Traitement par antiagrégants plaquettaires pour prévenir l'accident vasculaire cérébral (AVC) chez les patients atteints de fibrillation auriculaire non valvulaire et sans antécédents d'AVC ou d'accident ischémique transitoire (AIT)

Des antiagrégants plaquettaires comme l'aspirine préviennent plus efficacement les événements vasculaires graves chez des patients souffrant de fibrillation auriculaire qui ne peuvent pas prendre d'anticoagulants oraux. La fibrillation auriculaire est une irrégularité du rythme cardiaque qui entraîne la formation de caillots sanguins dans les cavités supérieures du cœur (les oreillettes). Ces caillots peuvent se détacher et circuler dans le flux sanguin vers le cerveau et déclencher un AVC. Des médicaments qui ralentissent la formation de caillots, comme les antiagrégants plaquettaires (aspirine et autres) et les anticoagulants, réduisent le risque d'AVC chez les patients atteints de fibrillation auriculaire. Dans cette revue, les bénéfices des antiagrégants plaquettaires s'avèrent modestes (diminution de près de 25 % des AVC) mais ces agents sont relativement sûrs, faciles à prendre et constituent donc une option de traitement importante pour de nombreux patients souffrant de fibrillation auriculaire. L'anticoagulation avec la warfarine ou des médicaments liés offre une protection supplémentaire contre l'AVC (réduction de près de deux tiers), mais les anticoagulants peuvent entraîner de graves hémorragies et requièrent une régulation attentive avec des analyses sanguines régulières. Le choix des antiagrégants plaquettaires par rapport aux anticoagulants doit se fonder sur le risque inhérent d'AVC individuel du patient, sa capacité à tolérer l'anticoagulation sans hémorragie, l'accès à une surveillance de l'anticoagulation adéquate et la préférence du patient.

Conclusions des auteurs: 

L'aspirine semble réduire les AVC et les événements vasculaires majeurs chez les patients souffrant de FA non valvulaire autant que chez d'autres patients à haut risque (c'est-à-dire d'environ 25 %). Pour la prévention primaire chez les patients souffrant de FA, avec un taux d'AVC moyen de 4 % par an, environ 10 AVC pourraient être évités chaque année pour 1 000 patients souffrant de FA prenant de l'aspirine.

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Contexte: 

La fibrillation auriculaire (FA) non valvulaire est associée à un risque plus important d'AVC. Il a été démontré que le traitement par antiagrégants plaquettaires (TAP) prévient efficacement l'AVC chez la plupart des patients présentant un risque d'événements vasculaires, mais sa valeur pour la prévention de l'AVC primaire chez des patients souffrant de FA non valvulaire mérite d'être étudiée indépendamment en raison du mécanisme cardio-embolique suspecté de la plupart des AVC chez les patients souffrant de FA.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la sécurité du TAP pour la prévention primaire de l'AVC chez des patients souffrant de FA non valvulaire chronique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre d'essais du groupe Cochrane sur les accidents vasculaires cérébraux (recherche effectuée en août 2004). De plus, nous avons consulté le registre Cochrane central des essais contrôlés (The Cochrane Library numéro 1, 2005), MEDLINE (de 1966 à juin 2004) et les références bibliographiques d'articles de revues récentes. Nous avons également contacté des experts travaillant dans ce domaine pour identifier des essais non publiés et en cours de réalisation.

Critères de sélection: 

Essais randomisés comparant le TAP à long terme et un placebo ou un groupe témoin, réalisés auprès de patients souffrant de FA non valvulaire et sans antécédents d'accident ischémique transitoire (AIT) ou d'AVC. Une analyse de la sensibilité incluait un essai randomisé supplémentaire impliquant la prévention primaire avec de l'aspirine plus une très faible dose de warfarine.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné indépendamment les essais à inclure et extrait les données pour chaque critère de jugement. Des données non publiées ont été obtenues auprès des investigateurs des essais.

Résultats principaux: 

Trois essais évaluaient l'aspirine à des doses comprises entre 75 mg et 325 mg par jour et 125 mg tous les deux jours par rapport à un placebo (dans deux essais) ou par rapport à un groupe témoin (dans un essai), auprès de 1 965 patients souffrant de FA sans antécédents d'AVC ou d'AIT. La durée moyenne du suivi était de 1,3 ans par participant. L'aspirine a été associée à une diminution non significative des risques d'AVC (rapport des cotes (RC) 0,70, intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,47 à 1,07), d'accident ischémique (RC 0,70, IC à 95 % de 0,46 à 1,07), d'AVC incapacitant ou mortel de tout type (RC 0,86, IC à 95 % de 0,50 à 1,49) et de décès toutes causes confondues (RC 0,75, IC à 95 % de 0,54 à 1,04). Pris ensemble, les AVC, infarctus du myocarde ou décès d'origine vasculaire ont été significativement diminués (RC 0,71, IC à 95 % de 0,51 à 0,97). Aucune augmentation des hémorragies intracrâniennes ou extracrâniennes majeures n'a été observée.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.