Tirilazad dans l'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique aigu

Le tirilazad n'est pas efficace dans l'AVC. Le tirilazad est un médicament qui, dans les modèles animaux d'AVC, protège le tissu cérébral et réduit les lésions cérébrales. Cependant, chez l'homme, le tirilazad n'a pas amélioré le résultat après un AVC et l'a même empiré marginalement. Cet agent n'a aucun rôle dans le traitement clinique de l'AVC.

Conclusions des auteurs: 

Le tirilazad mesylate augmentait le critère d'évaluation combiné de « décès ou incapacité » d'environ un cinquième, mais ne modifiait pas le taux de mortalité, lorsqu'il était administré aux patients victimes d'un AVC ischémique aigu. Bien que d'autres essais sur le tirilazad ne soient pas nécessaires, des analyses des données individuelles issues des essais pourraient permettre de comprendre pourquoi le tirilazad semble faire empirer les résultats en AVC ischémique aigu.

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Contexte: 

Le tirilazad mesylate est un neuroprotecteur dans les modèles expérimentaux d'AVC ischémique, ce qui laisse penser qu'il pourrait entraîner un bénéfice clinique.

Objectifs: 

Évaluer si le tirilazad mesylate est sûr et efficace pour améliorer les résultats des patients victimes d'un AVC ischémique aigu.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des essais sur le tirilazad ont été identifiés à partir de recherches dans le registre du groupe Cochrane sur les accidents vasculaires cérébraux (dernière recherche : mai 2001) et dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL/CCTR). De plus, nous avons pris contact avec la société Pharmacia & Upjohn qui fabrique le tirilazad, pour identifier des études non publiées et obtenir de plus amples informations.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés contre placebo ou groupe témoin, randomisés et quasi randomisés, non biaisés sur le tirilazad administré dans les 24 heures suivant le déclenchement d'un AVC ischémique aigu supposé ou avéré.

Recueil et analyse des données: 

Les données se rapportant au taux de mortalité précoce et à la fin de l'essai, à l'incapacité (indice de Barthel et Glasgow Outcome Scale), aux phlébites et au QTc ont été extraites par groupe de traitement des données publiées et des rapports de la société.

Résultats principaux: 

Six essais (quatre publiés et deux non publiés) évaluant le tirilazad chez 1 757 patients victimes d'AVC ischémique aigu présumé ont été identifiés ; tous ces essais avaient un plan d'étude en double aveugle et contrôlé contre placebo. Le tirilazad ne modifiait pas le taux de mortalité précoce (rapport des cotes (RC) 1,11, intervalles de confiance (IC) à 95 % de 0,79 à 1,56) ni le taux de mortalité à la fin de l'étude (RC 1,12, IC à 95 % de 0,88 à 1,44). Le tirilazad augmentait les risques d'être décédé ou handicapé d'environ un cinquième, bien que ce résultat ne soit qu'à peine significatif statistiquement ; Les rapports des cotes étaient similaires que l'indice de Barthel ou la Glasgow Outcome Scale soient utilisés pour évaluer les résultats (RC 1,23, IC à 95 % de 1,01 à 1,51 ; RC de 1,23, IC à 95 %, de 1,01 à 1,50, respectivement). Le tirilazad augmentait significativement le risque de phlébite sur le site de perfusion (RC 2,81, IC à 95 % de 2,14 à 3,69). Le résultat fonctionnel (EBI) était significativement pire dans des sous-groupes de patients prédéfinis : chez les femmes (RC 1,46, IC à 95 % de 1,08 à 1,98) et chez les sujets recevant de faibles doses de tirilazad (RC 1,31, IC à 95 % de 1,03 à 1,67) ; chez les patients victimes d'un AVC léger à modéré le résultat était également pire mais pas significatif (RC 1,40, IC à 95 % de 0,99 à 1,98).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.