Hydratation dans le traitement du travail prématuré

Sauf cas de déshydratation, il semblerait que les perfusions intraveineuses de suppléments de liquides ne présentent aucun effet bénéfique chez les femmes en travail prématuré.

Un accouchement prématuré (avant 37 semaines) peut provoquer des problèmes de santé et se révéler potentiellement mortel pour les bébés. Étant donné que les femmes en travail prématuré présentent généralement une baisse de la quantité de liquide dans leur organisme, une mise sous perfusion est parfois pratiquée (hydratation) afin d'essayer d'augmenter le volume sanguin de la femme. Ceci, dans l'espoir que ce supplément de liquide permette en quelque sorte de ralentir les contractions. Toutefois, d'après les informations limitées disponibles (deux études impliquant 228 femmes), la revue a trouvé qu'il n'existe aucune preuve d'un effet bénéfique de l'hydratation dans la prévention du travail prématuré, bien qu'elle puisse être bénéfique pour les femmes déshydratées.

Conclusions des auteurs: 

Les données n'étaient pas suffisamment nombreuses pour recommander le recours à l'hydratation comme traitement spécifique des femmes présentant un travail prématuré. Les deux études disponibles et de petite taille ne montrent aucun effet bénéfique de l'hydratation par rapport à l'alitement seul. L'hydratation intraveineuse ne semble pas avoir d'effets bénéfiques, même lors de la période d'évaluation peu après l'admission, chez les femmes présentant un travail prématuré. Toutefois, les femmes présentant des signes de déshydratation peuvent bénéficier de cette intervention.

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Contexte: 

L'hydratation a été proposée comme traitement destiné aux femmes en travail prématuré. En théorie, l'hydratation peut réduire la contractilité utérine en augmentant le flux sanguin utérin et en diminuant la sécrétion hypophysaire de l'hormone antidiurétique et de l'ocytocine.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de l'hydratation intraveineuse ou orale afin d'éviter un accouchement prématuré, ainsi que ses conséquences chez les femmes dont l'accouchement est prématuré.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (30 septembre 2013) et les bibliographies des articles pertinents.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés, incluant des femmes dont la grossesse est viable et inférieure à 37 semaines révolues et présentant un travail prématuré, qui comparent l'hydratation intraveineuse ou orale à l'absence de traitement. L'intervention peut, ou pas, être associée à l'alitement. Les études comparant des médicaments tocolytiques à des perfusions intraveineuses de liquides pratiquées dans le groupe témoin en guise de placebo n'étaient pas incluses dans la présente revue.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué les rapports afin de déterminer si l'étude répondait aux critères d'inclusion et d'évaluer sa qualité méthodologique. Deux des auteurs de la revue ont indépendamment extrait des données. Les résultats étaient exprimés sous la forme de risques relatifs (RR) pour les résultats dichotomiques et d'une différence moyenne pour les résultats continus.

Résultats principaux: 

Deux études, incluant un total de 228 femmes présentant un travail prématuré et des membranes intactes, comparaient l'hydratation intraveineuse à l'alitement seul. Les risques d'accouchement prématuré, avant 37 semaines (RR 1,09 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,71 à 1,68), avant 34 semaines (RR 0,72 ; IC à 95 % 0,20 à 2,56) ou avant 32 semaines (RR 0,76 ; IC à 95 % 0,29 à 1,97), étaient similaires entre les groupes. L'admission en unité de soins intensifs néonataux survenait à une fréquence similaire dans les deux groupes (RR 0,99 ; IC à 95 % 0,46 à 2,16). Le coût du traitement était légèrement plus élevé (39 US$) dans le groupe d'hydratation. Cette différence n'était pas statistiquement significative et inclut uniquement les frais d'hospitalisation pour une visite inférieure à 24 heures. Aucune étude n'a examiné l'hydratation orale.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.