Traitement antibiotique macrolide chez les personnes atteintes de mucoviscidose et d’infection pulmonaire chronique

Les personnes atteintes de mucoviscidose souffrent d’infections pulmonaires, souvent causées par la bactérie Pseudomonas aeruginosa. Cette dernière est résistante à la quasi-totalité des antibiotiques oraux. Les antibiotiques macrolides, comme l’azithromycine, n’ont aucun effet mortel direct sur la bactériePseudomonas aeruginosa, mais ils peuvent en diminuer l’activité. Nous avons inclus dix essais contrôlés randomisés totalisant 959 participants dans cette revue. Huit de ces essais comparaient l’azithromycine (un antibiotique macrolide) à un placebo et à deux doses différentes d’azithromycine. Quatre essais effectués chez des enfants et des adultes (549 participants) ont révélé des améliorations significatives au niveau de la fonction pulmonaire après un traitement de 6 mois par azithromycine par rapport à un placebo ; les données sur une durée plus longue étaient toutefois imprécises. Les patients traités par azithromycine avaient environ deux fois plus de chance de guérir d’une exacerbation pulmonaire ; exigeaient moins d’antibiotiques oraux et présentaient moins de colonies de staphylocoques dorés Staphylococcus aureus dans les cultures de cellules pulmonaires et de voies respiratoires. Les effets indésirables étaient rares et pas nécessairement liés par azithromycine, malgré une hausse de la résistance aux macrolides. La majorité des études ont utilisé un calendrier posologique tri-hebdomadaire. La prise d’une dose hebdomadaire élevée était associée à une légère hausse du nombre d’effets gastro-intestinaux indésirables. Des études multicentriques supplémentaires doivent être réalisées pour observer les effets à long terme de ce traitement antibiotique, surtout chez les nouveau-nés diagnostiqués par dépistage.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue fournit des preuves de l’amélioration de la fonction respiratoire après un traitement par azithromycine de six mois. Les données dépassant les six mois étaient plus imprécises, malgré une baisse durable de l’exacerbation pulmonaire. L’innocuité du traitement semblait confirmée pour une période de six mois ; toutefois, l’apparition d’une résistance aux macrolides était préoccupante. Un essai multicentrique doit être réalisé afin d’examiner les effets à long terme de ce traitement antibiotique, plus particulièrement chez les nouveau-nés diagnostiqués par dépistage

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Contexte: 

Les antibiotiques macrolides peuvent avoir un rôle modificateur sur les maladies provoquant une infection et une inflammation des voies respiratoires, comme la mucoviscidose

Objectifs: 

Tester les hypothèses selon lesquelles, chez les personnes atteintes de mucoviscidose, les antibiotiques macrolides :
1. améliorent le statut clinique par rapport à un placebo ou un autre antibiotique ;
2. ne présentent aucun effet indésirable inacceptable.
Si ces effets bénéfiques venaient à être démontrés, nous souhaiterions évaluer le type, la dose et la durée optimaux d’un traitement par macrolides.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et autres maladies génétiques comprenant des références identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques, ainsi que des recherches manuelles de revues pertinentes et de résumés d’actes de conférence.

Nous avons contacté des chercheurs connus pour travailler dans ce domaine, d’anciens auteurs et groupes pharmaceutiques fabricant des antibiotiques macrolides pour toute donnée non publiée ou de suivi (mai 2010)..

Date de la dernière recherche effectuée dans le registre des essais cliniques du groupe sur la mucoviscidose : 9 février 2011.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant les antibiotiques macrolides à : un placebo ; une autre classe d’antibiotique ; un autre antibiotique macrolide ou le même antibiotique macrolide administré à une dose différente.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont extrait les données et évalué le risque de biais de manière indépendante. Sept groupes ont été contactés et ont fourni des données supplémentaires qui ont été intégrées à la revue.

Résultats principaux: 

Dix des 31 études identifiées ont été incluses (959 patients). Cinq études présentant un faible risque de biais ont étudié l’azithromycine versus placebo et ont montré une nette amélioration du volume expiratoire forcé en une seconde au bout de six mois (différence moyenne à six mois 3,97 % (intervalle de confiance à 95 % ; 1,74 % à 6,19 % ; n = 549, quatre études)). Les patients traités par azithromycine avaient environ deux fois plus de chance de ne pas présenter de poussée pulmonaire à six mois, rapport des cotes 1,96 (intervalle de confiance à 95 % : 1,15 à 3,33). Pour ce qui est des critères secondaires, il a été observé une baisse significative du besoin en antibiotiques oraux et une meilleure prise de poids chez ceux traités par azithromycine. Les effets indésirables étaient rares et pas nécessairement liés à l’azithromycine, bien qu’un schéma posologique hebdomadaire élevé soit associé à une hausse de la fréquence des effets gastro-intestinaux indésirables. Le traitement par azithromycine était associé à une baisse du nombre de staphylocoques dorés Staphylococcus aureus dans les cultures de cellules respiratoires, mais aussi à une hausse significative de la résistance aux macrolides..

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.