Les interventions axées sur l’exercice physique contribuent-elles à l’arrêt du tabac ?

Objectif de la revue

Nous avons examiné les éléments de preuve sur l'effet des programmes d'exercice chez les personnes qui veulent arrêter de fumer. Nous avons cherché à savoir si les programmes d'exercice, seuls ou associés à des programmes de sevrage tabagique, ont aidé plus de gens à arrêter de fumer à six mois ou plus que les programmes de sevrage tabagique seuls ou associés à l'éducation sanitaire.

Contexte

Les cliniques spécialisées et les matériels d'auto-assistance recommandent régulièrement l'exercice pour les personnes qui veulent arrêter de fumer. L'exercice régulier peut faciliter le sevrage tabagique en soulageant le manque et les envies, et en aidant à gérer la prise de poids.

Caractéristiques des études

Les preuves sont à jour jusqu'à avril 2014. Nous avons trouvé 20 essais avec un total de 5 870 participants. Neuf études portaient uniquement sur des femmes et une étude sur des hommes. Les études variaient en termes de durée et d'intensité des programmes proposés. Nous avons inclus uniquement les études ayant mesuré le tabagisme à six mois ou plus. Dans la plupart des essais, les programmes d'exercice comprenaient des exercices en groupe et à domicile.

Principaux résultats

Ces études ayant employé différents types de programmes d’exercice physique à l'intensité variée, les résultats n’ont pas été combinés.

Dans quatre études, les personnes ayant suivi le programme d'exercice étaient beaucoup plus susceptibles d'arrêter de fumer à la fin du traitement que les personnes n'ayant suivi qu'un programme de sevrage tabagique. Seulement deux des 20 essais ont apporté des preuves indiquant que l'exercice aidait les gens à arrêter de fumer à long terme. Dans une de ces études, dont les résultats étaient à la limite de la significativité, les personnes dans le groupe d'exercice avaient des taux de sevrage significativement plus élevés à trois mois de suivi et à 12 mois. Dans cette étude, les personnes ayant suivi le programme d'exercice étaient plus de deux fois plus susceptibles d'être encore sevrées à 12 mois. Une autre étude signalait des taux de sevrage significativement plus élevés à six mois de suivi après un programme associant l'exercice au sevrage tabagique par rapport à de brefs conseils pour cesser de fumer. Les autres études n'ont pas observé d'effet des programmes d'exercice sur les taux de sevrage, mais cela pourrait s'expliquer par le fait qu'il s'agissait de petites études ou parce que les programmes d'exercice n'étaient pas assez intenses.

Qualité des preuves

Le niveau de preuve pour savoir si des programmes d'exercice aident les gens à arrêter de fumer est très faible et davantage de recherche est nécessaire. La conception des études, les risques possibles de biais et les différences entre les études posent des problèmes.

Conclusions des auteurs: 

Seuls deux essais sur les 20 ont fourni des données indiquant que l’exercice physique contribuait à l’arrêt du tabac à long terme. Les autres essais ont tous été réalisés à trop petite échelle pour exclure de manière fiable un effet de l’intervention ou bien incluaient une intervention axée sur l’exercice physique qui n’était peut-être pas suffisamment intense pour atteindre le niveau d’exercice physique requis. Des essais doivent être menés avec des tailles d’échantillon plus importantes, des interventions suffisamment intenses en termes des exercices et du soutien fourni, des conditions de contrôle à contact égal ainsi que des mesures de l’adhésion aux exercices physiques et du changement d’activité physique tant dans le groupe physiquement actif que dans le groupe témoin.

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Contexte: 

L’exercice physique régulier peut aider à arrêter le tabac en limitant le manque et les envies de nicotine et en aidant à gérer la prise de poids.

Objectifs: 

Déterminer si les interventions axées sur l’exercice physique seules ou associées à un programme de sevrage tabagique sont plus efficaces qu’une intervention de sevrage tabagique seule.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme en avril 2014, et dans MEDLINE, EMBASE, PsycINFO et CINAHL Plus en mai 2014.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais randomisés ayant comparé un programme d’exercice physique seul, ou en complément d’un programme de sevrage tabagique, à un programme de sevrage (que nous avons considéré comme l'intervention témoin dans cette revue). Les études devaient avoir recruté des fumeurs ou des personnes ayant récemment arrêté de fumer et assuré un suivi de six mois ou plus. Les études qui ne répondent pas à tous les critères d'inclusion car ils n'évaluaient que les effets aigus de l'exercice sur le comportement tabagique, ou parce que le critère était la réduction du tabagisme, sont résumées mais pas formellement incluses.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait des données sur les caractéristiques des études et les critères de jugement tabagiques. En raison de différences entre les études dans les caractéristiques des interventions utilisées, nous avons résumé les résultats de manière descriptive en n’essayant aucunement d’effectuer une méta-analyse. Nous avons évalué les risques de biais de sélection et d'attrition en utilisant les procédures méthodologiques standard prévues par la Collaboration Cochrane.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 20 essais avec un total de 5 870 participants. L'étude la plus grande était un essai sur Internet avec 2 318 participants, et huit essais comptaient moins de 30 personnes dans chaque bras de traitement. Les études variaient en termes de durée et d'intensité des programmes de sevrage tabagique et d'exercice proposés. Une seule étude incluse a été jugée à risque de biais faible dans tous les domaines évalués. Quatre études ont montré des taux d’abstinence sensiblement plus élevés dans le groupe physiquement actif que dans le groupe témoin à la fin du traitement. L’une de ces études a également noté un bénéfice significatif en faveur du groupe d'exercice par rapport au groupe témoin pour ce qui est de l’abstinence lors du suivi à trois mois et un bénéfice à la limite de la significativité en faveur du groupe d'exercice (p = 0,05) lors du suivi à 12 mois. Une autre étude signalait des taux d'abstinence significativement plus élevés à six mois de suivi après un programme associant l'exercice au sevrage tabagique par rapport à de brefs conseils pour cesser de fumer. Une étude a rapporté des taux d’abstinence sensiblement plus élevés dans le groupe d'exercice que dans le groupe témoin lors du suivi à trois mois, mais pas à la fin du traitement ou lors du suivi à 12 mois. Les autres études n’ont indiqué aucun effet notable sur l’abstinence dans le groupe d'exercice.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.