Dilatation par ballonnet sous contrôle endoscopique versus injection de toxine botulique (Botox) dans le traitement de l'achalasie, une pathologie entraînant des difficultés de déglutition

L'achalasie est un trouble de la motilité œsophagienne qui entraîne une tonicité accrue du sphincter œsophagien inférieur (SOI) et des symptômes de difficultés de déglutition. Les traitements, qui ont pour objectif de diminuer la tonicité du SOI, comprennent les options endoscopiques de dilatation pneumatique (DP) ou d'injection locale de toxine botulique (BTX). Nous avons entrepris de réaliser une revue systématique comparant les essais contrôlés randomisés qui examinaient l'efficacité et l'innocuité de la DP et de l'injection de BTX chez les personnes souffrant d'achalasie. Nous avons recherché dans des bases de données (MEDLINE, EMBASE, ISI Web of Science et la Bibliothèque Cochrane) en avril 2014 des rapports d'essais contrôlés randomisés pertinents. Sept essais contrôlés randomisés ont été identifiés pour inclusion dans la revue, et cinq étaient pertinentes pour la méta-analyse. La méta-analyse suggérait que, même si les deux interventions avaient des taux de réponse initiale similaires, les taux de rémission à six et 12 mois étaient bien plus importants avec la DP qu'avec l'injection de BTX.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats de cette méta-analyse laissent à penser que la DP est le traitement endoscopique le plus efficace sur le long terme (plus de six mois) pour les patients souffrant d'achalasie.

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Contexte: 

L'achalasie est un trouble de la motilité œsophagienne qui entraîne une tonicité accrue du sphincter œsophagien inférieur (SOI) et des symptômes de difficultés de déglutition. Les traitements ont pour objectif de réduire la tonicité du SOI. Actuellement, les options thérapeutiques sous contrôle endoscopique comprennent la dilatation pneumatique (DP) ou l'injection de toxine botulique (BTX).

Objectifs: 

Réaliser une étude systématique comparant l'efficacité et l'innocuité de deux traitements endoscopiques, la DP et l'injection intra-sphinctérique de BTX, dans le traitement de l'achalasie œsophagienne.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des essais ont été initialement identifiés par des recherches dans MEDLINE (de 1966 à août 2008), EMBASE (de 1980 à septembre 2008), ISI Web of Science (de 1955 à septembre 2008) et la Bibliothèque Cochrane No. 3, 2008. Ces recherches dans toutes les bases de données ont été réalisées en octobre 2005 et actualisées en septembre 2008 et avril 2014. La stratégie de recherche très sensible de Cochrane pour identifier des essais randomisés dans MEDLINE, version maximisant la sensibilité dans le format Ovid, a été combinée avec des termes de recherche spécifiques pour identifier des essais contrôlés randomisés dans MEDLINE. La stratégie de recherche MEDLINE a été adaptée pour être utilisée dans les autres bases de données examinées.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant la DP à l'injection de BTX chez des personnes atteintes d'achalasie primaire.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont de manière indépendante évalué la qualité des études et extrait les données.

Résultats principaux: 

Sept études totalisant 178 participants ont été incluses. Deux études ont été exclues de la méta-analyse des taux de rémission en raison de l'hétérogénéité clinique des protocoles endoscopiques initiaux. Il n'y avait aucune différence significative entre la DP et le traitement par BTX en termes de rémission dans les quatre semaines suivant l'intervention initiale, avec un risque relatif de rémission de 1,11 (IC à 95 % 0,97 à 1,27). Il n'y avait pas non plus de différence significative dans les pressions œsophagiennes moyennes entre les groupes de traitement ; la différence moyenne pondérée pour la DP étant de -0,77 (IC à 95 % -2,44 à 0,91, P= 0,37) Des données sur les taux de rémission après le traitement endoscopique initial étaient disponibles pour trois études à 6 mois et pour quatre études à 12 mois. A six mois, 46 des 57 participants DP étaient en rémission par rapport à 29 sur 56 dans le groupe BTX, ce qui donne un risque relatif de 1,57 (IC à 95 % 1,19 à 2,08, P = 0,0015) ; alors qu'à 12 mois, 55 des 75 patients DP étaient en rémission par rapport à 27 sur 72 pour les participants BTX, soit un risque relatif de 1,88 (IC à 95 % 1,35 à 2,61, P = 0,0002). Aucun résultat indésirable grave n'est apparu chez les participants recevant la BTX, alors que l'on a noté des complications avec perforation dans trois cas avec la DP.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.