Traitement non corticoïde pour le syndrome néphrotique chez les enfants

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Les enfants souffrant du syndrome néphrotique perdent des quantités excessives de protéines du courant sanguin dans leur urine. Cette perte de protéines entraîne une tuméfaction des tissus, en particulier au niveau du visage, de l'estomac et des jambes. Le risque d'infection augmente également en raison de la perte de protéines importantes utilisées par leur système immunitaire. Les corticoïdes tels que la prednisone peuvent stopper la fuite protéique, mais la fuite réapparaît fréquemment (rechute) et d'autres corticoïdes peuvent avoir des effets indésirables comme un déficit de croissance, des cataractes, de l'ostéoporose et de l'hypertension artérielle. Cette revue a identifié 26 études (1173 enfants). Ces études ont comparé plusieurs médicaments et ont révélé que le cyclophosphamide, le chlorambucil, la cyclosporine et le lévamisole sont plus efficaces que la prednisone seule pour réduire le risque de rechute.

Conclusions des auteurs: 

Les traitements de huit semaines de cyclophosphamide ou de chlorambucil et les traitements prolongés de cyclosporine et de lévamisole réduisent le risque de rechute chez les enfants souffrant du SNCS récurrent par rapport aux corticoïdes seuls. Des différences cliniquement importantes en matière d'efficacité sont possibles et d'autres essais comparatifs sont encore nécessaires.

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Contexte: 

Quatre-vingts à 90 % des enfants souffrant du syndrome néphrotique cortico-sensible (SNCS) ont des rechutes. Environ la moitié d'entre eux rechutent fréquemment et sont exposés aux effets indésirables des corticoïdes. Les agents immunodépresseurs non corticoïde sont utilisés pour prolonger les périodes de rémission chez ces enfants. Ces agents présentent cependant des effets indésirables potentiels significatifs. Il n'existe actuellement pas de consensus quant à l'agent de deuxième intention le plus approprié pour les enfants cortico-sensibles, mais qui continuent de rechuter.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et les préjudices des agents immunodépresseurs non corticoïde chez les enfants souffrant du SNCS récurrent.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, des références bibliographiques et des abstracts de congrès ont été consultés, et des chercheurs connus ont été contactés.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) ou quasi-ECR ont été inclus s'ils comparaient des agents non corticoïde avec un placebo, la prednisone ou l'absence de traitement, différentes doses et/ou durées du même agent non corticoïde, différents agents non corticoïdes.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante. Les analyses statistiques ont été réalisées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires et les résultats ont été exprimés sous forme de risque relatif (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Vingt-six études ont été identifiées (1 173 enfants). Le cyclophosphamide (RR 0,44, IC à 95 % entre 0,26 et 0,73) et le chlorambucil (RR 0,15, IC à 95 % entre 0,02 et 0,95) ont réduit significativement le risque de rechute à 6-12 mois par rapport à la prednisone seule. Aucune différence quant au risque de rechute n'a été observée entre le chlorambucil et le cyclophosphamide après deux ans (RR 1,31, IC à 95 % entre 0,80 et 2,13). Après un an, aucune différence n'a été observée entre le cyclophosphamide par voie orale et par voie intraveineuse (RR 0,99, IC à 95 % entre 0,76 et 1,29). La cyclosporine était aussi efficace que le cyclophosphamide (RR 1,07, IC à 95 % entre 0,48 et 2,35) et que le chlorambucil (RR 0,82, IC à 95 % entre 0,44 et 1,53) ; le lévamisole (RR 0,43, IC à 95 % entre 0,27 et 0,68) était plus efficace que les stéroïdes seuls mais les effets n'ont pas perduré après l'arrêt du traitement. Aucune différence quant au risque de rechute n'a été observée entre le mycophénolate mofétil et la cyclosporine (RR 5,00, IC à 95 % entre 0,68 et 36,66) mais les IC étaient grands. La mizoribine et l'azathioprine n'ont pas été plus efficaces que le placebo ou la prednisone seule en matière de maintien de la rémission.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.