Médicaments destinés à réduire l'acidité gastrique chez les personnes atteintes de mucoviscidose

Question de la revue

Nous avons examiné les données sur l'utilisation de médicaments pour réduire l'acidité gastrique chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Contexte

La mucoviscidose provoque des lésions pulmonaires et pancréatiques. Le pancréas produit des enzymes qui sont nécessaires à l'organisme pour digérer et absorber les aliments. Si le pancréas est endommagé, cela peut affecter la manière dont on absorbe les aliments. Cela peut également accroître l'acidité dans l'estomac, ce qui peut conduire à des brûlures d'estomac et des ulcères peptiques. Il existe des médicaments capables de réduire la quantité d'acide dans l'estomac. Les essais portant sur ces médicaments ont montré qu'ils peuvent améliorer les problèmes touchant le système digestif et l'absorption des graisses. Ceci est une version mise à jour de la revue.

Date de la recherche

Les preuves sont à jour : 12 mai 2016.

Caractéristiques de l'étude

La revue a inclus 17 essais portant sur un total de 273 enfants et adultes. Sept de ces essais étaient limités aux enfants et quatre essais recrutaient uniquement des adultes, tandis que les autres ont recruté des personnes de tous âges. Tous les essais ont été effectués dans des centres uniques et allaient de cinq jours à six mois.

La plupart des essais avaient comparé une intervention à un placebo (traitement fictif sans médicament actif). Six essais comparaient les inhibiteurs de la pompe à protons (médicaments qui réduisent la quantité d'acide dans l'estomac, par exemple l'oméprazole et ésoméprazole) à un placebo et sept essais comparaient un antagoniste des récepteurs H2 (un second groupe de médicaments qui réduisent la quantité d'acide dans l'estomac, par ex. la ranitidine et la cimétidine) à un placebo. L'un des essais avait trois groupes et comparait un inhibiteur de la pompe à protons à la fois à un agoniste des récepteurs H2 et à un placebo. Parmi les cinq autres essais, l'un comparait la pancrélipase (une combinaison de trois enzymes (lipase, protéase, et amylase) normalement produites par le pancréas) à une combinaison de pancrélipase et de misoprostol (un médicament qui protège la muqueuse de l'intestin de l'acide gastrique) ; l'un comparait le misoprostol à un placebo, et l'un comparait l'enprostil (médicament similaire au misoprostol) à la ranitidine. Deux essais utilisaient le bicarbonate de sodium - l'un par rapport à un placebo et le deuxième par rapport au carbonate de calcium.

Principaux résultats

Nous n'avons pas été en mesure de combiner les résultats de ces essais en raison de leur conception. Les essais individuels indiquaient des améliorations de la douleur abdominale et de l'absorption des graisses. Cependant, les essais n'ont pas signalé d'améliorations pour d'autres critères de jugement tels que la fonction pulmonaire, la qualité de vie ou la survie. Les différents médicaments étudiés ont provoqué des effets indésirables, principalement des diarrhées (deux personnes ont abandonné l'essai à cause de cela) et des ballonnements dus au gaz. Comme nous n'avons pas pu combiner les résultats de ces essais, nous n'avons pas été en mesure de tirer des conclusions définitives quant à savoir si les personnes atteintes de mucoviscidose pourraient bénéficier de la prise de ces médicaments. De nouveaux essais à long terme sont nécessaires pour examiner les effets bénéfiques et les éventuels effets indésirables chez les personnes atteintes de mucoviscidose qui prennent des médicaments pour réduire l'acide gastrique.

Qualité des preuves

Il y avait 14 essais qui avaient un plan d'étude croisé (où les participants reçoivent d'abord un traitement, puis un autre traitement) et nous n'avons pas disposé des informations appropriées pour analyser les résultats correctement. Peu des essais inclus ont rapporté clairement certains aspects de la qualité de l'essai ou ont fourni suffisamment d'informations pour permettre d'établir si certains facteurs pourraient entraîner un risque potentiel de biais pour les résultats.

