotiques atypiques pour le traitement des personnes souffrant à la fois de schizophrénie et de dépression

Il est bien connu que la dépression survient chez les personnes atteintes de schizophrénie. Les antipsychotiques atypiques sont utilisés dans le traitement des symptômes de la schizophrénie, mais les effets spécifiques chez les personnes souffrant de schizophrénie et de dépression sont incertains, bien que ces médicaments soient vendus à cette fin.

Dans cette revue, les effets des antipsychotiques atypiques chez les personnes souffrant de schizophrénie et de dépression ont été évalués. Malheureusement, un manque flagrant d'informations a été constaté. L'objectif était d'évaluer les preuves disponibles afin de vérifier si les antipsychotiques atypiques représentent une meilleure option que les médicaments neuroleptiques [plus ou moins un traitement antidépresseur complémentaire] pour les personnes souffrant à la fois de schizophrénie et de dépression. Toutefois, en raison de la rareté des essais de médicaments antipsychotiques qui sont vendus comme ayant également des effets antidépresseurs, il n'a pas été possible de tirer de conclusions définitives. D'autres essais contrôlés randomisés bien réalisés sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe que trop peu de données pour diriger les patients, soignants, cliniciens et décideurs. La pratique actuelle doit être guidée par d'autres preuves que celles provenant des essais randomisés. Plus d'essais devraient être réalisés dans ce domaine important.

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Contexte: 

Bon nombre des personnes schizophrènes (jusqu'à 50 %) souffrent également d'une dépression comorbide. On pense que les nouveaux antipsychotiques atypiques ont des effets bénéfiques pour les patients présentant ces deux diagnostics.

Objectifs: 

Évaluer les effets des antipsychotiques atypiques sur les patients souffrant à la fois de schizophrénie et de dépression.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (jusqu'à mars 2006) a été consulté. Nous avons complété ces recherches par des recherches dans les références bibliographiques et avons établi un contact personnel avec des auteurs et les sociétés pharmaceutiques concernées.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais cliniques randomisés portant sur les antipsychotiques atypiques utilisés spécialement pour le traitement des personnes souffrant à la fois de schizophrénie et de dépression.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites de façon indépendante. Pour des données dichotomiques homogènes, nous avons calculé les effets aléatoires, le risque relatif (RR), l'intervalle de confiance (IC) à 95% et lorsque c'était possible, le nombre de sujets à traiter (NST) sur une base d'intention de traiter. Pour les données continues, les différences moyennes pondérées (DMP) ont été calculées.

Résultats principaux: 

Huit cent soixante-dix-huit références bibliographiques ont été trouvées mais seul trois études ont pu être incluses (cinq rapports). Un essai ne révélait aucune différence significative entre la quétiapine et l'halopéridol concernant le résultat moins de 50 % de réduction du score PANSS (n=180, RR 0,91 IC entre 0,8 et 1,0). Les patients sous sulpiride obtenaient des scores de dépression plus faibles par rapport aux patients sous chlorpromazine (1 ECR, n=36, DMP CPRS -0,70 IC entre -1,2 et -0,2). Encore une fois, cependant, lors de la comparaison de la quétiapine avec l'halopéridol, la notation continue ne mettait en évidence aucune différence (1 ECR, n=180, DMP changement de la dépression PANSS -0,57 IC entre -1,4 et 0,30). Lorsque la clozapine était comparée à tout autre antipsychotique plus un antidépresseur ou un placebo, la clozapine obtenait constamment de meilleurs scores sur l'échelle d'Hamilton (1 ECR, n=29, DMP vs antipsychotique + miansérine -5,53 IC entre -8,23 et -2,8 ; 1 ECR, n=32, DMP vs antipsychotique + moclobémide -4,35 IC entre -6,7 et -2,03 ; 1 ECR, n=33, DMP vs antipsychotique + placebo -6,35 IC entre -8,6 et -4,1).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.