Immunoglobuline intraveineuse dans le syndrome de Guillain-Barré

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Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est une maladie rare qui touche les nerfs périphériques. Il entraîne une faiblesse, un engourdissement et de la difficulté pour respirer. Une autre revue Cochrane a démontré que la plasmaphérèse (PP) (prélever le sang d'une veine, séparer le plasma des cellules sanguines et ensuite remettre les cellules sanguines avec un substitut plasmatique dans une autre veine) est plus efficace que le traitement symptomatique seul. Nous avons découvert sept essais qui comparaient l'immunoglobuline intraveineuse (IgIV) (anticorps ayant été purifiés de dons du sang) à la PP chez 623 participants gravement affectés. Chez les adultes, des données de qualité modérée montrent que le fait de recevoir de l'IgIV accélère la récupération d'un SGB grave autant que la PP. L'IgIV est légèrement plus sûre et plus facile à administrer que la PP. Selon les données de qualité modérée d'un essai comprenant 249 participants, l'IgIV ajoutée à la PP n'est pas vraiment plus efficace que l'un ou l'autre des traitements seuls. Des données de mauvaise qualité suggèrent que l'IgIV est également bénéfique chez les enfants. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer le meilleur dosage chez les adultes et les enfants.

Conclusions des auteurs: 

Une précédente revue Cochrane a montré que la PP accélérait la récupération par rapport à un traitement de soutien seul. Il n'existe aucune comparaison adéquate de l'IgIV avec un placebo chez les adultes, mais cette revue fournit des données de qualité modérée indiquant qu'en cas de maladie grave, l'IgIV démarrée dans les deux semaines après l'apparition de la maladie accélère la récupération autant que la PP. Les effets indésirables n'étaient pas vraiment plus fréquents avec l'un ou l'autre des traitements, mais l'IgIV a beaucoup plus de chances d'être complétée que la PP. De plus, selon les données de qualité modérée, le fait de donner de l'IgIV après une PP n'apporte pas de bénéfice supplémentaire significatif. Chez les enfants, selon des données de faible qualité, l'IgIV accélère probablement la récupération par rapport au traitement de soutien seul. Des recherches supplémentaires sont nécessaires en cas de maladie bénigne et chez les patients dont le traitement a démarré plus de deux semaines après l'apparition de la maladie. Des études sur le dosage sont également requises.

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Contexte: 

Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est une maladie aiguë, paralysante et inflammatoire des nerfs périphériques. L'immunoglobuline en intraveineuse (IgIV) est bénéfique pour d'autres maladies auto-immunes. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2001 et précédemment mise à jour en 2003, 2005, 2007 et 2010. Les autres revues systématiques Cochrane ont montré que la plasmaphérèse (PP) accélérait de manière significative la récupération en cas de SGB par rapport au traitement de soutien seul et que les corticostéroïdes seuls sont inefficaces.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité de l'IgIV pour le SGB.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé du Groupe Cochrane sur les maladies neuromusculaires (15 août 2011), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2011, Numéro 3), MEDLINE (de janvier 1966 à août 2011) et EMBASE (de janvier 1980 à août 2011). Nous avons vérifié les bibliographies dans les rapports des essais randomisés et contacté les auteurs et autres experts du domaine afin d'identifier les données supplémentaires publiées ou non publiées.

Critères de sélection: 

Les essais randomisés et quasi-randomisés de l'IgIV par rapport à aucun traitement, un traitement placebo, la PP ou d'autres traitements immuno-modulatoires chez les enfants et les adultes atteints d'un SGB, quel que soit le degré de gravité. Nous avons également inclus des essais dans lesquels l'IgIV était ajoutée à un autre traitement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné les documents, extrait les données et évalué la qualité des essais de manière indépendante. Nous avons recueilli les données sur les événements indésirables des études incluses.

Résultats principaux: 

Dans cette revue, sept essais avec un risque de biais variable comparaient l'IgIV à la PP chez 623 participants gravement affectés. Dans cinq essais totalisant 536 participants dont les résultats étaient disponibles, la différence moyenne (DM) d'évolution sur une échelle de handicap de sept points après quatre semaines n'était pas réellement différente entre les deux traitements : DM de 0,02 avec une amélioration plus importante d'un échelon dans le groupe sous immunoglobuline intraveineuse que dans le groupe sous plasmaphérèse ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,25 à -0,20. Il n'y avait pas non plus de différence importante en termes statistiques dans les autres mesures prises en compte. Trois études totalisant 75 enfants suggéraient que l'IgIV accélère considérablement la récupération par rapport à un traitement de soutien.

Dans un essai impliquant 249 participants comparant la PP suivie de l'IgIV à la PP seule, l'amélioration moyenne était de 0,2 (IC à 95 % -0,14 à 0,54) de plus dans le groupe avec traitements combinés que dans le groupe avec PP seule ; aucune différence significative en termes cliniques, mais n'est pas exclue la possibilité d'un avantage supplémentaire significatif. Un autre essai avec 37 participants comparant l'immuno-absorption suivie d'une IgIV avec l'immuno-absorption seule n'a révélé aucun avantage supplémentaire significatif pour le traitement combiné.

Les effets indésirables n'étaient pas vraiment plus fréquents avec l'un ou l'autre des traitements, mais l'IgIV est beaucoup plus susceptible d'être complétée que la PP.

Des petits essais réalisés sur des enfants ont montré une tendance vers plus d'amélioration avec un dosage élevé par rapport à un dosage faible d'IgIV, et aucune différence significative lorsque la dose standard a été donnée sur deux jours plutôt que cinq jours.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.