Conclusions des auteurs: 

Les essais ont montré des preuves limitées que les agents qui réduisent l'acidité gastrique sont associés à une amélioration des symptômes gastro-intestinaux et de l'absorption des graisses. Actuellement, il n'existe pas suffisamment de preuves pour déterminer s'il existe une amélioration de l'état nutritionnel, de la fonction pulmonaire, la qualité de vie ou la survie. En outre, en raison du manque de clarté des risques de biais dans les essais inclus, nous ne sommes pas en mesure de tirer des conclusions définitives sur la base des preuves rapportées dedans. Nous recommandons donc que des essais cliniques contrôlés randomisés à grande échelle, multicentriques, soient réalisés pour évaluer ces interventions.

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Contexte: 

La mauvaise absorption des graisses et des protéines contribue à un mauvais état nutritionnel chez les personnes atteintes de mucoviscidose. L'altération de la fonction pancréatique peut également entraîner une augmentation de l'acidité gastrique, conduisant à son tour à des brûlures d'estomac, des ulcères gastro-duodénaux et une moindre efficacité de l'enzymothérapie pancréatique substitutive par voie orale. L'administration d'agents réduisant l'acidité gastrique a été utilisée en complément de l'enzymothérapie pancréatique afin d'améliorer l'absorption des graisses et les symptômes gastro-intestinaux chez les personnes atteintes de mucoviscidose. Il est important d'établir les preuves concernant les bénéfices potentiels des médicaments qui réduisent l'acidité gastrique chez les personnes atteintes de mucoviscidose. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée précédemment.

Objectifs: 

Évaluer l'effet des traitements destinés à réduire l'acidité gastrique pour : l'état nutritionnel ; les symptômes associés à l'augmentation de l'acidité gastrique ; l'absorption des graisses ; la fonction pulmonaire, la qualité de vie et la survie ; et déterminer s'il existe des effets indésirables associés à leur utilisation.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et autres maladies génétiques constitué des références identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques, ainsi que des recherches manuelles de revues pertinentes, de recueils de résumés et d'actes de conférence.

Recherche la plus récente effectuée dans le registre des essais cliniques du groupe : 12 mai 2016.

Critères de sélection: 

Tous les essais randomisés et quasi-randomisés portant sur les agents qui réduisent l'acidité gastrique par rapport à un placebo ou à un traitement comparateur.

Recueil et analyse des données: 

Les deux auteurs ont sélectionné les essais, évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Les recherches ont identifié 39 essais ; 17 d'entre eux, avec 273 participants, étaient éligibles pour l'inclusion, mais le nombre d'essais évaluant les différents agents était faible. Sept essais ont été limités aux enfants et quatre essais recrutaient uniquement des adultes. La méta-analyse n'a pas été effectuée, 14 essais avaient un plan d'étude croisé et nous n'avons pas disposé des informations appropriées pour effectuer des méta-analyses exhaustives. Tous les essais ont été effectués dans des centres uniques et la durée de l'intervention allait de cinq jours à six mois. Les essais inclus n'étaient généralement pas correctement documentés de façon suffisante pour permettre d'évaluer le risque de biais.

Cependant, un essai indiquait que les traitements qui réduisent l'acidité gastrique améliorent les symptômes gastro-intestinaux tels que les douleurs abdominales ; sept essais rapportaient une amélioration significative des mesures de mauvaise absorption des graisses ; et deux essais n'ont signalé aucune amélioration significative de l'état nutritionnel. Un seul essai a rapporté des mesures de la fonction respiratoire et un essai a rapporté un effet indésirable du misoprostol (analogue de la prostaglandine E2). Aucun essai n'a été identifié évaluant l'efficacité de ces agents dans l'amélioration de la qualité de vie, les complications liées à l'augmentation de l'acidité gastrique ou la survie.

Notes de traduction: 

Post édition : Maya Cloarec (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.