Traitements des infections urinaires symptomatiques pendant la grossesse

Les antibiotiques sont très efficaces pour le traitement des infections urinaires pendant la grossesse et les complications sont très rares.

Les infections urinaires sont fréquentes pendant une grossesse. Elles incluent des infections ne présentant aucun symptôme (bactériurie asymptomatique), des cystites (infections vésicales) et des pyélonéphrites (infections rénales). Ces infections peuvent entraîner des complications graves chez la femme, ainsi que des problèmes pour le bébé. La présente revue de 10 essais, totalisant 1 125 femmes enceintes, a permis de déterminer que plusieurs types d'antibiotiques présentaient des taux de guérison très élevés de la cystite ou de la pyélonéphrite pendant la grossesse, avec de très rares complications suite au traitement. Toutefois, ces études n'ont montré aucune préférence pour un médicament en particulier.

Conclusions des auteurs: 

Bien qu'un traitement antibiotique soit efficace pour soigner les infections urinaires, il existe des données insuffisantes pour recommander un schéma posologique spécifique pour le traitement des infections urinaires symptomatiques pendant la grossesse. Tous les antibiotiques étudiés se sont révélés être très efficaces dans la diminution de l'incidence des différents résultats. Les cas de complications étaient très rares. Les tailles d'échantillons de tous les essais inclus étaient très réduites pour détecter formellement des différences significatives entre les traitements. De futures études devraient évaluer les antibiotiques les plus prometteurs, en termes de classe, de durée, de posologie, d'acceptabilité, de résultats maternels et néonataux et de coûts.

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Contexte: 

Les infections urinaires, y compris la pyélonéphrite, sont des complications graves pouvant entraîner une morbidité et une mortalité maternelles et néonatales significatives. Il existe un grand nombre de médicaments, mais aussi plusieurs combinaisons, permettant de traiter des infections urinaires, dont la majorité est testée chez des femmes non enceintes. Par conséquent, les tentatives visant à définir un schéma posologique d'antibiotiques optimal dans le cas d'une grossesse se sont révélées problématiques.

Objectifs: 

L'objectif de la présente revue était de déterminer, à partir des preuves disponibles les plus probantes issues d'essais contrôlés randomisés, l'agent le plus efficace pour le traitement des infections urinaires symptomatiques pendant la grossesse en termes de taux de guérison, de récidive de l'infection, d'incidence des accouchements prématurés et de rupture prématurée des membranes, d'admission dans une unité de soins intensifs néonataux, de recours à d'autres antibiotiques et d'incidence d'une pyréxie prolongée.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (novembre 2009) et les références bibliographiques des articles.

Critères de sélection: 

Nous avons pris en compte tous les essais dans lesquels l'objectif était d'allouer les participantes de façon aléatoire à un traitement parmi au moins deux traitements alternatifs d'une infection urinaire symptomatique.

Recueil et analyse des données: 

Les deux auteurs de la revue ont évalué la qualité méthodologique des essais et extrait des données.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 10 études, totalisant 1 125 femmes enceintes. Dans la plupart des comparaisons, il n'y avait aucune différence significative entre les traitements en cours d'étude en termes de taux de guérison, de récidive de l'infection, d'incidence des accouchements prématurés, d'admission dans une unité de soins intensifs néonataux, de recours à un autre antibiotique et d'incidence d'une pyréxie prolongée. Lors de la comparaison du céfuroxime et de la céphradine, il y avait une hausse des taux de guérison (29/49 contre 41/52) et une baisse des récidives (20/49 contre 11/52) dans le groupe du céfuroxime. Il n'y avait qu'une seule autre différence statistiquement significative lors de la comparaison d'un traitement ambulatoire à un traitement en hôpital. L'âge gestationnel à la naissance était supérieur chez les femmes appartenant au groupe de traitement ambulatoire (38,86 contre 37,21), alors que le poids de naissance était en moyenne supérieur dans le groupe de traitement en hôpital (3 120 contre 2 659).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.