La prophylaxie avec l'immunoglobuline G (IgG), le vaccin anti-CMV ou l'interféron ne réduisent pas significativement la maladie CMV et la mortalité associée au CMV chez les receveurs d'organes solides

Le cytomégalovirus (CMV) est le virus le plus commun qui cause la maladie et le décès chez les receveurs d'organes solides (rein, cœur, foie, poumon et pancréas) pendant les six premiers mois après la greffe. Cette revue a observé les bénéfices et inconvénients de l'IgG, des vaccins anti-CMV et de l'interféron pour prévenir la maladie du CMV chez les receveurs d'organes solides. Trente-sept études (2185 patients) ont été identifiées. Cette revue montre que l'IgG ne réduit pas le risque de la maladie du CMV ou la mortalité toutes causes par rapport au placebo ou aucun traitement. La combinaison de l'IgG avec des médicaments antiviraux (aciclovir ou ganciclovir) ne s'est pas avérée plus efficace que les médicaments antiviraux tous seuls pour réduire le risque de la malade de CMV ou la mortalité toutes causes. Les vaccins CMV et l'interféron ne réduisent pas le risque de la maladie du CMV par rapport au placebo ou aucun traitement. Actuellement, il n'y a pas d'indications pour l'IgG pour prévenir la maladie du CMV chez les receveurs de greffes d'organes solides.

Conclusions des auteurs: 

Actuellement, il n'existe pas d'indications pour l'IgG dans la prophylaxie de la maladie du CMV chez les receveurs de greffes d'organes solides.

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Contexte: 

Le cytomégalovirus (CMV) est le virus le plus commun qui cause la maladie et le décès chez les receveurs d'organes solides pendant les six premiers mois après la greffe. Les revues systématiques précédentes ont démontré l'efficacité des médicaments antiviraux utilisés prophylactiquement ou préventivement pour prévenir la maladie du CMV. Dans cette revue, l'efficacité des agents plus anciens (immunoglobulines (IgG), vaccins CMV et interféron) a été examinée.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et inconvénients de l'IgG, des vaccins anti-CMV et de l'interféron pour prévenir la maladie du CMV symptomatique chez les receveurs d'organes solides.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre spécialisé de Cochrane Renal Group, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, dans la bibliothèque Cochrane), MEDLINE, EMBASE, les listes de référence et les résumés des actes de conférence ont été consultés sans restrictions de langue.
Date de la dernière recherche : décembre 2005

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés comparant l'IgG, le vaccin anti-CMV ou l'interféron avec placebo ou sans traitement, l'IgG toute seule ou combinée avec médicaments antiviraux ou l'IgG toute seule chez des receveurs d'un organe solide quelconque.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs sur quatre ont évalué indépendamment la qualité de l'étude et extrait les données de chaque étude. Les analyses statistiques ont été réalisées en utilisant le modèle à effets aléatoires et les résultats ont été exprimés sous la forme de risque relatif (RR) pour les résultats dichotomiques avec des intervalles de confiance (IC) à 95%.

Résultats principaux: 

Trente-sept études (2185 patients) ont été incluses dans cette revue. Aucune différence significative s'est produite à l'égard du risque pour la maladie du CMV (16 études, 770 patients : RR de 0,80, IC à 95 % de 0,61 à 1,05) infection du CMV (14 études, 775 patients : RR de 0,94, IC à 95 % de 0,80 à 1,10) ou mortalité toutes causes (8 études, 502 patients : RR de 0,57, IC à 95 % de 0,32 à 1,03) avec IgG comparée au placebo/à aucun traitement. Cependant, l'IgG n'a pas réduit significativement le risque de décès causé par la maladie du CMV (6 études, 346 patients : RR 0,33, IC à 95% entre 0,14 et 0,80). Aucune différence s'est produite à l'égard du risque pour la maladie du CMV (4 études, 298 patients : RR de 1,17, IC à 95 % de 0,74 à 1,86) infection du CMV (4 études, 298 patients : RR de 1,16, IC à 95 % de 0,89 à 1,52) ou mortalité toutes causes (2 études, 217 patients : RR de 0,92, IC à 95 % de 0,37 à 2,29) entre les médicaments antiviraux combinés avec l'IgG et les médicaments antiviraux tous seuls. Aucune différence notable n'a été relevée à l'égard du risque de la maladie du CMV avec un vaccin anti-CMV ou de l'interféron par rapport au placebo ou encore aucun traitement.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.