Les antipsychotiques atypiques sont bénéfiques pour les personnes atteintes de démence, mais les risques d'événements indésirables pourraient être plus importants que les bénéfices, en particulier avec un traitement à long terme

Les antipsychotiques atypiques sont le principal traitement pharmacologique choisi par de nombreux médecins pour soigner les symptômes comportementaux et psychiatriques chez les personnes atteintes de démence. La plus grande base de preuves pour les essais contrôlés contre placebo en double aveugle dans ce domaine concerne le rispéridone. Une méta-analyse sur l'efficacité et les événements indésirables est nécessaire pour éclairer la pratique clinique, en particulier au vu des récentes inquiétudes de sécurité. Une efficacité modeste est évidente, mais le risque élevé d'événements indésirables cérébrovasculaires, de mortalité, d'infections des voies respiratoires supérieures, d'œdème et de symptômes extrapyramidaux est inquiétant, en particulier considérant qu'un rapport sélectif ne permet pas d'interpréter d'autres résultats indésirables potentiels.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves suggèrent que la rispéridone et l'olanzapine réduisent efficacement l'agressivité et que la rispéridone réduit la psychose, mais ces deux médicaments sont associés à des événements cérébrovasculaires indésirables graves et à des symptômes extrapyramidaux. Malgré une efficacité modeste, l'augmentation significative des événements indésirables confirme que ni le rispéridone ni l'olanzapine ne devraient être utilisés habituellement pour traiter les patients atteints de démence avec agressivité ou psychose, sauf en cas de détresse grave ou de risque de blessure physique pour les personnes vivant et travaillant avec le patient. Bien que les données issues des essais inclus soient insuffisantes, une méta-analyse de dix-sept essais contrôlés contre placebo sur des neuroleptiques atypiques pour le traitement de symptômes comportementaux chez les personnes atteintes de démence, réalisés par la Food and Drug Administration suggérait une augmentation significative de la mortalité (RC 1,7). Une méta-analyse évaluée par des pairs (Schneider 2005) de 15 études contrôlées contre placebo (neuf publiées) mettait en évidence une augmentation similaire du risque de mortalité (RC = 1,54, IC à 95 % de 0,004 à 0,02, p = 0,01) pour les neuroleptiques atypiques.

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Contexte: 

La plupart des personnes atteintes de démence présentent des manifestations d'agressivité, d'agitation ou de psychose à un certain stade de la maladie. Plusieurs essais sur les antipsychotiques atypiques pour traiter ces symptômes ont été réalisés ces cinq dernières années et une revue systématique est nécessaire pour évaluer correctement les preuves.

Objectifs: 

Déterminer si les preuves sont favorables à l'utilisation d'antipsychotiques atypiques pour le traitement de l'agressivité, de l'agitation et de la psychose chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les essais ont été identifiés à partir d'une recherche mise à jour du registre spécialisé du groupe Cochrane sur la démence et les autres troubles cognitifs le 7 décembre 2004, en utilisant les termes olanzapine, quétiapine, rispéridone, clozapine, amisulpride, sertindole, zotépine, aripiprazole, ziprasidone. Ce registre contient des articles issus des principales bases de données médicales et de nombreuses bases de données d'essais en cours et est mis à jour régulièrement.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés contre placebo et randomisés, avec une assignation secrète, dans lesquels la démence et la psychose et/ou l'agressivité étaient évaluées.

Recueil et analyse des données: 

1. Trois évaluateurs ont extrait les données des essais inclus.
2. Les données ont été combinées lorsque cela était possible et analysées à l'aide de méthodes statistiques appropriées.
3. L'analyse incluait les patients traités par un antipsychotique atypique par rapport à un placebo.

Résultats principaux: 

Seize essais contrôlés contre placebo ont été réalisés avec des antipsychotiques atypiques mais seulement neufs possédaient suffisamment de données pour contribuer à une méta-analyse et seulement cinq étaient publiés intégralement dans des revues professionnelles. Aucun essai sur l'amisulpiride, le sertindole ou la zotépine satisfaisant aux critères d'inclusion n'a pu être identifié.
Les essais inclus ont permis d'obtenir les résultats suivants :
1. Une amélioration significative de l'agressivité a été observée avec un traitement par rispéridone et olanzapine par rapport au placebo.
2. Une amélioration significative de la psychose a été observée chez les patients sous rispéridone.
3. Les patients sous rispéridone et olanzapine présentaient une incidence significativement plus élevée d'événements cérébrovasculaires indésirables graves (y compris des AVC), d'effets secondaires extrapyramidaux et d'autres résultats indésirables importants.
4. Une augmentation significative des taux de sorties d'étude a été rapportée chez les patients sous rispéridone (2 mg) et olanzapine (5-10 mg).
5. Les données étaient insuffisantes pour examiner l'impact sur la fonction cognitive.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.