Les programmes en milieu scolaire pour améliorer l'utilisation de la contraception chez les adolescents

Contexte

Les adolescents ont un taux élevé de grossesses non désirées. Parfois ceux-ci n'ont pas de services de planification familiale à proximité ou ne savent pas comment obtenir les moyens de contraception modernes. Nous souhaitions trouver les programmes réalisés dans des écoles qui aident les adolescents à mieux connaître la contraception.

Méthodes

Nous avons effectué des recherches informatisées pour trouver des essais randomisés jusqu'au 6 juin 2016. Les programmes inclus dans cette revue devaient avoir été offerts dans un milieu scolaire, tel qu'une école secondaire ou un lycée. Les programmes essayaient d'améliorer l'utilisation de la contraception parmi les adolescents. Ceux-ci devaient également mettre en avant une ou plusieurs méthodes de contraception établie comme étant efficace.

Résultats

Nous avons trouvé 11 essais. Une étude était de petite taille, et les 10 autres comprenaient entre 816 et 10 954 participants. Six études avaient été réalisées aux États-Unis, trois au Royaume-Uni, une au Mexique et une dernière en Afrique du Sud. Nous nous concentrons ici sur trois programmes qui avaient un certain effet et étaient de bonne qualité. Ces trois programmes portaient sur des élèves participant à une variété d'activités en comparaison avec l'éducation sexuelle habituelle. Après un programme de deux ans, le groupe d'intervention rapportait une augmentation de l'utilisation des contraceptifs ainsi que des préservatifs au cours du dernier acte sexuel par rapport au groupe ayant reçu des cours standard. Une autre étude d'une durée de deux ans a offert deux programmes différents. L'objectif était d'éviter les risques en n'ayant pas d'activité sexuelle jusqu'au mariage ou de réduire les risques en retardant l'activité sexuelle jusqu'à un âge plus avancé. Le groupe de contrôle recevait une éducation sur la santé sexuelle habituelle. Les programmes visant à éviter et à réduire les risques ont montré une diminution des rapports sexuels sans moyen de contraception ou de préservatifs. Dans la troisième étude, des pairs avaient dirigé huit séances d'activités éducatives. Le programme a montré une plus faible utilisation de la contraception par rapport à l'éducation offerte par des enseignants mais les chercheurs n'ont pas réalisé d'ajustements en prenant en compte la conception de l'étude.

Parmi les huit autres études, une seule présentait des résultats de bonne qualité. Le groupe d'intervention savait les conditions temporelles pour utiliser efficacement la contraception d'urgence. Six des sept études présentant des résultats de qualité faible ou très faible ont rapporté un effet de la part de leurs programmes, par exemple une augmentation de l'usage des préservatifs et des contraceptifs ou de meilleures connaissances sur les préservatifs.

Conclusions des auteurs

Étant donné que la plupart des essais visaient à prévenir les infections par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les maladies sexuellement transmissibles (MST) et les grossesses, ceux-ci se concentraient sur l'utilisation des préservatifs. Cependant, plusieurs études recouvraient une variété de méthodes contraceptives. La qualité globale des résultats était faible. Certains essais n'offraient que très peu d'informations quant à leurs programmes. De nombreux essais ont analysé des sous-échantillons plutôt que tous les étudiants inclus dans l'étude, et la plupart avaient des pertes élevées de participants.

Conclusions des auteurs : 

Étant donné que la plupart des essais portaient sur la prévention du VIH, des MST et de la grossesse, ceux-ci ont accentué l'utilisation des préservatifs. Cependant, plusieurs études couvraient une gamme de méthodes de contraception. La qualité globale des preuves était faible. Les principales raisons pour avoir rabaissé la qualité des preuves étaient le manque d'information quant à la fidélité des interventions, les analyses de sous-groupes plutôt que de l'ensemble des personnes randomisées et les pertes élevées de participants.

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Contexte : 

Les jeunes femmes, en particulier les adolescentes, ont souvent des difficultés pour avoir accès aux moyens de contraception modernes. Les raisons varient selon l'emplacement géographique, les politiques régionales et les cultures. Les taux de naissances projetés pour l'année 2015 dans les régions « en développement » étaient de 56 pour 1000 par rapport à 17 pour 1000 dans les régions « développées ».

Objectifs : 

Identifier les interventions en milieu scolaire permettant d'améliorer l'utilisation de la contraception chez les adolescents

Stratégie de recherche documentaire : 

Jusqu'au 6 juin 2016, nous avons recherché des essais éligibles dans PubMed, CENTRAL, ERIC, Web of Science, POPLINE, ClinicalTrials.gov et l'ICTRP.

Critères de sélection : 

Nous avons pris en compte les essais contrôlés randomisés (ECR) ayant assigné des individus ou des grappes. La majorité des participants devaient avoir 19 ans ou moins.

