L'administration d'opioïdes pour les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents

Bilan

Il n'existe pas de preuves issues d'essais contrôlés randomisés pour soutenir ou réfuter l'hypothèse selon laquelle les opioïdes à n'importe quelle dose fournissent un soulagement de la douleur pour les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants ou les adolescents.

Contexte

Les enfants peuvent ressentir une douleur chronique ou récurrente liée à des maladies génétiques, des lésions nerveuses, des douleurs musculo-squelettiques chroniques, et des douleurs abdominales chroniques, ainsi que pour d'autres raisons inconnues. La douleur chronique est une douleur qui dure trois mois ou plus et qui est souvent accompagnée par des changements du mode de vie et des capacités fonctionnelles, ainsi que par des signes et des symptômes de dépression et d'anxiété.

Les opioïdes sont utilisés dans le monde entier pour le traitement de la douleur. Les opioïdes sont généralement disponibles dans le cadre de soins dans la plupart des pays à revenu élevé, mais l'accès peut être restreint dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Par exemple, les opioïdes actuellement disponibles au Royaume-Uni comprennent : la buprénorphine, la codéine, le fentanyl, l'hydromorphone, la méthadone, la morphine, l'oxycodone, et le tramadol. Les opioïdes sont utilisés à différentes doses et sont généralement administrés par injection ou par voie orale sous forme de comprimés.

Résultats principaux

En septembre 2016, nous avons recherché des essais cliniques dans lesquels des opioïdes étaient utilisés pour traiter la douleur chronique (provenant potentiellement de douleurs neuropathiques, de problèmes musculo-squelettiques, de crampes menstruelles, ou d'une gêne abdominale).

Nous n'avons identifié aucune étude remplissant les critères requis pour cette revue. Plusieurs études portaient sur les opioïdes chez les adultes souffrant de douleur chronique, mais aucune n'était réalisée chez des participants âgés de moins de 17 ans.

Qualité des preuves

Nous avons évalué la qualité des preuves issues des études en utilisant quatre niveaux : très faible, faible, moyenne, ou haute. Des preuves de très faible qualité signifient que nous sommes très incertains des résultats. Des preuves de haute qualité signifient que nous sommes très confiants sur les résultats.

Nous avons évalué la qualité des preuves comme très faible, en raison de l'absence de preuves issues d'essais contrôlés randomisés pour soutenir ou réfuter l'hypothèse selon laquelle les opioïdes à n'importe quelle dose permettent de réduire les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants ou les adolescents.

Conclusions des auteurs : 

Il n'y avait aucune preuve issue d'essais contrôlés randomisés pour soutenir ou réfuter l'utilisation d'opioïdes pour traiter les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents. Nous ne sommes pas en mesure de faire de commentaires sur l'efficacité ou les effets délétères de l'utilisation d'opioïdes pour traiter les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents.

Nous savons grâce aux essais contrôlés randomisés sur les adultes que certains opioïdes, tels que la morphine et la codéine, peuvent être efficaces pour certains états de douleurs chroniques.

Cela signifie qu'aucune conclusion n'a pu être tirée en ce qui concerne l'efficacité ou les effets délétères de l'utilisation des opioïdes pour traiter les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents.

Lire le résumé complet...
Contexte : 

La douleur est une caractéristique commune pendant l'enfance et l'adolescence partout dans le monde et, pour de nombreux jeunes, cette douleur est chronique. Les directives de l'Organisation mondiale de la Santé concernant les protocoles de traitements pharmacologiques pour les enfants souffrant de douleur persistante reconnaissent que la douleur chez l'enfant est un problème majeur de santé publique de grande importance dans la plupart des régions du monde. Alors que dans le passé, la douleur n'était généralement pas prise en considération et restait souvent non traitée, les avis sur la douleur des enfants ont évolué au fil du temps, et le soulagement de la douleur est désormais considéré comme important.

Nous avons conçu une série de sept revues sur les douleurs chroniques non cancéreuses et cancéreuses (en examinant les antidépresseurs, les antiépileptiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les opioïdes et le paracétamol en tant que domaines prioritaires) afin d'examiner les preuves concernant la douleur des enfants en utilisant des interventions pharmacologiques chez les enfants et les adolescents.

En tant que principale cause de morbidité chez les enfants et les adolescents dans le monde aujourd'hui, les maladies chroniques (et les douleurs associées) sont un problème majeur de santé. Les douleurs chroniques (d'une durée de trois mois ou plus) peuvent survenir dans la population pédiatrique en une variété de classifications physiopathologiques : douleurs nociceptives, neuropathiques, idiopathiques, viscérales, douleurs liées à des lésions nerveuses, douleurs musculo-squelettiques chroniques, douleurs abdominales chroniques, et d'autres raisons inconnues.

Les opioïdes sont utilisés dans le monde entier pour le traitement de la douleur. Ils se lient aux récepteurs opioïdes dans le système nerveux central (mu, kappa, delta, et sigma) et ils peuvent être agonistes, antagonistes, mixtes agonistes-antagonistes, ou agonistes partiels. Les opioïdes sont généralement disponibles dans le cadre de soins de la plupart des pays à revenu élevé, mais l'accès peut être restreint dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Par exemple, les opioïdes actuellement disponibles au Royaume-Uni comprennent : la buprénorphine, la codéine, le fentanyl, l'hydromorphone, la méthadone, la morphine, l'oxycodone, et le tramadol. Les opioïdes sont utilisés à différentes doses (généralement basées sur le poids corporel pour les patients pédiatriques) par le biais d’une administration par voie parentérale, transmuqueuse, transdermique, ou orale (libération immédiate ou diffusion modifiée). Pour atteindre un soulagement de la douleur adéquat chez les enfants en utilisant des opioïdes, avec un niveau acceptable d'effets indésirables, la méthode recommandée consiste en une dose plus faible progressivement ajustée de façon à obtenir un effet chez l'enfant.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité analgésique et les événements indésirables des opioïdes utilisés pour traiter les douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 17 ans, dans tous les contextes.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) via la Bibliothèque Cochrane, MEDLINE via Ovid, et EMBASE via Ovid de leur création jusqu'au 6 septembre 2016. Nous avons également effectué des recherches dans les références bibliographiques des études et des revues trouvées, et consulté les registres d'essais cliniques en ligne.

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés, avec ou sans mise en aveugle, de n'importe quelle dose et par n'importe quelle voie, pour le traitement de douleurs chroniques non cancéreuses chez les enfants et les adolescents, comparant les opioïdes à un placebo ou à un comparateur actif.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué l'éligibilité des études. Nous avions prévu d'utiliser les données dichotomiques pour calculer le risque relatif et le nombre de sujets à traiter, au moyen de méthodes standard. Nous avons évalué les données avec le système GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) et avons prévu de créer un tableau de « Résumé des résultats ».

Résultats principaux : 

Aucune étude n'était éligible pour l'inclusion dans cette revue. Nous avons évalué la qualité des preuves comme très faible. Nous avons abaissé la qualité des preuves de trois niveaux en raison du manque de données rapportées pour chacun des critères de jugement.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Sophie Fleurdépine et révisée par Cochrane France

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