Pentoxifylline dans une claudication intermittente

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Une athérosclérose ou un durcissement des artères provoque des rétrécissements et des obstructions dans les artères et peut diminuer l'approvisionnement en sang jusqu'aux jambes, entraînant alors l'apparition d'une maladie occlusive artérielle périphérique. La claudication intermittente (CI) est une douleur de type crampe ressentie dans les muscles de la jambe qui se manifeste en marchant et qui disparaît en restant immobile ou en se reposant. La pentoxifylline est un médicament prescrit pour soulager la CI et améliorer la capacité de marche du patient. Elle réduit la viscosité du sang et améliore la flexibilité des globules rouges, en augmentant le flux sanguin microcirculatoire et le volume d'oxygène dans les tissus. Cette revue a examiné toutes les preuves disponibles issues d'essais contrôlés randomisés portant sur l'efficacité de la pentoxifylline dans le traitement de la CI.

Vingt-trois essais, totalisant 2 816 participants, ont été inclus. La majorité des études incluses suggéraient une amélioration légère à modérée de la distance de marche sans douleur et de la distance de marche totale avec la pentoxifylline par rapport à un placebo (et d'autres traitements incluant le Ginkgo biloba, le buflomédil, l'iloprost, la nylidrine et l'aspirine). La signification statistique des découvertes issues des essais individuels n'était pas établie avec certitude et la variabilité des effets de la pentoxifylline était importante entre les différentes études. Aucune amélioration de l'indice de pression tibio-brachiale n'était constatée avec la pentoxifylline. Les effets secondaires les plus couramment signalés étaient des symptômes gastro-intestinaux, principalement des nausées, mais le médicament était bien toléré.  

La durée des essais, la dose de pentoxifylline et les distances que les participants pouvaient parcourir en marchant au début des essais étaient variables. La qualité des études incluses était généralement faible.

En raison de la présence de tous ces facteurs, le rôle de la pentoxifylline dans la claudication intermittente reste incertain et malgré ses effets bénéfiques améliorant la distance de marche des patients atteints de CI, la réponse à la pentoxifylline doit être évaluée sur une base individuelle.

Conclusions des auteurs: 

Étant donné la qualité généralement médiocre des études publiées et le niveau d'hétérogénéité important dans les interventions et les résultats, les effets bénéfiques globaux de la pentoxifylline chez les patients présentant une claudication intermittente Fontaine de stade II restent incertains. La pentoxifylline est généralement bien tolérée.

En se basant sur la totalité des preuves disponibles, il est possible que la pentoxifylline joue un rôle dans le traitement de la CI en tant que médicament permettant d'améliorer la distance de marche et en tant que traitement complémentaire, en supposant que toutes les autres mesures essentielles, comme les changements de style de vie, l'exercice et le traitement pour la prévention secondaire aient été prises en compte. Toutefois, la réponse à la pentoxifylline doit être évaluée sur une base individuelle.

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Contexte: 

La claudication intermittente (CI) est un symptôme de la maladie occlusive artérielle périphérique (MOAP). Elle est associée à une morbidité et une mortalité élevées. La pentoxifylline est l'un des nombreux médicaments utilisés pour traiter la CI. Elle diminue la viscosité du sang, améliore la flexibilité érythrocytaire et augmente le flux microcirculatoire et la concentration en oxygène dans les tissus.

Plusieurs études ont évalué l'efficacité de la pentoxifylline pour le traitement de la MOAP, mais leurs résultats sont très variables.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité de la pentoxifylline afin d'améliorer la capacité de marche (soit la distance de marche sans ressentir de douleurs et la distance de marche totale (absolue, maximale)) de patients atteints d'une claudication intermittente stable, Fontaine stade II.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le groupe Cochrane sur les maladies vasculaires périphériques a effectué des recherches dans son registre spécialisé (dernières recherches effectuées en janvier 2011) et CENTRAL (2011, numéro 1). En outre, nous avons effectué des recherches dans MEDLINE (semaine 2 de janvier 2011) et EMBASE (semaine 3 de 2011). ClinicalTrials.gov et Current Controlled Trials ont fait l'objet de recherches dans le cas d'essais en cours ou non publiés.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR), en double aveugle, comparant la pentoxifylline à un placebo ou à toute autre intervention pharmacologique chez des patients atteints de CI, Fontaine stade II.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué séparément les études incluses. Les données ont été appariées et les désaccords résolus par des discussions. La qualité des études était évaluée à l'aide du score Jadad et de l'outil de détermination des risques de biais de Cochrane. Les résultats concernant la distance de marche sans douleur (DMSD) et la distance de marche totale (DMT) étaient collectés. Les études étaient comparées en fonction de la durée et de la dose de pentoxifylline.

Résultats principaux: 

Vingt-trois essais, totalisant 2 816 participants, étaient inclus dans cette revue. L'hétérogénéité était considérable entre les études incluses en ce qui concerne les différentes variables, notamment la durée du traitement, la dose de pentoxifylline, la distance de marche de base et les caractéristiques du patient. Par conséquent, il était impossible de regrouper les analyses. La qualité des études incluses était généralement faible. La variabilité était particulièrement importante dans les découvertes signalées entre les différentes études individuelles. Sur un total de 17 études comparant la pentoxifylline à un placebo, dont 14 signalaient une DMT et 11 signalaient une DMSD, la différence en pourcentage liée à l'amélioration de la DMT grâce à la pentoxifylline par rapport à un placebo variait de 1,2 à 155,9 % et, pour la DMSD, la différence variait de - 33,8 à 73,9 %. Il était généralement impossible de tester la signification statistique de ces résultats en raison de données insuffisantes. Aucune différence statistiquement significative n'a été constatée dans l'indice de pression tibio-brachiale (IPTB) entre la pentoxifylline et les groupes de placebo. La pentoxifylline était généralement bien tolérée.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.