La stratégie éducative devait avoir été offerte principalement dans un collège ou dans un lycée. L'intervention devait mettre en avant une ou plusieurs méthodes de contraception efficaces. Nos critères de jugement principaux étaient la grossesse et l'utilisation de contraceptifs.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons évalué les titres et les résumés identifiés au cours des recherches. L'un des auteurs a extrait et saisi les données dans RevMan ; et un deuxième auteur a vérifié leur exactitude. Nous avons examiné la qualité méthodologique des études.

Pour les résultats dichotomiques non ajustés, nous avons calculé le rapport de cotes de Mantel-Haenszel (RC) avec un intervalle de confiance à 95 % (IC). Pour les essais randomisés en grappes nous avons utilisé des mesures ajustées, par ex. : RC, risque relatif, ou la différence dans les proportions. Pour les résultats continus, nous avons utilisé la différence moyenne (DM) ajustée ou d'autres mesures à l'aide de modèles. Nous n'avons pas effectué de méta-analyse en raison des différences entre les interventions et les mesures de résultats.

Résultats principaux : 

Les 11 essais inclus contenaient 10 ECR en grappes et un essai randomisé individuellement. Les ECR en grappes avaient des d'échantillons allant de 816 à 10 954 personnes ; le nombre médian de grappes était de 24. La plupart des essais ont été réalisés aux États-Unis et au Royaume-Uni ; un essai provenait du Mexique et un dernier d'Afrique du Sud.

Nous nous concentrons ici sur les essais présentant des preuves de qualité modérée soutenant un effet de l'intervention. Trois essais portaient sur la prévention des grossesses et du VIH/MST au travers d'ateliers interactifs. Un essai a fourni un programme diversifié sur deux ans. Immédiatement à la fin de la première année et 12 mois après la deuxième année, le groupe d'intervention avait une plus haute probabilité que le groupe ayant reçu une éducation standard de rapporter avoir utilisé une contraception efficace au cours du dernier rapport sexuel (RC rapportés et ajustés 1,62 ± erreur standard (ES) 0,22 et 1,76 ± ES 0,29), et d'avoir utilisé un préservatif lors du dernier rapport sexuel (RC rapportés et ajustés 1,91 ± ES 0,27 et 1,68 ± ES 0,25), et ont rapporté avoir eu moins d'activités sexuelles sans préservatif dans les trois derniers mois (ratio rapportés des moyennes ajustées 0,50 ± ES 0,31 et 0,63 ± ES 0,23). Un autre essai comparait deux programmes à éléments multiples sur la réduction des risques sexuels et l'évitement des risques (focus sur l'abstinence) comparé à une éducation en santé habituelle. Au bout de 3 mois, le groupe recevant un programme de réduction du risque était moins susceptible que le groupe d'éducation habituelle de rapporter l'absence d'utilisation d'un préservatif lors du dernier rapport sexuel (RC ajusté 0,67, IC à 95 % 0,47 à 0,96) et de rapporter avoir eu une activité sexuelle sans préservatif dans les trois derniers mois (RC ajusté 0,59, IC à 95 % 0,36 à 0,95). Après 3 et 15 mois, le groupe d'évitement des risques était également moins susceptible que le groupe d'éducation habituelle de rapporter l'absence d'utilisation d'un préservatif lors du dernier rapport sexuel (RC ajustés 0,70, IC à 95 % 0,52 à 0,93 ; et de 0,61, IC à 95 % 0,45 à 0,85). A ces mêmes intervalles, le groupe de réduction du risque avait un score plus élevé que le groupe recevant une éducation habituelle au niveau des connaissances quant aux préservatifs. Le troisième essai a fourni un programme dirigé par des pairs avec huit séances interactives. Au bout de 17 mois, le groupe d'intervention était moins susceptible que le groupe dirigé par des enseignants de rapporter l'utilisation de contraceptifs oraux au cours de la dernière activité sexuelle (RC 0,57, IC à 95 % 0,36 à 0,91). Cette différence pourrait ne pas avoir été significative si les chercheurs avaient ajusté les résultats pour prendre en compte les grappes. À 5 et 17 mois, le groupe dirigé par les pairs présentait une plus forte augmentation moyenne des connaissances quant au VIH et quant à la prévention des grossesses par rapport au groupe témoin. Un essai supplémentaire a montré un effet sur les connaissances seulement. Le groupe ayant reçu une séance à propos de la contraception d'urgence (CU) avait une plus haute probabilité que le groupe sans séance sur la CU de savoir les limites temporelles quant à l'utilisation des contraceptifs d'urgence hormonaux (« la pilule ») et non-hormonaux (DIU).

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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