Traitement de la spasticité (crampes et spasmes musculaires) chez les personnes atteintes d'une sclérose latérale amyotrophique/maladie du motoneurone

La spasticité entraîne généralement des raideurs ou des crampes dans les muscles déjà affaiblis chez une personne atteinte d'une sclérose latérale amyotrophique (aussi appelée « maladie du motoneurone »). La réalisation d'activités de la vie quotidienne n'en devient que plus difficile. Cette revue n'a trouvé qu'un seul essai randomisé sur le traitement de la spasticité dans le cas d'une maladie du motoneurone, impliquant 25 participants, et aucun autre essai n'a été trouvé dans les mises à jour suivantes. Plusieurs problèmes relatifs à la conception de l'étude ont été identifiés et ont malheureusement remis en cause les certitudes liées à ces découvertes. Au bout de trois mois, les participants effectuant des exercices de 15 minutes deux fois par jour présentaient une baisse générale significative de la spasticité par rapport aux participants du groupe témoin (baisse moyenne de - 0,43, intervalle de confiance (IC) à 95 % - 1,03 à + 0,17 dans le groupe sous traitement contre une augmentation de + 0,25, IC à 95 % - 0,46 à + 0,96 dans le groupe témoin), mais la différence moyenne entre les groupes n'était pas significative, comme mesurée par l'échelle d'Ashworth (une échelle d'évaluation de la spasticité, dont les valeurs sont comprises entre 0 et 5, où la valeur la plus élevée correspond à une spasticité sévère). L'essai n'était pas suffisamment représentatif pour déterminer si les exercices individuels de type endurance à intensité modérée pour le tronc et les membres sont efficaces ou nocifs. Aucun effet secondaire lié à ces exercices n'a été signalé. Aucun autre essai randomisé concernant différents traitements n'a été trouvé. D'autres recherches doivent être effectuées pour déterminer si l'exercice physique ou d'autres traitements, comme la prise d'antispastiques, sont efficaces ou nocifs.

Conclusions des auteurs: 

L'essai comparatif n'était pas suffisamment représentatif pour déterminer si les exercices individuels de type endurance à intensité modérée pour le tronc et les membres sont efficaces ou nocifs. Aucun autre traitement médical, chirurgical ou alternatif n'a été évalué de façon aléatoire pour cette catégorie de patients. D’autres recherches sont nécessaires.

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Contexte: 

La spasticité touche généralement des patients atteints de la maladie du neuromoteur. Elle est susceptible de contribuer à une aggravation des troubles musculaires et des difficultés liées aux activités de la vie quotidienne, ainsi qu'à une détérioration de la qualité de vie. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2003 et précédemment mise à jour en 2005 et 2008.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue est d'évaluer de façon systématique les traitements de la spasticité dans le cas d'une sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée « maladie du motoneurone ».

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les affections neuro-musculaires (4 juillet 2011), CENTRAL (2011, numéro 2), MEDLINE (de janvier 1966 à juillet 2011), EMBASE (de janvier 1980 à juillet 2011), CINAHL Plus (de janvier 1937 à juillet 2011), AMED (de janvier 1985 à juillet 2011) et LILACS (de janvier 1982 à juillet 2011). Nous avons passé en revue les bibliographies des essais contrôlés randomisés identifiés et contacté les auteurs et experts spécialisés dans le domaine.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés composés de participants atteints d'une sclérose latérale amyotrophique probable ou définie conformément aux critères diagnostiques d'El Escorial (ou une version révisée) ou à la révision d'Airlie House. Nous avons inclus des essais concernant les traitements physiques, les modalités, les médicaments prescrits et non prescrits, la neurolyse chimique, les interventions chirurgicales et les traitements alternatifs. Notre principal critère de jugement était la diminution de la spasticité au bout de trois mois ou plus, comme mesurée par l'échelle d'évaluation de la spasticité d'Ashworth (ou échelle d'Ashworth modifiée). Nos critères de jugement secondaires étaient : des mesures validées en fonction d'antécédents médicaux, une visite médicale, des mesures physiologiques, des mesures de la fonction motrice, des mesures de la qualité de vie, tous les événements indésirables et des mesures de coût.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont analysé de façon indépendante les résumés des essais potentiels extraits à l'issue des recherches. Deux auteurs ont extrait des données. Nous avons également contacté l'auteur de l'article et obtenu des informations qui n'étaient pas disponibles dans l'article publié. Trois auteurs ont évalué de façon indépendante la qualité méthodologique de l'ensemble des essais inclus.

Résultats principaux: 

Nous n'avons identifié qu'un seul essai contrôlé randomisé répondant à nos critères d'inclusion et aucun autre essai n'a été identifié dans les mises à jour suivantes. L'étude incluse était un essai concernant un exercice de type endurance à intensité modérée comparé à des « activités habituelles » chez 25 patients atteints d'une sclérose latérale amyotrophique. Les risques de biais étaient élevés et aucun événement indésirable n'a été signalé. Au bout de trois mois, les participants effectuant des exercices de 15 minutes deux fois par jour présentaient une baisse générale significative de la spasticité (baisse moyenne de - 0,43, intervalle de confiance (IC) à 95 % - 1,03 à + 0,17 dans le groupe sous traitement contre une augmentation de + 0,25, IC à 95 % - 0,46 à + 0,96 dans le groupe témoin), mais la différence moyenne entre les groupes n'était pas significative (- 0,68, IC à 95 % - 1,62 à + 0,26), comme mesurée par l'échelle d'Ashworth (scores possibles compris entre 0 et 5, où la valeur la plus élevée correspond à une spasticité sévère).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.