Il n'existe pas de preuve solide montrant que les adultes souffrant du syndrome néphrotique tireraient un bénéfice à long terme du traitement à base de médicaments immunosuppresseurs

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Le syndrome néphrotique est une maladie dans laquelle les reins laissent passer une protéine du sang dans l'urine. La néphropathie membraneuse idiopathique (NMI) chez les adultes est la forme la plus courante de ce syndrome. La plupart des adultes atteints de NMI connaîtront une rémission complète ou partielle, mais au moins un tiers d'entre eux aura à terme une insuffisance rénale. La revue des essais a montré qu'il n'existe pas de preuve solide indiquant que les médicaments immunosuppresseurs ont un effet à long terme sur la survie ou sur la santé des reins. Les médicaments pourraient augmenter le taux de rémission, mais les preuves ne sont pas concluantes. Parmi les effets indésirables on trouve des troubles gastriques et une réduction des globules blancs.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue n'a pas pu montrer un effet à long terme du traitement immunosuppresseur sur la survie des patients et/ou des reins. Une augmentation du nombre d'interruptions dues aux événements indésirables a été rapportée dans les groupes du traitement immunosuppresseur. Dans la classe des agents alcoylants, des preuves faibles soutiennent l'efficacité de la cyclophosphamide par rapport au chlorambucil. D'autre part, la cyclophosphamide présentait moins d'effets secondaires entraînant l'abandon du traitement par le patient que le chlorambucil.

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Contexte: 

La néphropathie membraneuse idiopathique (NMI) est la forme la plus courante de ce syndrome chez les adultes. La maladie suit un cours bénin ou indolent chez la majorité des patients, avec un taux de rémission spontanée complète ou partielle du syndrome néphrotique de 30 % ou plus. Malgré tout, 30 à 40 % des patients évoluent vers une insuffisance rénale en phase terminale (IRPT) en 5 à 15 ans.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et les effets délétères du traitement immunosuppresseur chez les adultes atteints de NMI.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane de Néphrologie (décembre 2003), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Cochrane Library, numéro 4, 2003), MEDLINE, Pre-MEDLINE (1966 - décembre 2003), EMBASE (1980 - décembre 2003), les références bibliographiques d'ouvrages de néphrologie, des articles de revue, des registres d'essais prospectifs, des essais pertinents, des comptes-rendus de conférences scientifiques de néphrologie et Internet, sans restriction de langue. Les principaux investigateurs des études contrôlées ont été contactés.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi ECR comparant une intervention immunosuppressive pour le traitement de la NMI chez les adultes.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont évalué et extrait les informations de manière indépendante. Des informations ont été recueillies sur la méthode, les participants, les interventions et les critères de jugement (mortalité, IRPT, protéinurie, créatinine dans le sérum, FLG, rémission, événements indésirables).

Résultats principaux: 

Au total, 18 essais avec 1025 patients ont été inclus. Aucune différence n'a été observée après avoir combiné les données de toutes les catégories de traitement en tant que groupe et les avoir comparé à un placebo ou à l'absence de traitement. Glucocorticoïdes oraux. Aucun effet bénéfique sur aucun des critères d'évaluation sélectionnés pour l'efficacité n'a été observé. Des agents alcoylants ont présenté un effet bénéfique significatif sur la rémission complète (RR 2,37, IC à 95 % entre 1,32 et 4,25, P = 0,004) mais pas sur la rémission partielle (RR 1,22, IC à 95 % entre 0,63 et 2,35, P = 0,56) ou la rémission complète ou partielle (RR 1,55, IC à 95 % entre 0,72 et 3,34, P = 0,27). Le traitement par cyclophosphamide a donné lieu à une diminution significative du taux d'interruptions dues aux événements indésirables par rapport au chlorambucil (RR 2,34, IC à 95 % entre 1,25 et 4,39, P = 0,008). Il n'existait pas de preuve de différences cliniquement importantes en faveur de la ciclosporine et les données étaient insuffisantes sur les agents anti-proliférateurs.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.