Administration de doxapram pour le traitement de l'apnée chez les nouveau-nés prématurés

Le doxapram stimule la respiration. Néanmoins, les preuves sont insuffisantes pour déterminer son efficacité chez les nouveau-nés prématurés souffrant d'apnée. L'apnée du nouveau-né est une interruption de la respiration de plus de 20 secondes. Cela peut être dangereux pour le cerveau en plein développement des nourrissons et entraîner un dysfonctionnement du tractus gastro-intestinal ou d'autres organes. Des médicaments tels que le doxapram, dont on pense qu'ils stimulent la respiration, sont administrés pour réduire l'apnée. La revue d'un petit essai indiquait que l'apnée pourrait diminuer au cours des premiers jours suivant le traitement, mais le nombre de nourrissons étudiés était insuffisant pour déterminer l'importance de cet effet. Cet essai n'apporte aucune preuve permettant d'identifier les effets du traitement à plus long terme ou les effets indésirables moins fréquents. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer l'efficacité, les effets délétères potentiels et les effets bénéfiques ou indésirables de ces médicaments à long terme.

Conclusions des auteurs: 

Le doxapram intraveineux pourrait réduire l'apnée dans les 48 heures suivant le traitement, mais les données sont insuffisantes pour évaluer la précision de ce résultat ou les effets indésirables potentiels. Aucun critère de jugement à long terme n'était mesuré. D'autres études sont nécessaires afin de déterminer le rôle de ce traitement dans la pratique clinique.

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Contexte: 

L'apnée récurrente est courante chez les nouveau-nés prématurés, en particulier à un très jeune âge gestationnel. L'apnée peut entraîner une hypoxémie et une bradycardie, qui peuvent être suffisamment sévères pour exiger une réanimation et le recours à une ventilation en pression positive. Le doxapram est utilisé pour stimuler la respiration et prévenir ainsi l'apnée et ses conséquences.

Objectifs: 

Évaluer les effets de l'administration de doxapram sur l'apnée et l'utilisation de la ventilation en pression positive intermittente (VPPI) chez les nouveau-nés prématurés souffrant d'apnée récurrente.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté l'Oxford Database of Perinatal Trials, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, Bibliothèque Cochrane, numéro 2, 2009), MEDLINE de 1966 à avril 2009, EMBASE de 1980 à avril 2009 et CINAHL de 1982 à avril 2009. Nous avons utilisé les termes suivants : doxapram et apnée, ainsi que les termes MeSH : nouveau-né et prématuré. Nous avons également examiné les précédentes revues, y compris les références croisées et les résumés des actes de congrès et de symposium. Une recherche a été effectuée dans les résumés de la Société de recherche pédiatrique de 1996 à 2008 incluse.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais randomisés ou quasi-randomisés portant sur l'administration de doxapram dans le traitement de l'apnée chez des nouveau-nés prématurés.

Recueil et analyse des données: 

Chaque auteur de revue a évalué la qualité des articles, appliqué les critères d'inclusion et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Nous n'avons identifié qu'un seul essai, qui randomisait 11 nourrissons pour du doxapram intraveineux et 10 nourrissons pour un placebo. Moins d'échecs de traitement étaient observés au bout de 48 heures dans le groupe des nouveau-nés prématurés recevant du doxapram (4/11) par rapport au groupe recevant un placebo (8/10). La largeur des intervalles de confiance rendait ce résultat non significatif [risque relatif résumé de 0,45 (0,20 à 1,05)]. Un seul nourrisson, assigné au groupe du placebo, avait reçu une VPPI.

Sur les sept patients du groupe de 11 nourrissons sous doxapram ayant répondu au traitement dans les 48 heures, cinq ne présentaient aucune réponse entre 48 heures et sept jours après le début du traitement. Cela correspond à un taux d'échec tardif de 9/11, similaire au taux d'échec à court terme de 8/10 dans le groupe du placebo. Il n'est pas possible d'évaluer les réponses tardives de tous les participants du groupe du placebo car ils avaient été transférés dans un groupe de traitement.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.