Traitement des absences épileptiques chez les enfants et adolescents : éthosuximide, valproate de sodium ou lamotrigine

Contexte

Les crises d’épilepsie sont causées par des décharges électriques anormales du cerveau. Les crises d'absences se traduisent par une perte soudaine de conscience. Elles commencent souvent dès l'enfance ou l'adolescence. Trois antiépileptiques sont souvent utilisés en cas d’absence épileptique : le valproate, l’éthosuximide et la lamotrigine.

Cette revue vise à déterminer quel est le meilleur choix d’antiépileptique parmi ces trois médicaments pour le traitement des crises d'absence chez les enfants et les adolescents.

Résultats

Nous avons trouvé des données provenant de huit essais cliniques de faible envergure qui indiquent que les patients prenant de la lamotrigine sont moins susceptibles d’avoir une crise d’épilepsie que ceux prenant un placebo. Nous avons également trouvé des preuves solides selon lesquelles les patients qui prennent de l'éthosuximide ou du valproate sont moins susceptibles d’avoir un crise que ceux qui prennent de la lamotrigine. Toutefois, en raison du plus faible risque d'effets indésirables, l'éthosuximide est préféré au valproate chez les enfants atteints d’absences épileptiques.

Au regard de l'efficacité et de la tolérabilité, l'éthosuximide représente la monothérapie empirique optimale pour l’initiation du traitement des crises d’absence chez les enfants et les adolescents.

La revue fait état des lieux des connaissances en mai 2018.

Conclusions des auteurs: 

Depuis la publication de la dernière version de cette revue, nous n'avons trouvé aucune nouvelle étude. Par conséquent, les conclusions restent les mêmes que dans la revue précédente. Au regard de l'efficacité et de la tolérabilité, l'éthosuximide représente la monothérapie empirique optimale pour l’initiation du traitement des CA chez les enfants et les adolescents. Toutefois, si les crises d’absence et les crises tonico-cloniques généralisées coexistent, le valproate devrait être privilégié car l'éthosuximide est probablement inefficace contre les crises tonico-cloniques.

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Contexte: 

Il s'agit d'une version mise à jour de la revue Cochrane publiée en 2017.

Les crises d'absence (CA) sont de brèves crises d'épilepsie qui surviennent pendant l'enfance et l'adolescence. Selon les caractéristiques cliniques et les résultats de l'électroencéphalogramme (EEG), elles sont divisées en absences typiques, atypiques, et en absences avec caractéristiques particulières. Les absences typiques sont caractérisées par une perte soudaine de conscience et l’EEG montre généralement des décharges généralisées de pointes-ondes à trois cycles par seconde (3 Hz). L'éthosuximide, le valproate et la lamotrigine sont actuellement utilisés pour traiter les crises d'absence. Cette revue vise à déterminer le meilleur choix d'antiépileptique pour les enfants et les adolescents atteints de crises d’absence.

Objectifs: 

Examiner les données probantes sur les effets de l'éthosuximide, du valproate et de la lamotrigine dans le traitement des crises d'absence (CA) des enfants et des adolescents, comparativement à un placebo ou entre eux.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour la dernière mise à jour, nous avons consulté le registre des études Cochrane (CRS Web, 29 mai 2018), qui comprend le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l’épilepsie et le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE (Ovid, 1946 au 29 mai 2018), ClinicalTrials.gov (29 mai 2018) et le système d’enregistrement international des essais cliniques de l’OMS (ICTRP, 29 mai 2018). Auparavant, nous avions effectué des recherches dans Embase (1988 à mars 2005) et SCOPUS (1823 au 31 mars 2014), mais cela n'est plus nécessaire puisque les essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi randomisés dans Embase et SCOPUS sont maintenant inclus dans CENTRAL. Aucune restriction de langue n'a été imposée. De plus, nous avons contacté Sanofi Winthrop, Glaxo Wellcome (maintenant GlaxoSmithKline) et Parke Davis (maintenant Pfizer), respectivement fabricants du valproate de sodium, de la lamotrigine et de l’éthosuximide.

Critères de sélection: 

Essais cliniques à groupes parallèles randomisés en monothérapie ou essais complémentaires qui comprennent une comparaison des éléments suivants chez les enfants ou les adolescents atteints de CA : éthosuximide, valproate de sodium, lamotrigine, ou placebo.

Recueil et analyse des données: 

Les critères de jugement étaient : (1) proportion d'individus exempts de crises à un, trois, six, 12 et 18 mois après la randomisation ; (2) personnes dont la fréquence des crises a diminué de 50 % ou plus ; (3) normalisation de l'EEG et/ou test d'hyperventilation négatif ; et (4) effets indésirables. Les données ont été extraites indépendamment par deux auteurs de la revue. Les résultats sont présentés sous forme de risque relatifs (RR) avec des intervalles de confiance à 95 % (IC à 95 %). Nous avons utilisé les critères d'évaluation de qualité GRADE pour évaluer la valeur probantes des données tirées de toutes les études incluses.

Résultats principaux: 

Sur la base de nos critères de sélection, nous n'avons inclus aucune nouvelle étude dans la présente revue. Huit essais de faible envergure (nombre total de participants : 691) ont été inclus à partir de la revue précédente. Six d'entre eux étaient de faible qualité méthodologique (risque incertain ou élevé de biais) et sept ont inclus moins de 50 participants. Il n'existe aucun essai contrôlé versus placebo sur l'éthosuximide ou le valproate et, par conséquent, aucune donnée probante provenant d'ECR en faveur d’un effet spécifique des deux médicaments sur les CA. En raison des méthodologies différentes utilisées dans les essais comparant l'éthosuximide, la lamotrigine et le valproate, nous avons jugé inapproprié d'entreprendre une méta-analyse. Un vaste essai randomisé contrôlé parallèle à double insu comparant l'éthosuximide, la lamotrigine et le valproate de sodium chez 453 enfants atteints d’absence épileptique nouvellement diagnostiquée a révélé qu’à 12 mois les taux de réponse au traitement par éthosuximide ou acide valproïque étaient semblables et supérieurs au taux de réponse à la lamotrigine. La fréquence des échecs thérapeutiques dus à un manque de maîtrise des crises (P < 0,001) et à la présence d’évènements indésirables intolérables (P < 0,037) était significativement différente entre les groupes de traitement. Les crises étaient bien moins maîtrisées dans la cohorte lamotrigine et les évènements indésirables plus présents dans le groupe acide valproïque. Dans l'ensemble, cette vaste étude démontre l'efficacité supérieure de l'éthosuximide et de l'acide valproïque par rapport à la lamotrigine en monothérapie initiale pour contrôler les crises chez les enfants souffrant d’absence épileptique, sans présenter d’effets indésirables intolérables. Le risque de biais pour cette étude était faible. Nous avons jugé que la valeur probante des données provenant des études incluses était globalement moyenne voire bonne.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Yannick HO et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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