Régulation à la baisse de la glande pituitaire à long terme avant une fécondation in vitro (FIV) chez les femmes souffrant d'endométriose

L'endométriose est une maladie caractérisée par la présence de tissu endométrial (la muqueuse de l'utérus) en dehors de la cavité de l'utérus. De nombreuses femmes atteintes de cette maladie souffrent de douleurs menstruelles et certaines souffrent d'infertilité. Les femmes infertiles souffrant d'endométriose sont souvent traitées par fécondation in vitro (FIV) ou injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (IICS), mais ont une probabilité inférieure de tomber enceinte que les femmes qui sont infertiles en raison d'une obstruction des trompes. Il a été envisagé que l'administration d'agonistes de la GnRH avant une FIV ou une IICS pouvait augmenter les chances de grossesse. Nous avons passé en revue la littérature et découvert que traiter les femmes pendant trois à six mois par des agonistes de la GnRH avant une FIV ou une IICS multiplie les chances de grossesse clinique par quatre. Cependant, à l'heure actuelle il n'existe pas d'informations sur l'effet de ce traitement sur l'incidence de la grossesse extra-utérine, des grossesses multiples ou des complications affectant les femmes ou leur progéniture.

Conclusions des auteurs: 

L'administration d'agonistes de la GnRH pendant une durée de trois à six mois avant une FIV ou une IICS chez les femmes souffrant d'endométriose multiplie les chances de grossesse clinique par quatre. Les données relatives aux effets indésirables de ce traitement sur la mère ou le fœtus ne sont pas disponibles à l'heure actuelle.

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Contexte: 

Les femmes souffrant d'endométriose qui sont traitées par fécondation in vitro (FIV) ou injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (IICS) présentent un taux de grossesses inférieur aux femmes infertiles pour des raisons tubaires. Il a été envisagé que l'administration d'agonistes de l'hormone libérant de la gonadotrophine (GnRH) pendant quelques mois avant une FIV ou une IICS augmente le taux de grossesses.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité de l'administration d'agonistes de la GnRH pendant trois à six mois avant une FIV ou une IICS chez les femmes souffrant d'endométriose.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé des recherches électroniques du registre Cochrane des essais contrôlés - Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL), de MEDLINE, de EMBASE, du National Research Register (NRR) et du registre spécialisé des essais contrôlés MDSG. Nous avons effectué des recherches manuelles dans les actes des congrès annuels de l'American Society for Reproductive Medicine (ASRM) et de l'European Society for Human Reproduction and Embryology (ESHRE). Nous avons examiné les listes bibliographiques des recherches et des articles de revue d'origine. Nous avons contacté des experts de divers pays afin d'identifier les essais non publiés.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés utilisant tout agoniste de la GnRH avant une FIV ou une IICS pour traiter les femmes souffrant à un degré quelconque d'endométriose diagnostiquée par laparoscopie ou laparotomie

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue indépendants ont extrait les données (HNS et JGV). Nous avons envoyé des e-mails aux investigateurs afin d'obtenir des informations complémentaires. Nous avons évalué la validité de chaque étude à l'aide des méthodes suggérées dans le manuel Cochrane. Les données ont été vérifiées par le troisième auteur de la revue (SD) et tout désaccord a été résolu par arbitrage par le quatrième auteur de la revue (AA). Nous avons généré 2 x 2 tableaux pour les principales mesures de résultats. La technique de Mantel-Haenszel modifiée par Peto a été utilisée pour calculer les rapports de cotes (RC) et évaluer l'hétérogénéité statistique entre les études.

Résultats principaux: 

Trois essais contrôlés randomisés (portant sur 165 femmes) ont été inclus. Le taux de naissances vivantes par femme était significativement plus élevé chez les femmes recevant l'agoniste de la GnRH que dans le groupe témoin (RC 9,19, IC à 95 % 1,08 à 78,22). Cependant, ceci était basé sur un seul essai ne faisant état que des « grossesses viables ». Le taux de grossesses cliniques par femme était également significativement supérieur (trois études : RC 4,28, IC à 95 % 2,00 à 9,15). Les informations sur les taux de fausses couches provenaient de deux essais d'hétérogénéité élevée, et par conséquent les résultats de la méta-analyse étaient discutables. Les études incluses n'ont pas fourni suffisamment de données pour étudier les effets de l'administration d'agonistes de la GnRH sur les grossesses multiples ou extra-utérines, les anomalies fœtales ou autres complications.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.