La fécondation in vitro (FIV) peut amener à un nombre de grossesses plus important que les autres options en cas d'infertilité inexpliquée, mais les données factuelles ne sont pas concluantes

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

La FIV est couramment utilisée pour les couples avec une infertilité inexpliquée étant donné qu'elle peut surmonter une multitude de problèmes biologiques en assurant la fécondation à l'extérieur de l'organisme. Pour autant, elle est onéreuse, invasive et peut entraîner des complications (y compris des naissances multiples). Les autres options utilisées en cas d'infertilité inexpliquée sont les suivantes : essayer de tomber enceinte naturellement, les médicaments pour stimuler les ovaires ('médicaments de la fertilité') et l'introduction de sperme lavé dans l'utérus (insémination). La revue des essais a démontré que la FIV peut aboutir à un nombre plus important de naissances que les autres techniques pour les couples avec une infertilité inexpliquée, mais les recherches ne sont pas concluantes. Les résultats indésirables et les coûts n'ont pas été traités de manière appropriée dans les essais.

Conclusions des auteurs: 

La FIV est peut être plus efficace que l'IIU+SO. En raison du manque de données issues des ECR, l'efficacité de la FIV en cas d'infertilité inexpliquée par rapport à une attitude non interventionniste, au citrate de clomiphène et à une IIU seule reste infondée. Les évènements indésirables et les coûts associés à ces interventions n'ont pas été convenablement évalués.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

La fécondation in vitro (FIV) est un traitement largement accepté en cas d'infertilité inexpliquée (NICE 2004), qui affecte jusqu'à un tiers des couples infertiles. Avec des taux de naissances vivantes estimés (TNV) par cycle variant entre 33,1 % pour les femmes de moins de 35 ans pour tomber à 12,5 % pour les femmes de 40 à 42 ans (HFEA 2011), son efficacité n'a pas été rigoureusement évaluée par rapport aux autres traitements. Avec une prise de conscience accrue du rôle de l'attitude non interventionniste, des procédures moins invasives telles que l'insémination intra-utérine (IIU), ainsi que les inquiétudes par rapport aux grossesses multiples et les coûts associés à une FIV, il est essentiel d'évaluer l'efficacité de la FIV par rapport aux autres options thérapeutiques chez les couples avec une infertilité inexpliquée.

Objectifs: 

Evaluer l'efficacité et l'innocuité de la FIV par rapport à une attitude non interventionniste, au citrate de clomiphène, à une IIU seule et à une insémination intra-utérine + une stimulation ovarienne contrôlée (IUU+SO)

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherche dans le registre d’essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de l'infertilité (recherche effectuée en juillet 2011), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2011, premier trimestre), MEDLINE (de 1970 à juillet 2011), EMBASE (de 1985 à juillet 2011) et dans les références bibliographiques des articles. Les actes de conférence pertinents ont été examinés manuellement. Les auteurs ont été contactés.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR). Le TNV par femme était le principal critère de jugement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont, indépendamment, évalué l’éligibilité et la qualité des essais.

Résultats principaux: 

Six ECR ont été inclus dans l'analyse finale. le TNV par femme était significativement plus élevé avec la FIV (45,8 %) qu'avec l'attitude non interventionniste (3,7 %) (rapport de cotes (odd ratio (OR)) 22,00, intervalle de confiance (IC) à 95 % 2,56 à 189,37, 1 ECR, 51 femmes). Il n'y avait pas de données comparatives pour le citrate de clomiphène. Il n'a été trouvé aucune donnée sur une différence significative dans le TNV entre la FIV et l'IIU seule (OR 1,96, IC à 95 % 0,88 à 4,36, 1 ECR, 113 femmes), 40,7 % avec la FIV contre 25,9 % avec l'IIU. Dans les études comparant la FIV à l'IIU+SO, le TNV par femme n'était pas significativement différent entre les groupes chez les femmes n'ayant pas reçu de traitement (OR 1,09, IC à 95 % 0,74 à 1,59, 2 ECR, 234 femmes), mais était significativement plus élevé dans une ECR de grande taille portant sur des femmes pré-traitées avec une IIU + citrate de clomiphène (OR 2,66, IC à 95 % 1,94 à 3,63, 1 ECR, 341 femmes). Ces trois études n'ont pas pu être regroupées en raison d'une hétérogénéité importante (I2 = 84%). Il n'a été constaté aucune différence significative dans le taux de grossesses multiples (TGM) ou le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO) entre les deux traitements (respectivement OR 0,64, IC à 95% 0,31 à 1,29, 3 ECR, 351 femmes ; OR 1,53, IC à 95% 0,25 à 9,49, 1 ECR, 118 femmes).

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.